Le Coeur a ses Raisons:Episode 1 : La rencontre fortuite

 

Giscard et Adorée sont deux jeunes gens de classes sociales différentes.
Cependant, ils sont épris d’amour l’un pour l’autre. Un amour qu’ils doivent défendre envers et contre tout s’ils veulent voir aboutir leur projet de vie commune.

Mais dans un contexte social fortement dominé par les commerçants de sentiments, contexte social également caractérisé par le matérialisme chronique, les deux tourtereaux parviendront-ils à faire triompher leur amour ? Réponse à travers les lignes des 12 épisodes de cette histoire : « Le Cœur a ses Raison ».

Giscard est un bel homme attirant et très élégant. Son charme, son style, son timbre vocal, son teint clair et frais sont autant de traits et d’atouts qui caractérisent Giscard. Ils lui ont d’ailleurs valu sa place de mannequin à la fête anniversaire de Adorée qui souffle sa vingt-troisième bougie. Adorée, c’est la fille unique de M. Libango, un respectable et richissime homme, grand opérateur économique. Pour le plaisir et le bonheur de sa princesse, il ne lésine pas sur les moyens. La très grande fête qu’il a organisée en son honneur en dit long.
Ce vendredi soir, à la fête, Giscard n’est pas passé inaperçu. Il ne saurait d’ailleurs en être autrement, pour un mannequin bien bâti, comme lui. Evidemment, Adorée a bien remarqué le bel homme qui lui inspira aussitôt des qualités d’homme responsable et mûr, malgré son jeune âge. Homme de principes, Giscard s’est fixé des règles qu’il s’interdit de transgresser sous aucun prétexte. D’ailleurs, le regard attirant et provocateur qu’affichait Adorée n’a eu aucun effet sur lui, ce soir-là. Adorée qui ne concevait pas de laisser Giscard lui filer sous le regard aussi facilement, s’approcha de lui à la fin de la fête pour échanger quelques mots.
- Bonsoir jeune homme. Merci d’être venu partager avec moi ma joie, se lança Adorée en premier.
- Je vous en prie, demoiselle.
- Puis-je me permettre de vous prendre un peu de votre temps ?, reprit Adorée.
- Avec plaisir. D’ailleurs, saurais-je vous le refuser, quand on sait bien que vous êtes à l’honneur ce soir.
- Merci. Vous a-t-on déjà dit une fois que vous êtes mignon ? Ooooh j’oubliais ; vous êtes bien un mannequin et c’est sûr qu’on vous l’a déjà dit plus d’une fois.
La première réponse de Giscard, c’est son sourire charmeur et séducteur qui ne laisse indifférente aucune femme. Et il continua :
- On me le dit très souvent, c’est vrai. Seulement, personne ne me l’a encore dit dans un ton aussi sérieux et sincère, comme je viens juste de l’entendre de vous. Et donc, c’est avec une grande joie que j’accueille vos compliments.
- Vous les méritez, bel homme.
- Là, je suis flatté. Ce bel homme, c’est Giscard Kobli, indiqua-t-il à Adorée en lui tendant sa main droite, en signe de salutation.
Sans hésiter, Adorée saisit à son tour la main de Giscard. Au contact des deux mains, Adorée sentit de la douceur, tellement la paume de Giscard était gracieuse.Transportée par les vagues de la douceur, elle se surprit à s’écrier :
- Waoohhh !
Et elle fit mine de s’écrouler à terre.
- Ooohh non que vous arrive-t-il ?, cria Giscard en tentant de rattraper Adorée pour lui éviter une chute.
Mais Adorée se redressa. Entre deux sourires malicieux, elle répondit, d’une voix aussi douce que sensuelle :
- Je crois bien que c’est la fraîcheur de votre paume qui a failli m’électrocuter.
A ces propos, les deux se mirent à ricaner.
- En plus d’être ravissante vous êtes drôle aussi. Une combinaison parfaite, laissa entendre Giscard.
- Vous permettez certainement que nous allions à présent un peu plus loin dans les présentations, je suppose, Mademoiselle. En suivant le maître de cérémonie tout à l’heure, j’ai su que vous êtes Adorée ; Adorée Libango pour faire plus précis.
- Que dire d’autre, puisque vous me connaissez déjà de nom ? Ben….. Je suis étudiante en deuxième année de médecine à l’Université Cheikh AntaDiop de Sénégal. Même s’il est courant d’entendre dire qu’une femme ne renseigne souvent pas un inconnu sur son âge, moi je vous apprends que j’ai 23 ans aujourd’hui. Et voilà.
- Tout le plaisir est pour moi d’avoir fait ta connaissance. Je peux vous tutoyer maintenant j’espère, si bien entendu, cela ne vous dérangeait pas…
- Bien sûr ! Mais avant, achevez votre présentation, insista Adorée.
- Moi j’ai eu une maitrise en sciences-éco à l’Université d’Abomey-Calavi. Pour le moment je ne fais encore rien qui aille dans le sens de ce que j’ai appris. Mais je vaque à d’autres activités en attendant, comme le mannequinat qui m’a conduit ici ce soir. Et j’ai vingt-cinq ans.
- Enchantée. Le plaisir est enfin partagé, fit savoir Adorée en tendant sa main à Giscard.
Mais celui-ci ne la saisit pas.
- Tu risques d’être électrocutée à nouveau.
Un rire s’installa entre les deux quand une cousine à Adorée vint tirer celle-ci par le bras.
- Viens, il y a quelqu’un qui veut te voir.
- Mais qui est-ce ? Tu vois bien que je discute avec quelqu’un.
- C’est une surprise. Je ne te dirai donc rien, et tu vas me suivre tout de suite. Tu vas apprécier ma chérie, rassura Bénie en trainant Adorée au milieu de la scène.
Un silence s’installa un instant sur la scène, qui fut rompu par l’exclamation vociférée par Adorée ;
- Mon Dieu… ! Ooooh mon Dieu ! Ce n’est pas vrai !
Adorée qui coulait des larmes de joie, s’agrippa à son père et l’enlaça.
- ça te plait ?, demanda monsieur Libango à sa fille.
- Je l’adore papa. Elle est absolument magnifique, cette voiture.
Adorée se précipita vers cette jolie petite voiture rouge que venait de lui offrir son père.
- Vas donc faire un tour avec le chauffeur pour apprécier toi-même la capacité de ce véhicule, lui suggéra son père.
En voulant s’installer dans le fauteuil arrière du véhicule, Adorée se souvint de Giscard qu’elle avait dû laisser en pleine conversation pour suivre sa cousine. Elle veut l’inviter à faire un tour, avec elle, à bord de son véhicule.
- Giscard…., Giscard….cria-t-elle en se frayant un passage pour aller vers lui.

Estelle DJIGRI