Révision des critères de sélection des membres du CCNE : Des enfants plaident pour une participation inclusive au sein de la faitière - Journal Educ'Action
/

Révision des critères de sélection des membres du CCNE : Des enfants plaident pour une participation inclusive au sein de la faitière

6 mins read

Un Conseil Consultatif National des Enfants (CCNE) inclusif et moins discriminatoire avec un processus de recrutement qui facilite l’intégration de tous les enfants sans barrière de langue. C’est le souhait de l’Association des Enfants et Jeunes Travailleurs du Bénin (AEJT-Bénin) qui a lancé un plaidoyer à l’endroit de la ministre des Affaires sociales et de la microfinance, ce vendredi 5 août 2022 à l’hôtel GLS, dans la commune d’Abomey-Calavi. Le constat fait par l’association montre qu’une catégorie d’enfants, notamment ceux des marchés et des centres de formation professionnelle, ne sont pas pris en compte dans les critères de recrutement des membres de l’instance faîtière des enfants en matière de leur protection. Avec le soutien de Educo Bénin, des enfants réunis au sein de l’AEJT-Bénin, du CCNE et de l’ANACEB ont pris l’initiative de se retrouver autour d’un creuset de réflexion afin de passer en revue et d’analyser les critères de sélection au sein de l’instance faîtière et de faire des propositions. Après une journée de travaux, le jeudi 4 août 2022, durant l’atelier pour la révision des critères de sélection des enfants membres du CCNE afin de faciliter la participation des enfants travailleurs, les participants ont formulé, au cours de la deuxième journée, un plaidoyer à l’endroit de la ministre des Affaires sociales et de la microfinance.

A travers ce plaidoyer, les enfants recommandent de veiller à la sensibilisation et à l’information par les médias de toute la population en encourageant tous les enfants à se porter candidat et amener les parents à comprendre l’utilité de l’autorisation parentale. Ils préconisent aussi de vérifier la moralité et la sociabilité des futurs candidats et de réduire le coût d’obtention des actes d’identification des enfants pour faciliter l’accès à l’acte de naissance et au certificat d’identification des personnes. De plus, ils ont recommandé d’accepter les enfants qui ne savent ni lire ni écrire le français et d’élargir la tranche d’âge à 17 ans pour ratisser large, avec possibilité de remplacer le candidat par son suppléant dès que la majorité est atteinte. Par ailleurs, les enfants participants à la rencontre demandent de prévoir un formulaire simplifié pour les enfants qui ne sont ni élèves, ni apprentis tel le cas des enfants travailleurs qui sont des revendeurs pour leur donner également la chance d’être candidat.

Remerciant Educo Bénin pour son soutien, Mahouklo Geoffroy Wachinou, représentant du coordonnateur de l’AEJT-Bénin, précise que cette activité s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du programme national de renforcement des systèmes de protection et de l’éducation qui vise à mettre en avant la participation des enfants afin de leur permettre de participer aux instances de décision. Aussi, poursuit-il, cela permet aux enfants de partager ce qu’ils ont comme préoccupations.

« Nous ne faisons pas de discrimination de catégories d’enfants, c’est pour cela que dans nos programmes, nous travaillons avec des enfants dans le secteur formel, mais aussi des enfants dans le secteur non formel. Il a été remarqué, selon le constat fait par l’AEJT, des critères à ce jour qui ne leur permettent pas de participer effectivement à l’animation du creuset qui est le CCNE. C’est pour cela qu’elle a initié cette activité. Pour nous, c’est un plaisir de les accompagner parce que cela cadre avec notre vision de travailler, de voir les enfants jouir pleinement de leur droit sans discrimination », souligne Emmanuel Togbé, chargé de communication et de plaidoyer à Educo Bénin.

Représentant l’autorité ministérielle, Bruno Gbèhinto, directeur général des Affaires sociales au Ministère des Affaires Sociales et de la Microfinance (MASM), estime que ce plaidoyer est entièrement justifié. « Il n’y a pas de texte rédigé dans du béton. C’est très enrichissant de savoir que les enfants regardent de très près les textes et nous disent faites attention, on peut améliorer. Les enfants seront surpris de constater que leur plaidoyer va être pris en compte très rapidement », rassure-t-il.

Edouard KATCHIKPE

 

 

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Les plus récents