L’impossible ‘‘SôBéDô’’ - Journal Educ'Action

L’impossible ‘‘SôBéDô’’

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Il y a une situation de la vie qui m’interpelle : comment se fait-il que ceux que nous avions aidés sincèrement et généreusement à évoluer, à se réaliser voire à devenir très puissant cherchent-ils souvent à nous effacer de leur vie, à nous anéantir complètement ?
Je n’ai pas eu un cas ou deux mais plusieurs cas. En même temps, je ne dis pas que c’est toujours ça, mais c’est souvent cela. Les gens n’aiment pas du tout que vous leur rappeliez, par votre présence non loin d’eux ou plutôt par votre simple existence, ce qu’ils ont été auparavant. Les pires, ce sont ceux qui n’avaient rien, même pas de l’espoir, que vous aviez tiré d’un trou abyssal par générosité. Lorsqu’ils sont bien installés et surtout lorsqu’en fin de compte ils arrivent à l’aisance, à la richesse financière et matérielle, il semble que leur bonheur spirituel et moral ne doit découler que de la disparition de celui qui les a vus quasiment naître ou renaître.
En fait, l’exemple type existe dans les couples : la plupart du temps, la femme qui a vécu avec son mari les périodes de dénuement pendant lesquelles elle le nourrissait, lui et ses enfants, devient alors un handicap dans la vie de cet homme maintenant parvenu, qui n’a alors de cesse que de se débarrasser de cette épouse qui s’est usée à la tâche et n’a pas pris le temps de s’embellir, de se farder, de se parer autant que les dévergondées qui se multiplient autour de lui et le trouvent aujourd’hui élégant.
Alors, il se fait prendre au piège par la plus inutile, sinon la plus nuisible des hétaïres qui va baliser lentement et sûrement sa descente aux enfers. Il découvrira bien plus tard, après avoir chassé sous mille prétextes la première femme, que le bonheur se construit dans le temps avec les gens qui vous méritent et non dans les instants futiles et les plaisirs fugaces que nous procurent des créatures dont la seule qualité réside dans les comédies de type nollywoodien et un usage exagéré de glandes lacrymales.
Vous me direz et mes expériences ? J’ai de la difficulté à les étaler, car elles me désolent tellement que je me demande s’il est utile de les exposer ? Alors que ce sentiment contradictoire m’animait entre exposer quelques exemples qui me serviraient d’exutoire ou me taire en gardant ces blessures psychologiques, un parent, vague politicien à ses heures perdues, m’expliqua qu’en réalité, je venais juste d’exposer ce qui fait l’essence de la politique.
La seule chose qui ne s’accommode surtout pas de la morale, c’est la politique car, ici, il faut nécessairement, à un certain moment, tuer le père pour exister ! Les exemples sont tellement légion ici lorsque vous analysez l’histoire des régimes béninois. Je voudrais profiter de cette occasion pour rappeler l’une des situations qui m’a le moins touché et qui justement flirte avec la politique. Un soir de campagne électorale, une personne proche des gens du pouvoir m’interpella, insista et vint me voir pour me solliciter dans le cadre d’une activité importante de son candidat concernant l’éducation. Il me prit mon temps, mes connaissances et mes documents les meilleurs. Il partit de chez moi, heureux et confiant dans l’avenir.
Et, plus tard, je constatai à travers le temps que son poulain avait fait de l’effet et avait glané une place plus qu’honorable. J’attendais SôBéDô (merci) qu’on aime tant dans nos contrées. Cela ne vint jamais et pourtant ce cher « ami » maintenant voyageait beaucoup, puis était constamment sur le devant de la scène. Des mois plus tard, n’y tenant plus, je l’appelai. Je fus reçu froidement et le devenu certainement « grand quelqu’un » comme le dirait mon cousin au village, me demanda qui est à l’appareil. Je pris la peine de me présenter. Il sembla, comble d’impudence, chercher dans sa mémoire et souligna qu’il avait perdu ses contacts. Je le remerciai et raccrochai.
Et pourtant, je continue à aider les personnes qui se présentent à moi. Je vais ce jour vous expliquer ce qui m’y pousse ; ce grand secret de ma vie qui est à la portée de tous : je suis fortement convaincu que DIEU m’aide chaque jour dans ma vie et me rend heureux. Il y a trois choses qui fondent la croyance en notre Seigneur : la prière, la louange et l’amour. Je pense que la plupart des gens s’arrêtent trop vite et se contentent de se perdre dans la prière et au plus, la louange. Alors, ils ne savent pas donner le plus important et le complètement gratuit à savoir l’amour.
Notre vie est semée d’embûches et l’intérêt, l’argent et le pouvoir y sont rois. Ceux qui parviennent à avoir un peu de tout cela redeviennent tourmentés et se perdent dans les magies, la recherche d’applaudissement, les cruautés et actes contre nature car ils n’arrivent pas à comprendre qu’une chose ; la seule chose qu’on n’achète pas, leur manque : l’amour.
N.P

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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