Quelle approche de solutions pour résorber aujourd’hui la crise éducationnelle de nos enfants ? - Journal Educ'Action

Quelle approche de solutions pour résorber aujourd’hui la crise éducationnelle de nos enfants ?

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Eduquer, en principe, c’est accompagner le développement d’une faculté ou d’un potentiel chez une personne. Le sujet, s’éveillant à sa liberté et à sa responsabilité, devient toujours plus l’acteur de sa propre éducation. L’éducation actuelle est fort attentive au libre-arbitre de l’apprenant, pour le meilleur et pour le pire. Nos systèmes éducatifs sont à la fois en crise et devant des opportunités
L’éducation est en crise, car elle peine à reproduire et imprimer des modèles, comme jadis. L’éducation « autoritaire » et « traditionnelle » consistant à copier nos maîtres, se sent bafouée, par le vent d’irrespect et de déconstruction permanente.
Les parents, les professeurs, les guides spirituels, étaient jadis des êtres quasi infaillibles, « de droit divin ». Aujourd’hui, tout se négocie, rien n’est acquis.
Jadis le modèle reposait sur l’éducateur et l’excellence du passé. Aujourd’hui, l’apprenant est le centre, on explore le futur. Les deux modèles ne s’excluent pas, le meilleur système éducatif combine tradition et modernité, encadrement et émancipation.
Désormais, toute personne qui prétend éduquer, doit aimer profondément, respecter et servir l’apprenant ; éduquer reste un sacerdoce, où je me donne corps et âme à élever l’autre pour qu’il se réalise. Le désir sincère que l’élève dépasse le maître.
Eduquer, mais vers quoi ? L’éducation guide l’être immature pour développer une faculté latente en lui. Il s’agit d’acquérir un savoir, d’apprendre quelque chose qu’on ignorait ; or l’éducateur doit susciter l’éveil, le désir, la curiosité de connaître chez l’apprenant. On n’apprend rien de bon par cœur, mais on apprend beaucoup avec un bon cœur.
Que dois-je apprendre ? en tant qu’être humain, que puis-je connaître ? La première idée qui nous vient à l’esprit, c’est la capacité de savoir faire quelque chose. On dit que cet enfant sait à présent lire, écrire, compter, ce futur adulte saura bientôt faire du vélo et nager. Donc, on se dit : « C’est beau l’éducation, tout le monde devrait avoir envie d’apprendre à faire plein de choses. »
Mais voilà, l’être humain est bien plus qu’un animal intelligent qui raisonne bien avec sa tête et fait des prouesses avec ses mains.
Le savoir-faire est l’aspect extérieur de l’éducation, appelé aussi instruction. Les parents ont une responsabilité plus intérieure envers l’enfant. Est-ce que mon enfant saura aimer les autres, les servir, vivre avec eux, devenir un être sociable, moral, un citoyen ? On parle ici d’un savoir vivre ou savoir-aimer. Outre le quotient intellectuel, nous avons un quotient émotionnel et relationnel ; et pour rendre un enfant aimant et aimable, il faut d’abord l’aimer correctement.
Reste que chaque être humain est unique. Avant d’exister pour faire quelque chose de bien, pour aimer les autres, les servir, chacun existe avec une personnalité à nulle autre pareille. La réalisation de soi, ce qu’on appelle le savoir-être, est donc en réalité le pilier de toute l’éducation.
Nous ne parlons pas de créer un être narcissique, imbu de lui-même, mais une personne intègre, ayant confiance en elle. Le savoir-être consiste à atteindre la maturité du caractère, l’autonomie et la maîtrise de soi, ou encore un esprit sain dans un corps sain. Dans la pensée chrétienne, chaque personne est l’image de Dieu, Son enfant. Seule une éducation du cœur et de la conscience nous permet de devenir pleinement nous-mêmes.
La crise actuelle de l’éducation, répétons-le, est une crise de l’autorité. Sur le plan spirituel, la plupart des fidèles, partout, remettent plutôt en question la religion de leurs pères, conçue comme un marqueur identitaire et communautaire. On veut donner un sens à sa vie, on essaie la psychologie et le développement personnel au risque de relativiser le clergé, les dogmes, les maîtres spirituels. Certaines religions peuvent s’en offusquer, d’autres y voient une opportunité de réveil.
Les parents eux-mêmes sont beaucoup moins soutenus par les grands-parents et peuvent être désemparés dans l’attention portée à leurs enfants. Peut-être plus qu’avant, le savoir-vivre et le savoir-aimer deviennent la clé de voûte du mariage et de la famille, alors que le mariage traditionnel et le modèle des parents autoritaires sont mis au défi. Cette crise est profonde et mondiale. Elle nous fait peur, car des individus immatures, mal dans leur peau, ont toutes les chances de créer des unions fragiles, des unions matrimoniales incertaines et des foyers précaires où rôde la maltraitance.
Enfin, sur le plan du savoir-faire, l’entreprise et le lieu de travail changent énormément. Les commandements hiérarchiques et rigides sont mal tolérés et souvent contre-productifs ; pour éviter le stress au travail, les tensions dans le personnel, les patrons modernes vont féminiser leurs équipes, privilégier le dialogue, la coopération, le travail d’équipe. Autre point, les perspectives de carrière deviennent plus incertaines, surtout dans le privé. Il faut s’attendre à un marché du travail incertain, où les gens changent plusieurs fois de métiers et de postes, avant de trouver, parfois tardivement leur vocation.
En conclusion, j’émets une recommandation. Le primat actuel du libre-arbitre est une bonne chose si tous les éducateurs font un travail d’équipe. « Il faut tout un village pour éduquer un enfant », dit un proverbe africain. Un être humain trop libre est malheureux s’il est seul. S’il est dans une bonne équipe soudée, il réussira.

Réalisé par Laurent LADOUCE

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