Tatiana Mahougnon DAZAN, esthéticienne professionnelle

Le bonheur que j’apporte à ma famille, je l’ai eu dans l’esthétique

Cette semaine, nous découvrons le métier d’esthéticienne professionnelle avec Tania Perle. D’un teint clair, d’une taille moyenne et surtout d’un sourire accueillant, Tatiana DAZAN nous accueille chaleureusement dans son Salon d’esthétique au quartier St Martin de Cotonou.

Tania Perle, c’est le nom de son Salon de beauté qui reçoit et refait une cinquantaine de femme le mois. Passionnée de beauté et de propreté, elle exerce ce métier depuis 16 ans avec un rêve, celui de rendre la béninoise très belle. Ses voyages de perfectionnement en France, en Côte d’Ivoire, au Ghana et au Nigéria, ont façonné son professionnalisme. Tania Perle, c’est également une férue du perlage. Ici, on se fait belle ! Ici, c’est Chez Tania Perle…

Sige TANIA PERLE

Educ’Action : Comment devient-on esthéticienne ?

On devient esthéticienne d’abord par passion, par amour pour le beau et par formation. Déjà toute petite, moi, j’ai adoré la beauté, la proprété. Et puis j’ai eu un rêve, celui de rendre la béninoise très belle. Et je pense que c’est ce rêve qui est en train de se réaliser dans ma vie.

Quel a été votre parcours pour y arriver ?

J’ai fait le BAC A, et j’ai demandé à rentrer dans une école pour pourvoir réaliser mon rêve, de rendre les femmes belles, de maintenir moi-même ma beauté parce que, je suis très belle. Donc j’ai fait le parcours, trois ans de formation à l’IRTECA, la seule école professionnelle à l’époque. Ensuite, l’école m’a donné la grâce de faire mon stage en France. Donc, j’ai fait 6 mois de stage à l’Ecole des Esthéticiennes d’Amiens en France puis, j’ai décidé de m’installer. Ça n’a pas été facile, parce que les parents ne voulaient pas que j’exerce ce métier au Bénin, car selon eux il n’y a pas d’avenir pour ce métier au Bénin. J’ai alors pris la route d’Abidjan en Côte d’Ivoire pour continuer mon rêve. J’y suis restée 3 ans avant de découvrir le Nigéria et le Ghana où j’ai fait respectivement 2 ans. A bout de voyages interminables, j’ai dit à mon père que je voulais rentrer m’installer au Bénin peu importe ce que les gens diront, le béninois aussi a besoin du bien-être. J’ai été têtue et mon père n’avait pas le choix. Il m’a donc accompagnée dans mon installation et je vous promets que je n’ai pas regretté de m’être installée. Je reçois beaucoup de femmes, une quarantaine, le mois, qui ont ce désir d’être toujours propres, toujours belles, malgré qu’elles n’aient pas les moyens. La demande s’accroit de jour en jour.

L’esthéticienne vit-elle de son métier ?

Oui l’esthéticienne vit de son métier mais à condition qu’elle s’adapte aux réalités de son pays, parce que quand on est sur un terrain qui n’est pas favorable à ce qu’on fait, il faut s’adapter et savoir quoi offrir pour vivre du métier qu’on a appris.

On peut voir ici dans votre salon plusieurs type de perle, est-ce que Tania développe aussi le perlage ?

Oui, Tania est aussi une perleuse, je rends toujours grâce. Parce que très tôt, j’étais restée avec ma grand-mère qui est une vendeuse de perle au marché de Dantokpa. Ma mère était hôtesse de l’air donc elle n’avait pas trop de temps de s’occuper de moi, c’est ma grand-mère qui m’a éduquée. Les weekends j’allais vendre les perles au marché. C’est de là qu’est né mon amour pour les perles. Et j’ai perfectionné cet amour au Ghana. Pendant mon séjour au Ghana pour mon objectif d’esthétique, j’ai profité pour perfectionner le perlage. J’ai donc associé la création des perles à l’esthétique.

Est-ce que ça coûte cher de se former en esthétique ?

Ça coûte cher. Moi j’ai été formé l’année à un million de francs, sans compter les frais de fourniture. Aujourd’hui on a revu les choses pour permettre à ces filles qui veulent arriver au métier de venir. Au sein de l’association, nous avons mis le tarif à 500.000 pour l’écolage sans les frais de fournitures.

Lorsqu’on a fini sa formation, combien coûte l’installation à son propre compte ?

L’équipement en esthétique est un grand investissement. C’est pourquoi je dis que tout le monde ne peut pas être entreprenant. L’esthétique coûte cher. Plus d’une dizaine de millions pour s’équiper moyennement sans oublier l’aménagement du cadre et les commodités nécessaires.

Est-ce à dire que Tania Perle est réservée aux personnes nanties ?

Non, pas du tout ! Tania Perle offre à toutes les bourses la possibilité d’accéder au salon de beauté, même avec 5000f, vous pouvez vous faire nettoyer le visage, 2000f vous pouvez rendre beaux vos ongles. Donc ce n’est pas un monde réservé aux nantis. Nous faisons également des massages amincissants pour les obèses. Nous avons la possibilité de toucher les nerfs à travers le massage pour guérir. Nous avons les massages thérapeutiques, faits de plantes, des fruits comme le pamplemousse. Nous pressons à froid les fruits, pour faire les massages et faire des soins.

Pour la jeunesse qui veut embrasser ce métier, que leur diriez-vous ?

Ce métier est fait pour la femme, moi je vais donc inviter toutes les jeunes filles et même les femmes, celles qui aiment bien leurs maris de rentrer en esthétique parce que l’esthétique, c’est tout. Moi j’ai tout trouvé dans l’esthétique. Le bonheur que j’apporte à ma famille, je l’ai eu dans l’esthétique. Le beau que je recherchais pour ma maison, pour mon mari, mes enfants, je l’ai eu dans l’esthétique. Il y a des femmes qui n’ont pas de la douceur, qui ne savent pas comment faire avec le mari à la maison ; elles n’ont qu’à venir à l’esthétique. L’esthétique va leur apprendre comment rester dans la vie, comment prendre soin du foyer et tout. Donc j’invite mes jeunes sœurs, celle qui n’ont pas encore trouvé leur voie, de ne pas penser que c’est un métier d’argent. Il faut avoir le désir, se rapprocher de la bonne personne pour avoir la bonne information. Il faut beaucoup prier aussi afin d’être orienté vers les bonnes personnes. S’il y a beaucoup de femmes ou de jeunes filles qui viennent à l’esthétique, je pense qu’il y aura beaucoup de problèmes réglés dans ce pays.

Réalisation Ulrich Vital Ahotondji