Sa Majesté Moussa Mohamed, Roi de Tchimbèri pour un Islam de paix et d’amour « La plus grande richesse à donner à ton enfant, c’est l’éducation » - Journal Educ'Action

Sa Majesté Moussa Mohamed, Roi de Tchimbèri pour un Islam de paix et d’amour « La plus grande richesse à donner à ton enfant, c’est l’éducation »

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Porte – étendard de la confrérie musulmane Tarika Tidjaniath au Bénin, Sa Majesté Moussa Mohamed, Roi de Tchimbèri donne de la voix pour rappeler à la conscience collective que l’Islam est une religion de paix et d’amour. A l’occasion d’une conférence de presse tenue le lundi 15 Février 2021 dans les locaux du Centre Africain de Formation et de Perfectionnement en Journalisme, (CAFPJ), sise à Mènontin, à Cotonou, sa Majesté Moussa Mohamed, roi de Tchimbèri, s’est prêtée aux questions de votre journal Educ’Action.Entretien !

Educ’Action : Majesté, que signifie Tarika Tidjaniyath ?

Sa Majesté Moussa Mohamed :
Tarika signifie la voix ; Tidjaniath, c’est les Tidjanis. Donc Tarika Tidjaniyath, c’est la voix des Tidjanis. Tidjani est marocain. Son village Natal était Fès. Il était le dernier fils du prophète Mohamed. Fatima, la fille du prophète s’est mariée à son cousin Dadi. De cette union, naquit des jumeaux, Hassan et Osseni. C’est par Hassan que les confréries Tidjaniyath ont vu le jour. C’est une longue histoire. On pense que les Tarika Tidjaniyath n’appartiennent pas à l’islam. Cela prête à confusion. Ce que je veux souligner est que celui qui est Tarika Tidjaniyath est avant tout musulman, donc appartient à l’islam avant d’être Tidjaniyath.

Lorsqu’on parle des Tarika Tidjaniath en islam, que doit-on comprendre, Majesté ?

Il y a soixante-treize (73) différents courants en islam mais c’est la même prière, le même Coran et le même modèle de mosquée au Bénin comme ailleurs. Il y a les Tidjaniyath, le Wahabiya, les Chiya, les Ibrahiita, Mohamadia, Sunniya, … Seuls les noms diffèrent. Un seul coran, un seul prophète, un seul Dieu. Avec les conflits inter-religieux, les guerres, le terrorisme, etc., force est de constater que les musulmans sont toujours indexés comme auteurs. L’idée est de lever un coin de voile sur les vraies valeurs de l’islam, montrer que les motivations du prophète Mohamed sont saines. Le prophète n’est pas venu pour la guerre, encore moins pour diviser. Ce sont là les motivations de la création de cette confrérie. Nous nous sommes concertés et avons jugé bon de créer une association Tidjaniyath. Chaque année, nous organisons le Mawlid international. Le but est de transmettre la paix au Bénin et au-delà. L’islam véhicule la paix et l’amour de chacun. L’islam a aussi pour mission d’aider les orphelins, les démunis, tous les enfants musulmans ou non, de communiquer l’amour, d’intercéder pour les pays. Nous ne sommes pas là pour condamner, encore moins pour juger. Seul Allah peut juger.

 

Quelle est la mission des Tarika Tidjaniyath ?

Nous avons pour mission de diffuser autour de nous la lumière, faire véritablement connaître ce qu’est l’islam. L’islam, c’est la paix. Notre confrérie veut redorer le blason de l’islam, donner une autre image de l’islam et surtout apporter l’amour véhiculé par l’islam afin d’effacer les séquelles laissées par les guerres, etc. Le coran a explicité tout ça et le prophète Mohamed l’enseigne si bien à propos du cœur. Si le cœur ne se porte pas bien, alors tout le corps est malade. S’il est pur alors tout le corps sera pur. Il faut savoir le préserver, le purifier avant même d’adresser n’importe quelle requête à Dieu. C’est la cause des Tarika Tidjaniyath : demander la miséricorde de Dieu. Ceci suppose d’éviter au maximum de pécher, éviter de faire du tort à autrui. Le prophète recommande plutôt l’unité, l’harmonie, la compréhension, l’entraide.

Tarika Tidjaniyath célèbre chaque année le Mawlid, la naissance du prophète. Quelles sont les actions de cette année ?

Nous sommes à la 5ème édition cette année. On l’a toujours fait le 20 avril, date de naissance du prophète Mohamed. Mais cette année à cause de la Covid-19, les déplacements sont limités et dans le contexte des élections présidentielles du 11 Avril, nous avons voulu prier pour la paix au Bénin. C’est pour cela que nous avons gardé la date du 20 Février pour demander la paix au Bénin afin que nous soyons épargnés des maladies, des conflits, etc.

Aujourd’hui, qu’est-ce que la confrérie Tidjaniya apporte à l’éducation et à la paix au Bénin ?

Nous avons déjà des écoles coraniques implantées dans différents villages. Nous avons démarré les prêches sur l’importance de la paix et de la solidarité tous les vendredis. Nous organisons des visites pour entretenir les gens sur la paix. Nous portons aussi assistance aux personnes les plus pauvres, selon nos moyens. Nous sommes au début de nos activités et nous avons en projet que nos enfants puissent passer les examens nationaux.

Les attentats se multiplient dans le monde au nom de l’islam. Que fait la confrérie Tarika Tidjaniyath pour mettre fin à ces attentats ?

C’est pour toutes ces raisons que notre association a vu le jour. Nous ne détenons pas de fusil pour faire la guerre à celui qui veut faire la guerre. Mais nous avons la connaissance du prophète Mohamed pour sensibiliser ce genre d’individus et faire la promotion de la paix. Vous savez, quand on dit la vérité, on devient l’ennemi à abattre. L’islam est très véridique. Du coup, il draine des gens de peu de foi qui entachent son image. Quand on attrape ces terroristes, ils n’arrivent jamais à justifier leurs actes. Cela veut dire que c’est le propre de l’homme de choisir délibérément le mal au lieu du bien. Et ça, ce n’est pas l’islam puisque l’islam, c’est la paix. Chacun de nous porte en lui une lumière mais on doit impérativement tenir la main de quelqu’un pour lui montrer le chemin, surtout quand c’est un enfant. La plus grande richesse à donner à ton enfant c’est l’éducation lui permettant d’être en parfaite harmonie avec le monde qui l’entoure. L’islam est venu pour faire la paix, avec tout le monde, peu importe leur appartenance ethnique ou religieuse.

Votre mot pour clore cet entretien.

Mon mot de la fin, c’est un cadeau que je voudrais donner. Notre Cheick Hamed Tidjane a toujours dit de remercier le bon Dieu et le prophète Mohamed qui nous ont sortis de l’ignorance. Il faut demander pardon pour que l’esprit soit sain. Ainsi, tout ce à quoi le corps va toucher le sera aussi. L’on peut être toujours à la mosquée sans que l’esprit lui-même ne prie, alors l’esprit n’est pas musulman. De même, d’autres prient, leur esprit est musulman mais leur corps n’est pas musulman. Certains peuvent être musulmans et se comporter comme des chrétiens, de même que d’autres peuvent être chrétiens et se comporter comme des musulmans. C’est le cas parce que les deux adorent le même Dieu. Il en est de même pour le carême. Quelqu’un peut faire le carême, et quand on l’observe, son corps a faim mais son esprit est rassasié. Pour un autre, son esprit a jeûné mais son corps n’a pas jeûné. Tout cela est difficile à comprendre. C’est la raison pour laquelle nous disons que le Tarika Tidjaniyath c’est la pratique. Le cadeau, c’est donc de souhaiter que nos actes reflètent nos paroles et prônent la paix pour ce monde tumultueux.

Propos recueillis par Ulrich Vital Ahotondji, Ansine DJENGUE et Adjei kponon

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