Venceslas E. Akakpo, ex-président de la FNEB, à propos de la collaboration avec les autorités : « Il y a plus de considération parce qu’elles savent désormais que ceux qui viennent devant eux ne sont pas de vils individus »

C’est la deuxième expérience démocratique du choix des représentants des organisations estudiantines, suite à l’adoption du décret N°2017 – 485 du 02 octobre 2017, définissant les modalités de collaboration des organisations estudiantines avec l’Etat et les autorités des universités publiques en République du Bénin. Ancien responsable de la Fédération Nationale des Etudiants du Bénin (FNEB), Venceslas Edoh Akakpo a eu l’occasion de conduire des négociations avec les autorités durant la première expérience de mise en œuvre de cette réforme. A travers cette interview accordée à Educ’Action, le responsable d’étudiants apprécie la nouvelle méthode de collaboration avec les autorités et formule des propositions pour améliorer les choses.

Educ’Action : Quelle est votre appréciation des résultats de la deuxième édition des élections des organisations estudiantines les plus représentatives ?

Venceslas Edoh Akakpo : Le résultat que nous avons obtenu est le fruit du travail bien fait. Pour la première édition, l’UNSEB était la première organisation et la FNEB, la deuxième. De 2018 à ce jour, la Fédération a travaillé pour mériter plus la confiance des camarades étudiants, montrer véritablement à l’étudiant que la Fédération fait mieux et mérite la première place. Je pense que c’est l’effort fourni par les bureaux qui se sont succédé de 2018 à ce jour qui nous a véritablement permis d’avoir ce résultat.

Que dire de la faible participation des électeurs au scrutin ?

Je voudrais demander aux autorités rectorales et ministérielles, pour la prochaine édition, de programmer le scrutin au moment où les étudiants sont encore sur le terrain. C’est difficile pour nous de faire la mobilisation parce que nous étions en période de vacances où les étudiants n’étaient pas sur les campus universitaires. Il faut aller les chercher. On ne voudrait pas que ce soit une minorité d’étudiants qui choisissent les organisations les plus représentatives. Je voudrais notifier aussi qu’il y a eu des absences parce que beaucoup d’étudiants n’étaient pas certain de la tenue du scrutin, donc beaucoup d’étudiants sont rentrés après les compositions.

Vous avez eu l’occasion de siéger à la table de négociation avec les autorités, aux côtés de l’UNSEB. Qu’est-ce que vous pouvez dire de cette nouvelle forme de collaboration après la première expérience ?

Je voudrais aborder cette question en deux volets. Primo, la collaboration entre les autorités rectorales et ministérielles et secundo, la collaboration entre nous-mêmes organisations estudiantines. J’ai dirigé la Fédération pendant 17 mois et au cours de cette période, je pense que la collaboration entre les autorités et nous était plus sincère. Il y a plus de considération parce qu’elles savent désormais que ceux qui viennent devant elles ne sont pas de vils individus, mais ce sont les mandants des étudiants qui leur ont fait confiance. Au niveau du COUS-AC, cela a changé beaucoup de choses. Cette élection nous a permis d’avoir encore plus de crédit devant les autorités et quand nous parlons, elles prennent cela en considération. Ce qui n’a pas marché par contre, c’est par rapport au financement. Depuis 2016 où ils ont parlé de ces élections, il n’y a pas eu de financement, il n’y a pas eu d’accompagnement. Nous avons eu des difficultés pour le financement mais du point de vue de la collaboration, je pense que cela a marché. C’est vrai que nous n’avons pas pu obtenir tout ce que nous avons souhaité pour les étudiants, mais nous avons obtenu l’essentiel, et je pense que les étudiants sont fiers de ce que nous avons fait. Pour ce qui concerne la collaboration entre nous, organisations estudiantines, il y a eu un peu d’hypocrisie et j’avoue que la FNEB est cette organisation à l’UAC qui compte assez de démembrements, à savoir les BUE et nos dix institutions spécialisées. Contrairement aux autres organisations qui n’ont pas assez d’institutions spécialisées, notamment l’UNSEB, nous avons eu de nombreuses difficultés dans la collaboration. Quand l’EACE ou Radio Univers par exemple écrit des projets pour demander un financement, les autorités ont besoin forcément des signatures des deux présidents de l’UNESB et de la FNEB. Les gens de l’UNSEB n’arrivent pas à collaborer avec nous parce qu’ils se disent que quand le financement viendra, ce serait la gloire de la FNEB.

Cette nouvelle réforme dans la collaboration profite bien aux organisations estudiantines quand on sait que vous avez reçu un important lot de matériels récemment des mains du ministre en charge de l’enseignement supérieur ?

Je ne dirai pas que c’est un leurre, mais après cette cérémonie officielle de remise, est-ce que les organisations estudiantines sont véritablement rentrées en possession de ces matériels ? C’est là, la question. Les matériels sont toujours dans le magasin du COUS-AC. C’est pour cela que je disais que nous avons eu assez de difficultés dans la collaboration avec l’UNSEB parce que tout ce que l’autorité nous a octroyé à ce jour, ce sont des matériels sportifs et de culture. Quand on vient à l’UAC et qu’on parle de l’art et de la culture, on fait référence à l’EACE qui est une institution spécialisée de la FNEB. Quand on veut parler également du sport, c’est l’ESE, qui est aussi une institution spécialisée de la FNEB. Donc après la cérémonie officielle de remise, nous avons eu des difficultés parce que l’UNSEB ne voulait pas signer le protocole pour qu’on puisse libérer ces matériels au profit des institutions spécialisées afin qu’elles puissent travailler véritablement pour les étudiants. Donc jusqu’à présent, les matériels sont restés dans les magasins.

Quelle est votre doléance pour améliorer davantage la collaboration à l’entame de cette deuxième expérience de trois nouvelles années qui vient de commencer ?

Ce que je voudrais demander aux autorités, c’est d’être présentes, disponibles parce que nous avons besoin d’elles pour réussir notre mission. Le responsable étudiant n’est pas l’ennemi des autorités, ce n’est pas celui qui veut chaque fois créer des problèmes, qui veut chaque fois se faire voir. C’est celui qui représente les milliers d’étudiants et lorsqu’un étudiant a un problème, ce responsable étudiant à le devoir de tout faire pour avoir des résultats. Nous sommes leurs enfants, qu’elles continuent de collaborer avec nous, de réfléchir ensemble avec nous pour que nous puissions véritablement apporter un plus aux conditions de vie et d’études dans les universités publiques du Bénin.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

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