Haïti : Enseignants, élèves et directeurs d’écoles protestent et conditionnent la réouverture des classes à la démission du président de la République

La situation semble bien préoccupante en Haïti.

Et pour cause, professeurs, directeurs d’écoles, élèves et parents d’élèves des localités suivantes : Port-au-Prince, Jérémie, Saint-Marc et Cayes, ont pris d’assaut les rues à la faveur d’une marche pacifique pour exiger la démission, sans délai, du président de la République, Jovenel Moïse. C’était le lundi 21 octobre 2019, rapporte le site d’information loophaiti.com.

Depuis la relance de la mobilisation, à la limite populaire, en début de septembre 2019 contre le premier des Haïtiens, les établissements scolaires ont fait l’option de la fermeture de leurs portes, éloignant des lieux d’instruction, des semaines durant, les apprenants, précise le média.

A Port-au-Prince, informe le site d’information, la marche a démarré à la rue Capois en face du Lycée du Cent cinquantenaire communément appelé Lycée de jeunes filles. Vêtus d’uniformes, les élèves ont simulé une journée de classe. Sacs d’écoles, cahiers, livres et stylos en mains, ils ont récité plusieurs leçons relatives aux devoirs de l’Etat envers ses citoyens. Ils ont, d’une seule voix, repris cette partie tirée du livre « j’aime Haïti » et de la Constitution haïtienne ainsi stipulée : "L’Etat doit garantir à tous les citoyens le droit à la vie, à la santé, à l’éducation, à l’alimentation et à la sécurité sociale", relaie loophaiti.com.

Avant de parcourir plusieurs rues de la capitale, les élèves qui étaient accompagnés de leurs parents, des enseignants et de directeurs d’écoles ont procédé à la montée symbolique du bicolore, la fierté de l’Haïtien. Partis de la Rue Capois, les protestataires ont arpenté divers coins de la ville de Port-au-Prince. Au Carrefour de l’Aéroport, ils ont scandé: « Il faut que Jovenel Moïse remette sa démission afin que les écoles puissent rouvrir leurs portes. S’il part aujourd’hui, les activités scolaires reprendront au lendemain », renseigne ce média haïtien.

Ces apprenants n’ont pas hésité à tirer à boulets rouges sur le chef d’Etat... « Le blocage des activités scolaires est celui de tout le pays. Aucun Etat ne peut exister sans l’école. Nous voulons retourner en classes », exige cette élève qui fait la troisième au Lycée Marie-Jeanne et interviewée par le site d’information. 

« Nous voulons que les activités scolaires reprennent afin que nous puissions poursuivre notre mission qui consiste à éduquer les enfants du pays », indique Magalie Georges de la Confédération Nationale d’Educateurs d’Haïti (CNEH), au micro de loophaiti.com.

Serge David ZOUEME