Joël Ernest Djègo parle du Service des Affaires Scolaires et Sportives de la mairie de Cotonou - Journal Educ'Action

Joël Ernest Djègo parle du Service des Affaires Scolaires et Sportives de la mairie de Cotonou

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Joël Ernest Djègo, chef du Service des Affaires Scolaires et Sportives

« C’est la communauté scolaire qui remonte vers nous les besoins des écoles »

Créé par arrêté n°029/MCOT/SG/SP du 23 mars 2007 portant Organisation, Attribution et Fonctionnement des services de la mairie de Cotonou, le Service des Affaires Scolaires et Sportives est logé à la Direction des Services à la Population (DSAP). Il intervient dans la gestion de 38 écoles maternelles et 218 écoles primaires publiques. Première ville à statut particulier, la mairie de Cotonou à travers le DSAP a également à charge, la gestion de l’éducation au niveau de 20 collèges et lycées publics. Avec Joël Ernest Djègo, chef du Service des Affaires Scolaires et Sportives, Educ’Action a fait le tour d’horizon des interventions dudit service et de la mairie de Cotonou dans le pilotage du système éducatif dans le département du Littoral. Entretien !

Educ’Action : Quelle est la mission dédiée au Service des Affaires Scolaires et Sportives de la mairie de Cotonou ?

Joël Ernest Djègo : Le Service des Affaires Scolaires et Sportives a en charge l’application au niveau local, de la politique du gouvernement en matière d’éducation et de sport. En tant que tel, il a pour mission de veiller à l’application des lois sur la décentralisation dans les domaines de l’enseignement, de la culture et des sports ; de participer à l’élaboration du plan d’actions municipal en matière d’enseignement, de la culture et des sports ; de suivre la mise en œuvre de ce plan, à en évaluer les résultats et proposer les mesures d’ajustement. De même, ce service se charge de suivre d’une part, les activités d’alphabétisation et d’éducation des adultes et d’autre part, la gestion des équipements scolaires et sportifs. Il organise également les manifestations sportives. De façon concrète, nos interventions dépendent de ce que souhaitent les responsables d’établissements. Dans certaines écoles, c’est le conflit domanial, le problème de limites des espaces que la mairie aide à clarifier. Dans d’autres écoles, la mairie intervient sur le problème d’assèchement, d’assainissement. Pour certaines écoles encore, c’est le mobilier scolaire, les tables-bancs ou même la réfection ou la construction de modules de classes. Les problèmes varient d’une école à une autre. Mais à cela, s’ajoute le problème d’infirmerie ou de bibliothèque dans les collèges. La sécurité des écoles aussi relève de notre responsabilité. C’est la communauté scolaire qui vit au quotidien les réalités et qui remonte les besoins des écoles vers nous. A nous de les programmer dans notre Plan de Travail Annuel (PTA) et de les financer.

Quelles sont les actions phares menées depuis votre arrivée à ce service pour le compte de l’éducation dans la commune de Cotonou ?

La mairie de Cotonou accorde une part belle à ce secteur à travers plusieurs activités. Entre autres activités, la dotation de quatre mille (4.000) mobiliers scolaires au profit des écoles et collèges de la ville de Cotonou ; la construction de modules de classes dans trente-deux (32) écoles maternelles et primaires ; la réfection de vingt-huit (28) écoles maternelles et primaires. La mairie exécute, chaque année, le programme « Prix d’Excellence » qui consiste à récompenser les meilleurs élèves de Cotonou admis aux examens académiques. Il y a également l’organisation, chaque année, du programme « Santé à l’école ». C’est un programme qui consiste à faire la consultation ou la visite médicale gratuitement aux écoliers des zones vulnérables. La mairie apporte également et ce, chaque année, son soutien financier au lycée des jeunes filles de Ouidah qui accueille beaucoup de filles de Cotonou issues de familles pauvres. Elle participe aux Conseils d’Administration des lycées et collèges de la commune de Cotonou. Elle organise, chaque année, des travaux d’assèchement des centres d’examen inondés de Cotonou. Avec l’avènement de la pandémie de la Covid-19, la mairie a fait don de dispositifs de lavage des mains, de gels hydro-alcooliques et de masques aux élèves et écoliers de Cotonou. Il y a aussi la préparation et la supervision des examens scolaires.

Quels sont les impacts de ces actions sur le secteur éducatif dans la commune ?

On peut déjà citer, sans fausse modestie, l’amélioration des résultats scolaires aux différents examens ainsi que l’amélioration progressive des conditions d’apprentissage dans la commune.

Quelles sont les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des actions ?

En dehors de l’impatience de la population bénéficiaire, on ne note pas de grandes difficultés. Les problèmes varient d’une école à une autre, puis nous avons les interventions, à court, à moyen et à long terme. Une école ne peut pas demander à la veille d’une rentrée, de démarrer la construction d’un module de classe. Ce n’était pas prévu. Il faudra faire un collectif budgétaire, prévoir les ressources pour intervenir. Mais les gens ne comprennent pas la procédure.

L’Etat a délégué désormais le paiement des factures d’eau et d’électricité des écoles aux mairies. Qu’en est-il à la mairie de Cotonou ?

Juste après l’annonce de cette décision gouvernementale, la mairie de Cotonou a pris ses dispositions et a aussitôt demandé aux établissements de s’acquitter des impayés dus et d’envoyer les factures désormais. Une séance a également été tenue avec les Chefs des Régions Pédagogiques afin que toutes les dispositions soient prises pour que la mairie puisse payer à bonne date les factures d’électricité et d’eau. Mais il faut avouer que cela peine à prendre, d’autant plus qu’il y a des dettes antérieures au niveau de certaines écoles. Néanmoins, nous avons tenu une séance avec les directeurs départementaux du Littoral 1 et du Littoral 2 de la SBEE et de la SONEB pour demander leur indulgence afin qu’ils fassent l’état des lieux de toutes les écoles du Littoral pour que la mairie puisse solder. Donc, je pense qu’ils sont à pieds d’œuvre et la mairie est prête à prendre ses responsabilités.

Au vu de tout ceci, est-ce à dire que vous avez les moyens de la charge que l’Etat vous confie ?

Gouverner, c’est prévoir et l’Etat n’a pas laissé les communes sans ressources. Il y a les fonds FADEC qui nous sont affectés et il y a les ressources propres de la ville. Je prends à tout hasard la question des tables-bancs, sur fonds FADEC, on nous a demandé de payer un certain nombre de tables-bancs au profit des écoles. Mais la ville aussi, dans son budget, a prévu la confection des tables-bancs au profit des écoles.

Quelles sont les perspectives pour plus d’impact sur le système éducatif dans la commune ?

On ne saurait impacter les acteurs du système éducatif sans apporter de solutions réelles à leurs problèmes. Pour y parvenir, le maire de la ville de Cotonou, Luc Sètondji Atrokpo, a déployé sur le terrain, une équipe mixte composée de la Direction des Services Techniques (DST) et de la Direction des Services à la Population (DSAP), pour faire l’état des lieux de tous les établissements d’enseignement maternel, primaire et secondaire de Cotonou. Ce n’est qu’après le diagnostic que des actions idoines peuvent se faire. Aussi, dans le budget exercice 2021, a-t-il accordé une importance capitale à l’éducation en augmentant les ressources allouées aux activités scolaires citées supra.

Justement, quelle est la vision de l’actuel maire pour le système éducatif dans la commune ?

Pour le maire Luc Sètondji Atrokpo, investir aujourd’hui dans l’éducation est la seule manière d’avoir demain de bons citoyens pour la commune. C’est d’ailleurs ce qui l’a motivé à initier les Travaux Dirigés (TD) gratuits au profit des différents candidats. C’est également ce qui justifie l’amélioration du programme « Prix d’Excellence », prévu pour célébrer les meilleurs élèves, les meilleurs enseignants et les meilleurs établissements scolaires.

Quoi dire pour conclure cet entretien ?

Je voudrais réitérer ici l’engagement du maire de Cotonou à améliorer l’éducation dans la commune. Je ne saurais finir sans rappeler la citation de Edson Kodama qui dit : « Personne ne sais ce que sera le futur, mais on sait à qui il appartient ». Le futur de notre commune appartient à ces âmes innocentes qui constituent la relève de demain. Il nous revient alors de faire d’eux de bons citoyens actifs par une éducation de qualité.

Propos recueillis par Estelle DJIGRI

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