Journée Mondiale des Enseignants au Bénin : Enseignants et acteurs de l’éducation s’expriment sur la fonction enseignante - Journal Educ'Action
//

Journée Mondiale des Enseignants au Bénin : Enseignants et acteurs de l’éducation s’expriment sur la fonction enseignante

11 mins read

Pour le travail qu’ils abattent quotidiennement dans la formation des fils et filles des nations, les enseignants sont célébrés le 05 octobre de chaque année de par le monde entier. En dehors de la célébration officielle de cette édition à Lokossa, Educ’Action a tendu son micro aux enseignants pour recevoir leurs appréciations sur la profession enseignante au Bénin.

La commémoration de la Journée Mondiale des Enseignants (JME) s’est déroulée le mercredi 05 octobre 2022 dans l’enceinte de l’institut de Lokossa. C’est une célébration qui succède à celle de Parakou en raison du caractère tournant des manifestations. L’édition de cette année est placée sous le thème : « La transformation de l’éducation commence avec les enseignants. » C’est justement en reconnaissant le rôle capital que jouent ses éducateurs au profit des apprenants que le ministre des Enseignements maternel et primaire, Salimane Karimou, a rendu hommage à ses femmes et hommes de bonne volonté. Ils ont choisi la noble et délicate profession d’enseigner, s’attelant quotidiennement et sans relâche à la tache éducative. « Votre foi et votre abnégation font de vous de véritables acteurs du développement. Oui, sans les enseignantes et les enseignants, l’éducation ne remplirait pas le rôle qui lui est assigné. Car, enseigner ne signifie pas uniquement apprendre à l’élève une série de faits et nombres, c’est aussi inspirer, libérer le potentiel de l’enfant, lui offrir de nouvelles perspectives. C’est aidé les enfants à concrétiser leurs rêves d’un monde meilleur et à faire d’eux des acteurs de développement », affirme l’autorité ministérielle. Dans la même logique, le ministre a rappelé les actions du gouvernement en faveur du secteur de l’éducation. Il s’agit, entre autres, de la résorption du déficit d’enseignants à travers la mise en place du programme de réinsertion des jeunes qualifiés dans l’enseignement, des jeunes appelés Aspirants au Métier d’Enseignants (AME), la construction et l’équipement en mobiliers et matériels didactiques d’infrastructures scolaires avec pour effet l’augmentation des chances d’accès à l’école, la distribution de kits scolaires à chaque rentrée de classe, la fourniture de repas scolaire gratuit, la révision des curricula accompagné d’outils pédagogiques indispensables.

Des doléances pour améliorer la fonction enseignante

Tant qu’il reste à faire, rien n’est fait, dit-on. C’est pour cette raison que le représentant des syndicats, Codjo Hinlin, après avoir salué les actions du gouvernement en faveur de l’éducation a exprimé quelques doléances pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants. Il s’agit de revaloriser de façon significative le salaire des enseignants, poursuivre les efforts de construction des salles de classes dans les établissements, mettre fin à l’aspiranat et recruter des enseignants qualifiés pour le bien des apprenants, ou à défaut élaborer un plan de carrière pour les enseignants aspirants et les payer 12 mois/12, former les professeurs adjoints à l’obtention du CAPES, titulariser les enseignants ACDPE dans les différents corps des fonctionnaires de l’Etat, poursuivre les efforts de parution des actes de carrière des enseignants et de paiement de leur rappel sur salaire, mettre en œuvre le plan de formation du personnel administratif des ministères en charge de l’éducation, former les conducteurs de véhicules administratifs et doter le parc automobile en matériels roulants, doter les établissements primaires en laboratoires et bibliothèques bien équipés. Aussi, poursuit le syndicaliste, il faudrait enfin améliorer les conditions de vie et de travail des enseignants à la hauteur de l’influence qu’ils exercent sur la société.

Une journée qui semble perdre tout son sens auprès de certains enseignants

Sylvestre Noumonvi et Stéphane Yèhouénou Tessi sont deux enseignants du secondaire. Dans la matinée du mercredi 05 octobre 2022, jour de la célébration de la JME, ils ont vaqué à leur occupation dans leur établissement respectif. L’un en sa qualité d’enseignant des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et l’autre, enseignant de la langue de Shakespeare. Si Sylvestre Noumonvi estime ne plus connaître les raisons qui ont poussé à l’instauration de cette journée au regard des réalités du milieu aujourd’hui. Stéphane Yèhouénou Tessi renseigne qu’outre les raisons évoquées par l’Unesco, cette journée a pour but, « de sensibiliser sur le rôle de l’enseignant dans le système éducatif et son importance dans la société. Elle vise donc à valoriser l’enseignant dans tous les sens du thème.» Hélas ! « Le métier d’enseignant aujourd’hui a perdu toutes ses lettres de noblesse, car l’enseignant qui, autrefois était respecté et adulé, est désormais perçu comme un ouvrier de basse classe qui vit dans des conditions miséreuses », se désole ce jeune enseignant. Cet avis de l’enseignant d’anglais semble être partagé par son collègue des SVT.Il laisse entendre tout simplement qu’il est fier d’être un enseignant de carrière même si les réalités et les résultats rendent la tâche difficile malgré toute la volonté qu’il pourrait avoir d’aider les apprenants. À en croire ces deux hommes de la craie, le métier d’enseignant a perdu toute sa valeur et son importance sous les cieux béninois. Stéphane Yèhouénou Tessi dira, pour montrer la gravité de la situation, qu’ « aucun enfant n’aspire aujourd’hui à la fonction enseignante compte tenu des mauvais traitements à nous infligés. » Malgré les réalités du terrain, ces faiseurs des cadres du pays ne manquent pas de faire le travail qui est le leur dans les salles de classes.

La préparation des cours, une étape indispensable pour la réussite du travail

La tâche n’est pas facile, les conditions ne sont pas réunies pour permettre à l’enseignant de mieux faire son travail, à en croire les enseignants. Cependant, ce n’est pas une raison suffisante pour bâcler le travail, dira Stéphane Yèhouénou Tessi, l’enseignant d’anglais. Pour lui, la réussite d’un cours dépend du travail qui doit être fait en amont par l’enseignant. Il s’agit de la préparation du cours. « La préparation des cours est la chose la plus importante pour une bonne tenue de classe », insiste-t-il avant de poursuivre : « Un enseignant ne peut donc pas se présenter devant ses élèves sans s’être préparé ou sans avoir une feuille de route pour bien dérouler son cours. Les préparatifs se font soit pendant les vacances, soit le weekend ou même la veille du cours. Peu importe le moment, l’essentiel, c’est d’être suffisamment préparé avant de se présenter devant les apprenants. »
Reconnaissant lui aussi la nécessité de la préparation du cours par l’enseignant avant son entrée dans la classe, Sylvestre Noumonvi fait observer néanmoins que l’effectif pléthorique dans les classes, rend pénible la tâche.
Proclamée par l’Unesco en 1994, la Journée Mondiale des Enseignants (JME) est l’occasion pour cette institution onusienne de célébrer le grand pas effectué en faveur des enseignants le 05 octobre 1966 lorsqu’une conférence intergouvernementale spéciale organisée par l’Unesco à Paris en coopération avec l’OIT a adopté la recommandation OIT/UNESCO concernant la condition du personnel enseignant. Ainsi, la célébration de cette journée rappelle les droits et devoirs des enseignants ainsi que les normes internationales applicables dans les domaines de la formation initiale et perfectionnement, du recrutement, de l’emploi, des conditions d’enseignement et d’apprentissage.

La Rédaction

Laisser un commentaire

Your email address will not be published.

Les plus récents

Dictée du 30/11/2022.

Besoin de te renforcer en grammaire, orthographe et conjugaison ? Prends le rendez-vous de la “Dictée du jour”. Une émission pratique adressée aux apprenants du primaire.