Reprise des classes, hier, lundi 20 septembre : Des flottements observés dans des écoles et collèges

Après plus de deux mois de vacances, apprenants et enseignants ont repris le chemin de l’Ecole, hier, lundi 20 septembre 2021, sur presque toute l’étendue du territoire du Bénin. Dans l’ensemble des établissements scolaires notamment ceux sous tutelle de l’Etat, les activités pédagogiques proprement dites ont timidement repris. C’est un constat de l’équipe des reporters de Educ’Action dans les départements de l’Atlantique et du Littoral. Reportage !

Il est 07 heures 50 minutes, ce lundi 20 septembre 2021, au Complexe Scolaire de Togoudo. Abdoulaye Bio Tchané, ministre d’Etat chargé du Développement et de la coordination de l’action gouvernementale, sonne la cloche pour la cérémonie des couleurs. Devant autorités, enseignants et personnel administratif, les écoliers alignés devant leurs salles de classes et autour du mât exécutent leur premier hymne national de l’année scolaire 2021-2022.
La délégation ministérielle composée du ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané ; Salimane Karimou des Enseignements Maternel et Primaire ; Kouaro Yves Chabi, des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle ; Eléonore Yayi Ladékan, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique ; puis de Jean Claude Codjia, préfet du département de l’Atlantique et de Angelo Ahouandjinou, maire de la commune d’Abomey-Calavi, se dirige vers les classes.
Dans cet exercice d’intérêt, la délégation a pu constater la présence effective des enseignants au poste et celle des apprenants, disposés à recevoir la première leçon en cette journée de la rentrée scolaire. «Vous devez rester distants les uns des autres. Quant aux enseignants, pour s’adresser aux apprenants, ils doivent rester devant à une distance raisonnable en rabaissant leurs masques afin que l’apprenant qui est derrière, entende ce qu’ils disent. Toutefois en voulant circuler, ils remettent les masques», a conseillé le ministre Salimane Karimou dans les différentes classes sillonnées. Pour le ministre d’Etat Abdoulaye Bio Tchané, l’assiduité dans le travail doit être de mise chez les apprenants. Un appel du ministre d’Etat qui n’est pas tombé dans des oreilles de sourds d’autant plus que les écoliers ont rassuré les autorités de faire preuve de sagesse et d’écouter les enseignants durant toute l’année scolaire. La délégation ministérielle a pris congés des hôtes pour ensuite mettre le cap sur d’autres écoles et collèges dans le cadre de cette tournée de constat du démarrage réel de la rentrée scolaire 2021-2022.

Les nouveaux collégiens en pleine inscription

 

De Togoudo, l’équipe de reportage rallie un autre arrondissement de la commune.

L’heure est au nettoyage à Hêvié

La pré-rentrée n’a pas servi à grand-chose dans de nombreux établissements privés et publics d’enseignement primaire du département de l’Atlantique. Au Complexe Scolaire Ste Bernardette à Hêvié-Adovié, précisément dans le quartier Tohouénou, les apprenants n’ont pas encore commencé les activités pédagogiques. Si des enseignants de cette école privée veillent à l’entretien de leurs classes, d’autres sont occupés à recevoir les parents d’élèves pour l’orientation des enfants. Même chose au Complexe Scolaire Hêvié-Adovié. Pour l’heure, c’est l’entretien de la cour de l’école et l’inscription des nouveaux élèves.
Déjà à 8 heures 30 minutes , les parents d’élèves ont été retenus pour balayer la cour de l’école de concert avec quelques élèves. Dans un élan de solidarité, ils ont rendu la cour du groupe A propre, permettant ainsi à la directrice de recevoir les élèves. De l’autre côté du groupe C, c’est une affluence peu ordinaire des parents d’élèves qui se note à l’entrée de la direction. Ici, c’est Comlan Zanou, le directeur de ce groupe. «Dans notre groupe, c’est le balbutiement. Il faut dire que la pré-rentrée n’a pas du tout marché. Les parents ne sont pas suffisamment informés malgré le travail du crieur public. Ils attendent toujours le premier jour pour inscrire leurs enfants. En principe, déjà à la pré-rentrée, le nettoyage doit être fait par ces parents-là mais ils n’étaient pas au rendez-vous», se désole-t-il.
Après le Complexe Scolaire Adovié, cap est mis sur celui de Cococodji A-B-C : le constat est le même. Nettoyage de la cour, sarclage des herbes, échanges avec les parents d’élèves sur l’inscription et la réinscription des apprenants. «Comme vous le constatez, nous n’avons pas eu les apprenants lors de la pré-rentrée et c’est comme ça chaque année. Normalement, le nettoyage que nous sommes en train de faire maintenant devrait être fait depuis la semaine écoulée», a affirmé la directrice du groupe C, Victoire Balley épouse Hountin Kiki, avant d’ajouter qu’elle doit commencer l’évaluation diagnostique normalement.

A Djidjè, les apprenants célèbrent la reprise des classes

D’Abomey-Calavi à Cotonou, la rentrée scolaire dicte sa loi sur les routes. A moto ou en voiture, les apprenants sont conduits par leurs parents qui se pressent dans la circulation afin que leurs progénitures ne soient pas en retard en ce premier jour de la reprise des classes. Dans le 6ième arrondissement de Cotonou, plus précisément dans le quartier Djidjè, les apprenants sont dans les rues, en direction de leurs écoles revêtus de leurs différents uniformes.
Tout de gris vêtus, les apprenants du Complexe scolaire ‘‘Lumière Céleste’’ ont envahi la cours de l’école en cette matinée du 20 septembre 2021. Tenus par leurs parents, certains continuent de remplir les formalités d’inscription. Les plus petits par contre ont la nostalgie de leurs domiciles et pleurent à chaudes larmes, obligeant leurs parents à user de divers subterfuges pour les calmer. Dans ses allers et venues, le directeur de l’établissement, Jean Adjato, n’a pas manqué de saluer l’effectivité de cette rentrée scolaire. «Je remercie le gouvernement qui a œuvré pour que la rentrée ait lieu aujourd’hui car nous-mêmes, nous doutions de son effectivité ce jour. Les parents d’élèves aussi étaient embarrassés. Aujourd’hui, la majeure partie des parents d’élèves ont fait le déplacement et nous espérons que tout ira pour le mieux d’ici là», confie le directeur. A 9h30 mn déjà, les apprenants sont tous installés dans les classes, les premiers cours peuvent commencer. Seuls à humer l’air tout en étant sagement assis dans leur classe, les apprenants du CI sont au ralenti. Et pour cause, explique le directeur du Complexe scolaire la ‘‘Lumière Céleste’’, «nous devons attendre que les manuels scolaires de mathématiques et de français soient disponibles».
Au Complexe scolaire de Djidjè A et B, c’est une cour bondée d’apprenants et de parents d’élèves qui s’offre à l’équipe de Educ’Action. Déjà dans la rue, la pléthore d’apprenants qui convergent vers l’école, annonce les couleurs de la reprise des classes. Une fois dans l’école, jeux, discussions, course-poursuite et autres activités ludiques, caractérisent la joie des apprenants de se retrouver après des mois de vacances. Comme d’habitude, une délégation de l’Association des Parents d’Elèves (APE) fait la ronde dans la cour pour s’assurer du bon déroulement de cette première journée. «Nous sommes là pour aider les directeurs en orientant les parents et pour éviter les grands attroupements autour d’eux. Les directeurs essaient de les servir selon l’ordre d’arrivée», informe Michel-Archange Zanouvè, vice-président de l’APE du Complexe scolaire Djidjè B. Du côté des directeurs des deux (02) groupes, l’heure est aux inscriptions.
Interrogé sur les raisons pour lesquelles les apprenants ne sont pas en classe en signe de démarrage effectif des activités pédagogiques, Damata Santana, directeur du groupe B du Complexe scolaire de Djidjè, apporte des clarifications. «Depuis la semaine dernière, on a demandé aux apprenants de venir faire le nettoyage mais ils ne sont pas arrivés. Or, c’est une activité essentielle avant le démarrage des cours», précise-t-il. Le visage couvert d’une bavette, le directeur explique que ce mardi 21 septembre 2021, les apprenants seront soumis à une évaluation diagnostique. Dans tous les établissements parcourus, les responsables ont invité tous les acteurs de l’école à être attentifs au respect des mesures barrières. A cet effet, ils ont tous invité le gouvernement

Les autorités gouvernementales font le constat de terrain

 

à les doter de Dispositifs de Lavage des Mains (DLM), de produits d’hygiène et de masques.

Complexe scolaire Sikè Nord B, les cours ont effectivement démarré

A l’Ecole Primaire Publique (EPP) de Sikè Nord, autorités, élèves, parents d’élèves, vendeuses et gardiens ont répondu présents. Installées sous les hangars et attendant les enfants, les vendeuses de nourritures sont les premières à attirer l’attention une fois le portail franchi. Assis confortablement dans son bureau, la bavette recouvrant une partie du visage, habillé d’une chemise artisanale sur un pantalon noir posé sur une paire de soulier noir bien ciré, le style vestimentaire de Pamphile Faton, directeur du groupe B, exprime bien la particularité de ce premier jour de classe.
Très encombré par des parents accompagnés de leurs enfants, le chef d’établissement donne les couleurs de son école en ce premier jour de classe. «Nous avons démarré avec nos différents challenges», lâche, tout sourire, le directeur. Pour Fomdi Abraham Kouakou, élève en classe de CM1, c’est une joie pour lui de reprendre l’école. Cela dit, le directeur ne manque pas de fustiger l’arrivée tardive des parents d’élèves pour sacrifier à l’exigence d’inscription de leurs enfants, car cela bouleverse son programme d’activités des cours. «Normalement, toutes les classes devraient démarrer le programme ce jour car les enseignants sont déjà envoyés dans les classes», informe-t-il. Malgré cette perturbation, au CM1, les élèves ont commencé la prise de notes dans leurs cahiers avec la première leçon de conjugaison, après le nettoyage de leur classe. «Ce matin, après le nettoyage, nous avons conjugué les verbes avoir et être au présent. Certains camarades n’ont pas pu faire l’exercice, mais on a fait la correction», renseigne Fomdi Abraham Kouakou. Pour Carine Alladayè, institutrice au Cour d’Initiation (CI) dans le même groupe, tout se passe bien. Elle souhaite une année scolaire sous la protection du Tout-Puissant et sans perturbations afin qu’elle soit couronnée de réussite pour les élèves et pour la fierté des enseignants. Quant au directeur, il invite le gouvernement à mettre à la disposition des écoles le matériel nécessaire pour qu’elles réussissent la mission à elles confiée par la République.

Enseignement secondaire, des classes encore désertes malgré la présence des enseignants

Il est 08 heures 15 minutes. Nous sommes au CEG Ste Rita, dans le 7ième arrondissement de la ville de Cotonou. Ici, dans la cour de l’école, point de place pour se frayer un chemin. Tant elle grouille de monde. Parents d’élèves, apprenants et responsables de ce lieu d’apprentissage sont affairés. Là aussi, l’équipe de Educ’Action a pris le pouls de ces premières heures de la rentrée. En termes d’organisation, le collège Ste Rita a déjà pourvu, pendant la période de pré-rentrée, ses enseignants de matériels didactiques pour une bonne amorce des activités pédagogiques. «Le vendredi passé, 17 septembre, nous avons tenu notre conseil de rentrée. A la fin du conseil, chaque professeur a eu son emploi du temps plus une boîte de craies pour le démarrage des activités», renseigne dame Cornélia Hodé épouse Houdo, censeur du CEG Ste Rita. Comme il est de coutume, à chaque nouvelle année scolaire, le premier jour des classes connaît des flottements. Dans le rang de certains apprenants, il n’est pas encore question de retrouver le chemin de l’école. En effet, précise le censeur, «ce matin, tous les professeurs sont arrivés et sont partis dans leurs salles de classes. Certains sont revenus nous dire qu’il n’y avait pas d’apprenants dans les salles. Nous leur avons demandé de mentionner cela dans leurs cahiers de texte puisqu’ils en ont déjà à leur disposition. Derrière les cahiers de texte, nous avons aussi incorporé les listes de classe des apprenants. Nous avons demandé aux professeurs de faire les appels afin que les élèves présents puissent informer leurs camarades absents du démarrage effectif des cours pour le bon déroulement des activités pédagogiques».
Si certains apprenants ont préféré sécher les cours, d’autres ont marqué leur présence à l’école et profitent de l’occasion pour s’inscrire, avec l’aide de leurs parents. C’est le cas de dame Alice Agbodjan, parente d’élève venue inscrire son enfant, admis fraîchement en classe de 6ième. Pour elle, il s’agit d’inscrire son enfant et de vérifier s’il a pu trouver une place dans cet établissement. Joseph Ouédraogo, également parent d’élève, est inscrit sur la liste d’attente en raison de l’affluence et doit attendre l’autorisation du censeur avant de procéder à l’inscription de ses enfants. De l’avis de dame Cornélia Hodé épouse Houdo, censeur du CEG Ste Rita, «il est vrai qu’il y a eu la pré-rentrée mais puisqu’il s’agit de la première inscription, il faut que les parents payent une somme quand même avant qu’on inscrive leurs enfants. Raison pour laquelle, les inscriptions se poursuivent dans les classes de 6ième. Beaucoup n’ont pas pu avoir les moyens financiers pour l’inscription de leurs enfants», a-t-elle martelé avant de souligner que pour ce qui est des dossiers de transfert, «c’est après étude desdits dossiers que nous allons afficher les noms de ceux qu’on aurait retenu. Ces derniers viendront remplir les formalités pour rejoindre leurs camarades». Pour finir, elle n’a pas manqué d’exprimer le besoin du collège en enseignants. Doléance qu’elle a faite à l’Inspecteur Pédagogique Délégué (IPD) de l’Atlantique, en visite dans le collège ce matin et qui saura restituer aux autorités compétentes.
Tout comme le CEG Ste Rita, celui du Lac ne manque pas d’affluence. Malgré les effets dévastateurs de la pluie qui a rendu impraticable la voie pavée qui mène à l’entrée principale de l’établissement, enseignants, apprenants et responsables ont marqué leur présence. La rentrée scolaire est bien effective au CEG du Lac. Toutefois, les inscriptions ne manquent pas de se poursuivre visiblement avec de longues files d’attente. Sessou Yaovi Justin, directeur du CEG du Lac, espère vivement que tous les enfants inscrits puissent trouver une place.
La rentrée scolaire concerne aussi les parents d’élèves. A cet effet, la présence de Jacques Hounkpè, président de l’Association des Parents d’Elèves (APE) du CEG du Lac, se justifie ce matin par le fait qu’ils veulent, lui et son bureau, s’assurer de la bonne reprise des classes. Interrogé, il explique aussi le fait que les parents affluent en si grand nombre pour les inscriptions, malgré la période de la pré-rentrée destinée à cet exercice. A l’en croire, «le contexte social dans lequel nous sommes, fait que certains parents n’ont pas pu effectuer le déplacement et d’autres n’ont pu trouver les ressources financières que maintenant pour inscrire leur enfants». Abordant la question de la situation du collège face aux dégâts causés par la pluie, chaque année, Jacques Hounkpè invite les autorités compétentes à améliorer les conditions d’études des élèves, les années à venir.

Réalisation : La Rédaction de Educ’Action

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