Investiture de Joe Biden, 46ème Président des Etats-Unis : Que de leçons d’éducation et de démocratie pour l’Afrique ! - Journal Educ'Action

Investiture de Joe Biden, 46ème Président des Etats-Unis : Que de leçons d’éducation et de démocratie pour l’Afrique !

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U.S. President Joe Biden signs executive orders in the Oval Office of the White House in Washington, after his inauguration as the 46th President of the United States, U.S., January 20, 2021. REUTERS/Tom Brenner

Ça y est, c’est fait ! Depuis le 20 Janvier 2021 à midi, le démocrate Joe Biden est devenu le 46ème président des Etats-Unis d’Amérique ! Au lieu même de la déchéance de la démocratie américaine, il a restauré l’image du rêve américain conté et prédit par Martin Luther King. Sur les marches du Capitole à Washington, DC, il a engagé une nouvelle marche du temps après quatre années d’un mandat controversé, chaotique pour certains, fructueux pour d’autres mais assurément tumultueux pour tous ! « Vous avez le droit de ne pas être d’accord, mais le désaccord ne doit pas mener à la désunion. Je serai le président de tous les Américains, je me battrai autant pour ceux qui ne m’ont pas soutenu que pour ceux qui m’ont soutenu. », a rassuré le vétéran de la politique américaine, l’homme qui aura passé 50 années de sa vie au service de sa Nation.
On pourrait, a priori, se demander si la ligne éditoriale de Educ’Action, votre spécialiste de l’éducation, glisse désormais sur le territoire politique. Loin s’en faut ! Nous parlons ici encore d’éducation et surtout de leçons apprises pour la postérité ! Que retenir alors de l’aventure démocratique américaine !

Une éducation à la culture démocratique…

L’élection de Joe Biden à la tête des Etats-Unis d’Amérique, en dépit de la pression d’un président en exercice aux relents dictatoriaux sur le corps électoral, sur les juges, et même sur une frange de la population, prouve à suffire que ce peuple peut continuer à inspirer dans une certaine mesure les autres peuples du monde, y compris le nôtre ! Une évidence crève l’œil, les Institutions américaines sont fortes et ne sont à la solde d’aucun pouvoir, ni d’argent, ni d’influence, ni de coloration politique, ni de convictions religieuses. « Il y a la vérité et il y a les mensonges, les mensonges prononcés pour le pouvoir et pour le profit. Et chacun d’entre nous, a le devoir et la responsabilité en tant que citoyens américains, et particulièrement en tant que dirigeants […] de défendre la vérité et de combattre les mensonges. », a affirmé le tout nouveau président Joe Biden dans son discours d’investiture. Il a exhorté ses concitoyens et par ricochet les sept (07) milliards de voisins à rejeter la manipulation des faits : « Tous les désaccords ne doivent pas mener à la guerre totale. Et nous devons rejeter la culture où les faits, eux-mêmes, sont manipulés et même inventés », a lancé le démocrate. Il s’agit tout simplement d’apprendre aux enfants comme aux adultes à dire et à soutenir la vérité.

Un discours pédagogique…

Parcours atypique, constant dans l’effort et pourtant meurtri par une vie douloureuse avec la perte d’une épouse, le décès tragique de deux enfants, Joe Biden incarne l’image du parfait combattant du destin. Il n’a pas fini de surprendre avec ses enseignements ! Il ne se fait aucune illusion sur une Amérique divisée et fracturée : « Je sais que les forces qui nous divisent sont profondes et réelles », a laissé entendre Joe Biden. « La démocratie est précieuse, la démocratie est fragile, et aujourd’hui mes amis, la démocratie l’a emporté », a-t-il rappelé, le nouvel élu appelant à « l’unité » pour construire, l’autre leçon à garder. Sans unité, il n’y a pas de développement, sans unité, il n’y a pas de stabilité pour avancer. Joe Biden nous rappelle avec ses cheveux blancs et sa grande expérience que l’unité structure les Nations. L’Unité est un passeport pour une construction durable. « Je mettrai toute mon âme à réunir l’Amérique », a-t-il promis. Mais non loin de l’unité, on retrouve la haute valeur du service dans l’humilité.

Le service dans l’humilité, une autre leçon d’éducation à retenir…

Alors même qu’il accède à la plus haute fonction de son pays, il reste le serviteur de tous ! « Nous avons beaucoup à faire. Il y a beaucoup de choses à réparer, à restaurer, à guérir, à construire, à gagner. Peu de gens dans l’histoire de notre peuple ont connu une époque de défis plus difficiles que celle dans laquelle nous nous trouvons aujourd’hui ». Il n’y a donc pas de temps à perdre. Le président est au travail dès le premier jour. Dans la méthode, les premières décisions sont communiquées. La lutte contre les divers maux dont souffre le pays est prioritaire : « Nous devons vaincre le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur », a martelé le nouveau dirigeant du monde ! « On voit surgir aujourd’hui l’extrémisme politique, le suprémacisme blanc et le terrorisme intérieur. Nous devons les affronter et nous allons les vaincre », s’est engagé Joe Biden montrant clairement que l’invasion du Capitole par des blancs peu inquiétés par la garde nationale est une injustice historique. Sans rappeler la démesure de l’attaque contre Georges Floyd et ses avatars, il se pose en restaurateur. « Le rêve de justice pour tous ne sera plus retardé », a-t-il affirmé avec force conviction.

Le retour aux valeurs…

Si la justice pour tous, l’égalité pour tous sont encore des idéaux à conquérir aux Etats-Unis, le nouveau patron du bureau ovale des Etats-Unis, a prêté serments avec beaucoup de symboles qui marquent son engagement aux valeurs républicaines. Plus de 190.000 drapeaux américains flottaient sur la pelouse du National Mall, face au Capitole. Le message est inédit : ni la maladie, ni la distance imposée par la Covid-19 n’auront raison de la splendeur et de la grandeur du peuple américain symbolisé ici par ces drapeaux. La diversité des acteurs à la cérémonie de prestation de serments du nouveau président donne aussi le ton de sa politique et de son ouverture aux minorités. Du talent admirable de la poétesse Armanda Gorman aux performances de Jennifer Lopez et Garth Brooks en passant par la sublime voix de Lady GaGa sur l’hymne national, aucun détail n’a échappé au protocole qui a décidé de marquer le retour aux valeurs. « America is back » ! Voici l’Amérique telle que le monde l’aime dans ses couleurs, dans sa diversité, dans son rêve de grandeur pour tous… Ici, il y a certainement de la graine éducative à prendre.

Ulrich Vital AHOTONDJI

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