Liberté : Où es-tu ?

Un communiqué d’un pays plus que puissant a attiré mon attention, il y a à peine quelques jours. En effet, dans une déclaration publique, une haute autorité de la nation la plus imperturbable au monde (pour ne pas citer la Russie), se félicitait de l’annonce de plusieurs pays. Les Etats-Unis et la France, notamment soutenaient : « qu’il était temps de cesser d’intervenir dans les affaires intérieures d’autres États dans le but de leur imposer la marque de la démocratie occidentale ».
Moi, l’inutile freluquet intellectuel et moral, je me pose la question : la démocratie, c’est fini ?! Je vois plusieurs sociétés africaines déjà redresser la tête et s’ébrouer avec une jubilation non dissimulée. Nous allons pouvoir enfin démontrer, toute honte bue, à la manière de l’autre cacique du pays des hommes puissants, que les conférences nationales furent destructrices ; la démocratie idem ?!
En réalité, la situation qui m’interpelle n’est pas du tout le commentaire des déclarations de pays qui nous gouvernent mais le constat d’un nouvel ordre mondial de la compression, de la répression, de l’interpellation voire de l’oppression : chaque jour, tout ce qui s’apparente à la liberté et à l’intégrité de l’individu se dilue et se perd dans une soi-disant sécurisation nécessaire induite par les nombreuses peurs invoquées et provoquées et les craintes sans cesse renouvelées.
La démocratie, hier synonyme de liberté, ne semble donc plus nécessaire ? Une page d’histoire se tourne. Est-ce une idéologie qui s’enterre ou une réelle aspiration qui, depuis longtemps enlisée dans les soubresauts d’une mondialisation cynique, donnait son chant du cygne ! Mon souci en définitive concerne l’éducation des enfants : comment faire face à ce monde dont toute la morale devient de plus en plus douteuse. Comment leur apprendre à trouver leur autonomie de conscience par l’éducation !
En réalité, ce que chaque être humain devrait rechercher comme souverain bien, c’est la liberté ou encore l’autonomie de la conscience. Or, les repères et les idéaux qui la déterminent et la définissent sont en train de s’anémier. Pire, ils s’anéantissent. Le politique crie à la sécurisation dans un monde dangereux ; le religieux crie au péché pour sauver des âmes soi-disant en perdition et le social s’engraisse et se déchire dans les querelles de chapelles syndicales.
Alors que faire pour nos enfants ? Quelle éducation donner face au nouvel ordre mondial qui défend tout et ne permet rien ? Comment leur donner cette mentalité de gagneurs qui n’est surtout pas cette mentalité de mouton à qui on repète à satiété : « restez tranquille, le Gouvernement travaille pour vous ». Surtout pas de plainte, pas de critique voire pas même d’autocritique car l’autocritique signifie que vous réfléchissez ! Les églises et les médias sont là pour vous servir et surtout vous asservir.
En même temps qu’on répète la citation de Mandela soulignant que « « L’éducation est l’arme la plus puissante que l’on puisse utiliser pour changer le monde », on change cette éducation. On la charge de devenir une éducation à l’ignorance et donc une arme de destruction massive de nos enfants.
Que faire ? Certes la solution n’est pas facile. Elle est surtout multiforme. Par exemple dans la formation des enfants des élites ? Pratiquement impossible car, pendant que les enfants des fabricants, de propriétaires et de développeurs de médias ne les utilisent pas ou les utilisent à bon escient et sont formés pour diriger le monde, les descendants de nos dirigeants, pour la plupart, affichent au maximum leurs signes extérieurs de richesses, survolent des études préparées en attendant de venir médiocrement remplacer leurs parents et servir les maîtres extérieurs. Ne dites surtout pas « tel père, tel fils » car ces géniteurs souvent tourmentés et désillusionnés par tant de promesses non tenues et de compromissions qui n’ont servi aucune cause noble , auraient voulu des descendants plus aguerris et conscients !
C’est vrai : la solution est dans l’éducation mais une éducation repensée qui revalorise la fonction enseignante tout en définissant des critères de compétences nouveaux. L’enseignant de type nouveau doit cesser d’être un instrument jetable à usage hybride. Il doit revenir au centre de l’éducation avec des étudiants qui, comme des planètes vont tourner autour de ce soleil bienveillant, généreux et toujours disponible pour dispenser la vie.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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