K.O. ou OK - Journal Educ'Action

K.O. ou OK

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Une question me taraude. Elle me paraît essentielle pour interpeller notre société. Surtout, elle doit nous amener à chercher une vision harmonieuse et si possible globale de notre éducation. Voici la question : dans une société où la mondialisation impose ses habitudes à différentes cultures, comment arrive-t-on rapidement au chaos en toute bonne conscience ? Regardons nos mœurs par exemple.
La modernité occidentale a affirmé, et soutenu que la polygamie était nuisible, notamment pour l’émancipation et l’intégrité de la femme. La plupart de nos pays ont promu et légalisé, vaille que vaille, la monogamie. Et, tandis qu’au village, on trouve des moyens pour contourner la règle, on a fondé dans nos villes des relations sans nom et sans normes qui pourtant continuent de peupler nos contrées. Ici, le cocktail explosif de la mauvaise conscience et de la félicité se mixent dans un shaker où les foyers officiels délaissés cherchent à prendre le dessus sur des officines où coulent le lait et le miel.
Par-dessus le marché, la même logique occidentale nous oblige à promulguer des lois où la relation amoureuse s’ouvre aussi au couple homosexuel. L’homosexualité a pignon sur rue dans toutes nos contrées et est très fortement financée par la plupart des structures d’aide au développement. Pour l’instant, ça n’a pas marché. Vous me demanderez, financée au Bénin aussi ? Je ne vous répondrais même plus car, d’abord, j’ai bien précisé toutes nos contrées et ensuite mon propos est juste de relever deux poids, deux mesures. Mieux ou pire, nous sommes dans leur société du PACS (des gens qui refusent de se marier), ou du trouple (des gens qui vivre non pas en couple mais en trio).
Après les mœurs, un autre paradoxe gangrène l’éclosion de nos sociétés, c’est le paradoxe politique et idéologique. La communauté internationale côté rue promeut la démocratie, et côté arrière-cour soutient les pires régimes autoritaires qui s’occupent de leurs intérêts financiers. Nos petits pays sont, derechef, privatisés avec des politiciens dont le seul rêve est de mourir, coûte que coûte, au pouvoir. Mais alors comment impulser un développement qui intègre ces illogismes néfastes et toxiques ? car, pour que ces dictatures perdurent, il faudrait pousser à l’extrême, la misère matérielle, psychologique et morale de nos populations.
En effet, la misère matérielle est toujours plus présente et pesante. Elle s’impose facilement lorsqu’on privilégie la production des cultures industrielles et la construction de grandes infrastructures qui enfoncent un peu plus les populations dans les ruelles et les chaumières. La misère morale résulte d’abord de cette misère matérielle et a pour conséquence la recherche d’ersatz que sont la religion pour ceux qui se croient pétris de vertus et le sexe allié aux drogues diverses pour les âmes faibles. La misère psychologique vient de cette déshumanisation qu’on entretient : nous devenons des objets terrifiés et n’ayant aucune conscience objective et positive de nous-même. Dans nos sociétés, nous rencontrons à tout instant des barrières ; le « permis » se raréfie au nom d’une panoplie de choses défendues qui nous entourent, nous enserrent et nous étouffent grâce à une confusion entre l’état de droit et l’état de lois. Même le travail en tant qu’entreprise de réalisation de soi est limité. Dans les entreprises publiques, très peu « travaillent ». Un grand nombre observe, n’est pas sollicité et finit par douter de sa propre qualité alors qu’ils sont payés ! Les exemples qui sapent le psychologique sont légion ! L’essentiel est de savoir comment sortir de cette situation où des « logiques contradictoires » luttent à l’évidence contre la promotion de notre bien-être.
La seule solution se situe dans une véritable éducation où nous apprenons à forger notre caractère et où se crée une élite nouvelle avec des projets de vie et une vision assumée d’une morale des forts qui piétine celle des faibles qui nous inhibe. L’école, telle qu’elle se présente à nous avec ces éléments centraux comme les enseignants dévalorisés, est à reconstruire pour mieux nous servir. Le Bénin est l’un des pays où l’espoir est immense. Rappelons chaque fois la voie à suivre et nous parviendrons à ce lent cheminement qui consiste à réveiller les consciences essentielles.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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