Sans panique mais en toute responsabilité, il faut fermer les écoles ! - Journal Educ'Action

Sans panique mais en toute responsabilité, il faut fermer les écoles !

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Il y eut un soir, il y eut un matin, ce fut le 1er cas testé positif au COVID-19 enregistré par le Bénin. Nous étions le lundi 16 mars 2020. Notre chère Patrie le Bénin entrait ainsi dans le tourbillon infernal de la crise sanitaire mondiale liée au Coronavirus, avec à la clé la panique générale. Le gouvernement du Bénin dans la tendance du moment, a alors eu le mérite de convoquer un conseil extraordinaire des ministres pour prendre ONZE décisions au nombre desquelles ne figurait pas la FERMERTURE DES ECOLES ET UNIVERSITES. Les voix se sont levées, les unes plus autorisées que les autres, pour demander la fermeture temporaire des écoles. De guerre lasse, ces voix qui commencent à s’affaisser au cachot du désespoir passent le relais aux réseaux sociaux pour dire à la fois leur ras-le-bol et leur anxiété. Mais avec la prudence du serpent et la simplicité de la colombe, je voudrais apporter un peu de lumière dans cette opacité que je ne voudrais pas nommer ténèbres d’ignorance à travers deux points : la nécessité de fermer les écoles et l’obligation de financer la recherche.

Pourquoi fermer les écoles ?

C’est d’abord une question de temps. C’est MAINTENANT et non APRÈS que cette fermeture a du sens, pour la simple raison que nous sommes au début de la contamination et qu’il est urgent de contenir le virus pour mieux le combattre. Dans un contexte mondial et régional où personne n’est épargné, il est primordial de faire profil bas et d’écouter les experts. Il ne s’agit pas de céder à la panique, mais de faire preuve de responsabilité et d’humilité constructive. Si la chancelière Allemande Merkel a été testée positive ce 23 mars pendant que l’Europe compte à elle seule 150 mille cas diagnostiqués sur les 300 mille recensés dans le monde selon l’AFP et que l’Italie détient le record actuel du nombre de décès avec ses 5 mille 500 morts, tout ceci arrive alors que la France enregistre le 3ème décès de médecins hospitaliers, il devient impérieux de prendre exemple sur la Chine qui a jugulé la crise. Il devient impérieux d’aller à l’école des Etats-Unis et surtout de tirer les bonnes pratiques de la gestion de la crise. Les enfants étant des porteurs sains, ils peuvent facilement contracter et disséminer le virus à travers tout le pays simultanément du moment où ils viennent de destinations diverses et se retrouvent au sein d’une même école pour la journée. Imaginez une contamination instantanée de nos quartiers Calavi, Godomey, Togoudo, Womey, Mênontin, Akapka, sèmè etc., parce que les enfants d’une école Tamtampion auraient ramené le virus dans leurs localités respectives. Ceci est d’autant plus plausible que les classes volantes de nos établissements publics sont de véritables opportunités pour les apprenants qui trompent la vigilance des parents pour prendre les quartiers pendant leurs heures libres. Et le ciel atteste que ça va dans tous les sens en ce moment ! Même l’accès aux marchés doit être règlementé pour une gestion holistique de la crise. La gestion parcimonieuse et harsadeuse de nos frontières aériennes et terrestres, par ailleurs incontrolables, en disent long sur l’incapacité du pays à maîtriser les entrées et sorties. Comment expliquer le contraste de la décision gouvernementale qui ferme en toute responsabilité les lieux de culte et laisse ouvertes les institutions scolaires ? Y aurait-il moins d’attroupement à la mosquée qu’à l’université ? Mieux, l’Etat peut décider de rapprocher les congés de pâques qui s’annoncent déjà pour éventuellement rattraper plus tard les cours suspendus. Au demeurant, il faudra survivre à la crise pour que vive l’école dans toute sa splendeur. Cette psychose généralisée ne favorise aucun apprentissage et aucune transmission des savoirs. Le Coronavirus devient le sujet de discussion dans toutes les écoles et le temps scolaire s’égrène lentement mais sûrement. Enfin les autorités sanitaires d’ici comme d’ailleurs brandissent la Chloroquine comme étant le présumé remède, désigné pour détruire le COVID-19. Mais c’est sans compter avec les énormes risques de calculs rénaux, la toxicité sanguine associée, l’ototoxicité, la dégradation de l’immunité adaptative etc. C’est pour cela qu’il me semble important de financer la recherche.

L’obligation de financer la recherche

C’est avec beaucoup de joie que j’ai appris que le Bénin, mieux que ses voisins, a mobilisé une bonne dizaine de milliards de FCFA pour combattre le COVID-19. Mais ma déception a été aussi grande de constater que la recherche n’est pas en première ligne dans cette guerre contre le virus. C’est le lieu de rappeler que l’Europe qui anticipe et que nous aimons citer et copier pense simultanément à tous ces aspects du mal. Et si nous convenons tous que les médicaments sous-dosés qui nous parviennent en Afrique ne sont que la résultante des extractions de nos feuilles et plantes médicinales, qu’attendons-nous pour mettre en synergie les savoirs endogènes et modernes ? N’est-il pas temps de créer un pont entre ces deux connaissances qui peuvent nous apporter des solutions durables ? Il me semble que nous sommes arrivés à la croisée des chemins de notre destin et nous avons le choix de continuer à croire aveuglement aux inventions de l’Occident dans la construction de notre continent ou de repartir à nos origines, à nos savoirs ancestraux pour y puiser les éléments de notre survie. Je trouve que nous devons aujourd’hui aller à la source inexploitée de nos savoirs endogènes tout en gardant une ouverture sur le monde pour créer cette fusion des savoirs universels, indispensable à la mise en place d’un écosystème mondial de la solidarité humaine en temps de crise.

Par Ulrich Vital AHOTONDJI

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