Le Coeur a ses Raisons | Episode 3 : L’expression de l’amour

Giscard et Adorée sont deux jeunes gens de classes sociales différentes.
Cependant, ils sont épris d’amour l’un pour l’autre. Un amour qu’ils doivent défendre envers et contre tout s’ils veulent voir aboutir leur projet de vie commune.

Mais dans un contexte social fortement dominé par les commerçants de sentiments, contexte social également caractérisé par le matérialisme chronique, les deux tourtereaux parviendront-ils à faire triompher leur amour ? Réponse à travers les lignes des 12 épisodes de cette histoire : « Le Cœur a ses Raisons ».

Après un moment de discussions, Giscard et Adorée se sont échangés les contacts avant de se séparer. A la maison, concentré depuis un bon moment sur son téléphone portable dont-il pianotait le clavier, Giscard semble heureux. Pélagie, sa maman l’observa et dit :
- A voir ce regard et ce sourire, jeune homme, je parie que tu échanges avec une fille. Dis-moi le contraire ?
- Pourquoi affirmes-tu cela, maman ?, demande Giscard.
- Tu oublies que je suis ta maman et la seule femme dans ta vie jusqu’à présent ? Alors, si une intruse fait apparition dans la vie d’un homme, la principale le sent toujours. En plus, cette lueur et cette joie que ton visage exprime, en disent long.
Giscard se mit à ricaner bel éclat et dit :
- Tu m’étonneras toujours jeune dame. Mais, je t’aime bien comme ça.
- Alors, vas-tu me laisser longtemps encore sur ma soif ou tu me racontes tout, tout de suite ?
- Oook ! Je discute avec une fille. Mais, ce n’est pas ce que tu crois. Nous sommes juste des amis. Il n’y a rien entre nous, si tu peux me croire.
- Pas pour le moment, tu devrais dire non ? Je suis certaine que quelque chose naîtra entre vous, quand je vois combien tu es heureux d’échanger avec elle.
Après un moment de silence, Pélagie reprit :t
- Parle-moi un peu d’elle. Je veux voir si elle pourra rivaliser avec moi.
- Ben…..Que dire ? Elle s’appelle Adorée. Elle est bien drôle et voilà. Je ne sais rien d’autre à son propos pour le moment.
- Je vois là déjà que nous avons en commun la drôlerie, elle et moi, fit remarquer sa maman en tapotant l’épaule de son garçon.
Des jours passaient ; leurs liens se consolidaient mieux. Les sorties entre Adorée et Giscard se multipliaient. Six mois passèrent, mais jamais les deux amis ne se sont rencontrés dans leur domicile respectif.
A la rencontre de ce soir-là, Adorée aborda le sujet.
- Giscard, ça fait 6 mois déjà que nous sommes amis. Jamais tu ne m’as invitée chez toi. Nos rencontres, devront-elles se limiter seulement au dehors ?, demanda Adorée.
- Mais, moi, je connais chez toi. Et c’est déjà très important, répondit Giscard.
- Décris-moi alors le jardin de ma maison, puisque c’est le seul endroit que tu as vu le jour de mon anniversaire, ordonna Adorée à Giscard.
- Adorée, les choses ne sont pas faciles pour moi. Mais...
Sur un ton autoritaire, Adorée lui coupa aussitôt la parole :
- Arrête tes conneries. Rien n’est facile pour personne. Je suis la fille d’un richissime opérateur économique, oui. Mais, cela ne fait pas de moi un être différent de toi, non ! Tu as honte de me montrer chez toi ? Ok. On en reste là.
Adorée, les larmes aux yeux, s’en alla.
- Mais, attends… Adorée, attends !, suppliait Giscard.
Trop tard, Adorée était déjà très loin.
- Maman... maman..., vociférait Giscard, l’air bouleversé, de retour à la maison.
Que se passe-t-il pour que tu cris autant ?, demanda sa maman.
- Adorée, prononça-t-il sans rien ajouter.
- Oui Adorée et quoi d’autre ? Tu me racontes tout, ou je te laisse ?
Giscard raconta alors tout à sa maman.
Celle-ci prit la parole.
- Avant que je ne me prononce, tu dois répondre à une question. Que représente Adorée pour toi ? Tu l’aimes ?
- Je n’en sais rien maman, dit-il en s’éclatant en sanglots.
- Quand on se met dans cet état à cause d’une amie, laisse-moi te dire que ce qu’on ressent, c’est plus que de l’amitié, fit observer la maman à son fils.
Giscard s’essuya le visage et explique à sa maman :
- Quand j’échange par écrits ou au téléphone avec Adorée, je n’ai aucune envie d’y mettre fin. Si ça, c’est l’expression de l’amour, alors j’aime Adorée. Quand je rencontre Adorée et qu’elle passe son temps à parler, j’éprouve du plaisir à l’écouter et je prie pour qu’elle n’arrête jamais de parler. Si ça, c’est l’expression de l’amour, alors j’aime Adorée. Dans mon sommeil, mes pensées, mes rêves, mon sourire sont dirigés vers Adorée. Si ça, c’est l’expression de l’amour, alors j’aime Adorée. Quand je défile pour les manifestations, je ne vois que le visage de Adorée qui me rappelle que je suis fait pour ce travail. Si ça, c’est l’expression de l’amour, alors j’aime Adorée.
- Mon fils, que rien ne soit un frein pour toi dans l’expression de cet amour.

 

Estelle DJIGRI