Rencontres Intergénérationnelles des Médias (RIMs) : Michèle Akan Badarou ressource la jeune génération de journalistes

Annoncées via divers canaux, les Rencontres Intergénérationnelles des Médias (RIMs) initiées par Educ’Action ont effectivement eu lieu dans la matinée de ce jeudi 25 juillet 2019 à la Maison des Médias Thomas Mégnassan à Cotonou.

C’était le tour de Michèle Akan Badarou, journaliste chevronnée, de partager son riche parcours professionnel et ses expériences avec la grappe de journalistes présents. Aussi, les a-t-elle entretenus sur le thème « Rôle des médias dans l’enracinement du processus démocratique au Bénin ».

C’est désormais une tradition pour les professionnels des médias du Bénin, surtout ceux du Groupe Educ’Action, de se retrouver pour s’abreuver à la source d’une icône de la presse. A la manœuvre de ce numéro qui coïncide avec la célébration des 06 ans de l’entreprise de presse spécialisée en éducation, Michèle Akan Badarou, journaliste réputée d’expériences et l’une des icônes de la presse publique et privée au Bénin. Trois (03) heures durant, elle s’est ouverte à ses jeunes confrères, mettant un point d’orgue sur la passion qui doit animer le journaliste et l’amour qu’il doit avoir pour son métier, le journalisme de qualité. « Mon esprit a été passionné par une certaine ouverture, une certaine curiosité. Disons que lorsque j’étais toute petite, j’étais déjà intéressée par ce qui se passe dans le pays. Qu’est-ce qui se passe au dehors ? Pourquoi ça se passe ainsi ? D’abord, c’était le journalisme. J’avoue aussi que j’aimais bien écrire », a partagé l’invitée de l’acte V des RIMs pour ainsi rappeler les raisons l’ayant conduite à embrasser le métier du journalisme.

Des expériences professionnelles de l’invitée

Née au Congo-Brazzaville, Michèle Akan Badarou s’est fait former en journalisme à Dakar (Sénégal) dans le Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) à l’issue d’un concours avant de poursuivre sa formation au Québec (Canada). Elle ne s’est pas arrêtée là en termes d’acquis professionnel. « J’ai poursuivi ma formation en France en ce qui concerne ma troisième année », a affirmé Michèle Akan Badarou, première présentatrice du journal télévisé à l’ORTB. Pendant sa carrière de journaliste, cette érudite de la presse béninoise a passé 16 ans à l’ORTB et 20 ans à l’UNICEF. A l’en croire, la maîtrise du métier et le sérieux dans le travail peuvent permettre au journaliste de surmonter les difficultés, notamment les attaques confraternelles. « J’ai été directrice de l’ORTB à deux reprises. La première n’a pas duré plus de neuf (09) mois. En effet, cette première fois, il y a eu un petit incident au niveau de l’aéroport. L’équipe de reportage n’était pas arrivée à temps bien que j’avais eu les assurances que tout était prêt pour que l’équipe arrive à l’heure. Malheureusement, ce jour-là, l’équipe est arrivée en retard ... ce qui m’a coûté mon poste. Lorsque j’étais directrice, je continuais à présenter le journal. La fonction ne doit pas vous faire oublier la formation que vous avez reçue », s’est-elle rappelée montrant ainsi la voie à suivre à la jeune génération de journalistes ayant fait le déplacement de la Maison des Médias Thomas Mégnassan pour l’acte V des RIMs. Chargée de mission auprès du Ministre de la Culture et des Communications, l’hôte de ce rendez-vous d’échanges a captivé, à la lumière de son parcours atypique et riches expériences, l’attention des professionnels des médias présents.

Wilfried Landre Houngbdji charg de communication la prsidence gauche

Wilfried Léandre Houngbédji, Directeur de la communication de la Présidence de la République (à gauche)

Bref aperçu sur les débats

Revenant au thème du jour, l’invitée se prononce : « Il est vrai que les médias jouent un rôle important dans tout processus démocratique. Le rôle du journaliste, c’est de collecter, traiter l’information avant de la diffuser. Tout ceci après avoir vérifié les sources. Il est important que les médias puissent faire un travail en fonction d’une certaine déontologie et avoir une certaine éthique. De plus en plus, malheureusement, on remarque que certains médias s’écartent un peu des règles de base de liberté. C’est cette liberté des journalistes et des médias qui va favoriser la libre expression des populations par rapport à ce qui se passe dans le pays. Si le journaliste n’est pas libre, c’est-à-dire sous la tutelle de force politique ou de force économique, peut-il travailler à diffuser une information de qualité ? Ce sera difficile », a laissé entendre Michèle Akan Badarou. « Les conditions d’exercice du métier par le journaliste aussi contribuent à cet état de chose. J’apprends que certains journalistes ne bénéficient pas d’une rémunération. Est-ce que cela est de nature à faire en sorte que le journaliste exerce pleinement son métier ? Il peut être à la solde de ce pouvoir. Dans ce cas, on ne peut pas renforcer la démocratie », finit-elle par dire. Après avoir suivi l’invitée, Zackiath Latoundji, présidente par intérim de l’UPMB, n’a pas hésité à reconnaître quelques différences près, la similitude entre les pratiques et les difficultés du métier, d’une époque à une autre. « Je me rends compte que les réalités n’ont vraiment pas changé. Il y a des problèmes que vous avez rencontrés en son temps que nous aussi, nous rencontrons encore aujourd’hui », a-t-elle déclaré. Il faut souligner que cette 5ième édition des RIMs a connu, entre autres, la présence de Wilfried Léandre Houngbédji, directeur de la Communication à la Présidence de la République, Noël Allagbada, invité de l’acte II des RIMs et journaliste chevronné, Ali Idrissou Souley, aîné dans la profession et invité de l’acte III des RIMs, Marcel Tchobo du Ministère de l’économie numérique et de la Communication, et bien d’autres.

Enock GUIDJIME