Wenceslas Tchéké, organisateur général du Comité de Gestion et d’Hygiène des Restaurants Universitaires

« Plusieurs étudiants n’arrivent toujours pas à manger dans les restaurants universitaires »

Vieux d’une décennie d’existence, le Comité de Gestion et d’Hygiène des Restaurants Universitaires (COGEHRES) est une institution spécialisée de la section UAC de l’Union Nationale des Scolaires et Etudiants du Bénin (UNSEB). Son rôle est d’assurer la propreté et l’hygiène dans les restaurants universitaires. Educ’Action a tendu son micro à Wenceslas Tchéké, organisateur général du COGEHRES qui renseigne sur la mission de cette organisation. Entretien !

Educ’Action : Quel est le rôle du COGEHRES au sein des restaurants universitaires ?

Wenceslas Tchéké : Le COGEHRES s’occupe de l’hygiène dans les restaurants universitaires. Ce qui n’est pas le cas des deux autres institutions que sont la Police Universitaire et le CODE qui sont chargés d’assurer l’ordre et la discipline dans les restaurants universitaires. Nous veillons sur l’hygiène depuis la cuisine jusqu’au moment où les étudiants sont servis. Nous sommes également présents à la plonge pour surveiller les bonnes dames qui lavent les assiettes, les fourchettes et les gobelets. Il faut qu’elles changent régulièrement l’eau parce qu’on constate souvent que l’eau savonneuse peut être utilisée du début jusqu’à la fin sans pouvoir être changée. Ce qui n’est pas bien pour la santé des étudiants. Quand on vient au niveau du comptoir, nous avons un plat qui sert d’exemple, ce qu’on appelle le plat témoin. Ce plat est déposé au comptoir pour que l’élément COGEHRES qui est posté à ce niveau veille à ce que tous les repas qui vont être servis puissent être conformes à ce plat témoin. Si les plats servis au comptoir ne sont pas conformes au plat témoin, le service est bloqué et on demande à ce que cela soit complété pour permettre aux étudiants de manger. Donc, le COGEHRES se base sur la qualité du repas servi aux étudiants mais aussi sur la quantité recommandée. Si à un moment donné, on constate que ce qui a été préparé n’est pas d’une bonne qualité, ce n’est pas doux ou qu’il y a un excès de cube, de sel, nous prenons nos responsabilités. Nous convoyons toute la nourriture à la cuisine pour qu’un autre repas soit préparé ou que cela soit refait.

Quel est le nombre de plats servis au quotidien dans les restaurants universitaires ?

Chaque restaurant a son effectif. Quand on prend les deux petits restaurants BID et de l’ENAM, du lundi au jeudi, ils servent environ quatre cent (400) étudiants, ce qui est vraiment insignifiant.Le vendredi, ils servent cinq cent (500) plats. Maintenant au niveau du plus grand, le restau U, c’est sept cent (700) plats qui sont servis du lundi au jeudi et les vendredis, cela tourne autour de mille deux cent (1200) plats voire deux mille (2.000) plats servis. Mais force est de constater que cela ne suffit jamais parce qu’il y a plusieurs étudiants qui n’arrivent toujours pas à manger dans les restaurants universitaires. En ce qui concerne le petit-déjeuner, c’est le restau U qui s’en occupe. Les jours ouvrables, le restaurant sert deux cent cinquante (250) étudiants et le weekend cent cinquante (150) étudiants.Mais l’autre problème qui se pose, c’est que le spaghetti du mercredi est accompagné de deux œufs. Mais je vous assure que depuis que la restauration a démarré cette année, c’est au plus deux (2) fois qu’on a mangé des œufs. C’est rien que le poisson à chaque fois. Quand vous prenez les viandes aussi, il est arrivé à un moment donné où on était en rupture de stock. L’argument qu’on nous a toujours brandi, c’est que nous sommes en temps de coronavirus ou aussi que les produits ont connu une hausse de prix.

Comment se passe le recrutement des membres du COGEHRES ?

Avant d’intervenir dans n’importe quelle institution spécialisée à l’UAC, il faut être un étudiant régulièrement inscrit. Donc, nous procédons à un recrutement dans les amphithéâtres et c’est gratuit. Nous expliquons aux recrues que c’est une question de sacerdoce, de sacrifice pour le bien-être des étudiants. Après intégration, nous organisons des formations, des séminaires pour entretenir et former les nouveaux membres sur le rôle du COGEHRES dans les restaurants, les attitudes et aptitudes à tenir parce qu’on parle d’hygiène et de propreté. Donc, nous devons être propres. L’élément COGEHRES ne doit pas avoir un aspect de divorcé social avec des cheveux fantaisistes sur la tête.C’est quelqu’un de responsable. Par exemple, on n’accepte pas les pantalons ‘’destroyers’’ ni le port de boucle d’oreille. Il doit être propre et présentable.

Sont-ils rémunérés vos éléments ?

Quand on parle des organisations estudiantines, nous avons des subventions qui nous permettent de faire nos activités. En dehors de cela, on nous octroyait des dotations de plats gratuits, ce qui motivait les éléments à venir travailler. Mais depuis 2016, tout a été arrêté. Cela a été fait dans le but de décourager les institutions spécialisées qui interviennent dans la restauration et aussi de faire baisser l’affluence qu’il y avait dans les restaurants. A un moment donné, ils ont tout fait pour éjecter toutes les institutions de la restauration. Mais la seule institution que les gens ont du mal à renvoyer des restaurants, c’est le COGEHRES parce que notre rôle n’est pas d’aller assurer l’ordre et la sécurité, notre rôle est axé sur l’hygiène, la quantité et la qualité des mets. Les éléments du COGEHRES ne gagnent rien en retour, pas de rémunération. C’est avec leur propre ticket qu’ils payent leur plat au restaurant. Mais l’avantage c’est que cela leur permet de se former pour la vie active et on y gagne beaucoup en termes de relation.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

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