Le Coeur a ses Raisons | Episode 2 : Le coup du Hasard

- Quelqu’un était assis ici, avec qui je discutais tout à l’heure. Où est-il, Tata ?, s’enquit Adorée auprès de cette femme enceinte qui avait de la peine à se tenir debout.


- Il s’en allait et a proposé de me laisser son siège. Il est parti depuis un moment.
- Merde….. Pourquoi est-il parti ? Je n’ai même pas pris ses contacts.
Adorée avait l’air abattu.
Dans la maison Kobli, alors qu’il était 6h30 du matin ce dimanche, le réveil de Giscard se mit à retentir. Sans y prêter attention, Giscard l’éteignit. Une voix se fit entendre un peu plus tard.
- Giscard….., Giscard….., il est l’heure, réveille-toi ; lança cette fine voix féminine derrière laquelle se cache un visage souple et plein de vie.
- Mmh……, jeune fille, laisse-moi dormir encore un peu. Je suis trop fatigué ; Balbutia Giscard en se roulant davantage sous sa couverture.
- Ok, ça ne me dérange pas que tu dormes jusqu’à midi. Mais ne viens pas m’accuser si tu ratais la messe de 8h30.
A l’évocation de messe de 8h30, Giscard bondit de son lit.
- Il est quelle heure ? Impossible que je rate cette messe. Quelles sont les tâches que tu m’assignes ce matin ?, demanda Giscard à son interlocuteur.
- Non, c’est bon. Je sais que tu es rentré tout fatigué hier soir. Je me suis donc dépêchée de tout faire ce matin.
- Merci ma tendre et douce mère ; tu es un ange.
Et Giscard fit un bisou inhabituel à sa maman. Etonnée, celle-ci demanda :
- Un bisou ? Depuis quand es-tu devenu si galant ? Tu me cacherais quelque chose que je dois savoir ?
- Tu réfléchis trop jeune dame. Il n’y a rien.
Giscard ne tarda plus à sortir de cette bicoque qui leur servait de chambre, pour se diriger, dehors, vers la douche ; un vrai assemblage de feuilles de tôles rouillées.
Au cours de la messe, le célébrant, dans son homélie, invite les fidèles à un dévouement total à Dieu, quelles que soient les souffrances. Le prêtre revenait surtout sur cette partie de l’Evangile qui disait : « Ne t-ai-je pas dit, sois sans crainte et crois seulement. Moi ton père, je ne t’abandonnerai jamais ». D’une oreille attentive, Giscard méditait ces paroles du célébrant tout en répondant « Et avec votre Esprit » à la formule qui mit fin à l’homélie. Assis dans la rangée de droite, un autre fidèle qui balayait du regard ceux qui se dirigeaient vers les paniers d’offrandes pour y déposer leur don, aperçut un visage qui lui est familier. Il suivit attentivement les mouvements de ce dernier pour savoir où exactement il s’est installé dans l’église.
- Alleeeeeeeez dans la paix du Christ ; formula le diacre qui a assisté le prêtre lors de la célébration eucharistique.
- Nouuuus rendons grâce à Dieu. Repris en chœur tous les fidèles avant de se lancer vers les portes de sortie de l’église.
Alors que Giscard se dépêchait pour sortir de l’église, il sentit une main étrangère se poser sur son épaule. Pendant qu’il retournait sa tête pour voir, une voix lui lança :
- Surpriiiise !!!!
- Toi ici ? Que fais-tu ici ?, demanda Giscard, l’air sérieux et étonné
- C’est quoi cette question ? Je suis venu à la messe comme tout le monde. Mais on dirait que tu n’es pas content de me voir.
- Ooooh non, du tout pas. Je suis juste surpris de te voir ici. J’ignorais que tu fréquentes ces lieux.
- Tu le sais maintenant. Comme toi, je crois aussi en Dieu ; répondit le fidèle, visiblement pas content de la réaction de Giscard.
- Ooooh non, ne fais pas cette tête ; marmonna Giscard avant de continuer, sur un ton amusant : Je suis désolé. J’avoue que je ne m’attendais pas du tout à te voir ici. C’est une vraie surprise pour moi ; une surprise agréable.
- C’est vrai ?, demanda l’interlocuteur de Giscard, tout souriant.
- Bien sûr, Adorée. Je ne t’avais pas encore salué. Alors bonjour. Comment vas-tu ?
Avec un lumineux sourire, elle répondit :
- Je vais bien par la grâce Dieu. Et toi, Giscard, comment vas-tu ?

Estelle DJIGRI