France : 73% des personnels d’éducation du second degré malades du fait de leur travail

Ils sont 73% des personnels d'éducation du second degré en France à estimer que leur travail a dégradé leur santé, ces derniers mois.

Et seules 18% des personnes interrogées sont satisfaites du travail accompli à la fin de leur journée. Ces statistiques sont le résultat d’une enquête menée par le syndicat Snes-FSU sur les conditions de travail du personnel éducatif du second degré.

Dans le cadre de cette enquête, près de 8.700 enseignants, conseillers principaux d'éducation, assistants d'éducation ou encore accompagnants d'élèves en situation de handicap ont été interrogés. 73% de ces personnes sondées renseignent que leur travail a abimé leur santé durant ces derniers mois. Un peu moins de la moitié (47%) n’est pas content de la qualité du travail fourni. Enfin, plus des trois quarts ont le sentiment d'une perte de sens de leur métier.

Côté paie, une grande majorité des personnels (94%) estime être mal payée, et pense que leur salaire n’augmente pas proportionnellement aux tâches fournies et aux compétences demandées. Il ressort également de cette enquête que 93% des personnels interrogés martèlent que leur charge de travail s'intensifie,  et pour 14%, cela a conduit à un arrêt de travail.

Témoignant dans ce travail d’investigation, Claire, professeur de langues en banlieue parisienne, informe avoir craqué en novembre 2018. « Je ne me suis pas levée pendant deux ou trois jours. Faire le moindre mouvement était épuisant, je passais mes journées à dormir », raconte-t-elle. Cette actrice de l’éducation à Paris attribue son burn-out à son travail dans un quartier défavorisé. « Cela a été la conséquence de la multitude des tâches qu'on nous demande ou que l'on fait implicitement parce que l'on ne se contente pas de faire cours et de rentrer chez nous » a-t-elle renseigné avant d’ajouter qu’ « on s'occupe de nos élèves, on essaie de pallier certains manques de la société aussi. L'écart entre l'idéal du travail bien fait et ce que l'on arrive à produire au quotidien, même si on fait de notre mieux, est particulièrement difficile à vivre ».

Estelle DJIGRI