Fonctionnement des centres Barka du PAEFE dans l’Alibori : Le maintien des apprenants comme un réel défi

Les centres Barka du Programme d’Appui à l’Education et à la Formation des Enfants exclus du système éducatif (PAEFE) offre une seconde chance d’instruction aux enfants déscolarisés ou non scolarisés. Dans le département de l’Alibori, ces centres de scolarisation riment aussi avec un fort taux de déperdition dans le rang des apprenants. L’atelier bilan départemental tenu le vendredi 16 juillet 2021, au siège de l’APIDA à Kandi, en a longuement débattu avec l’engagement des communautés, élus locaux et maires des communes à changer la donne.

Difficulté de maintien des enfants dans les centres Barka. Une problématique majeure qui s’apparente à un nouveau défi à relever par la coordination du PAEFE et l’ensemble des parties prenantes. Dans les six (06) communes du département de l’Alibori qui abritent les centres Barka, des cas d’abandons sont à relever ici et là. Selon les différentes statistiques présentées à chacune des étapes par Im-Raschina Garba, coordinatrice adjointe du PAEFE, Modeste Kpogbé, responsable suivi-évaluation du PAEFE ou même Nadine Oké, coordinatrice du PAEFE, il ressort que de nombreux enfants sortent du dispositif avant les quatre (04) ans de formation. De façon précise, les sortis sont plus prononcés en quatrième année alors qu’ils sont supposés passer l’examen du CEP. La situation est bien préoccupante à Birni-Lafia dans la commune de Karimama et à Gando-Kossikana dans la commune de Kandi où les taux de déperdition dépassent, par endroits, les 50%. Un manque à gagner pour le programme au vu des investissements qui passent par la construction des centres Barka, l’installation des cantines auto-gérées, les jardins communautaires, les forages pour les communautés, etc.

La déperdition, bientôt un vieux souvenir

Très préoccupant, le sujet a été abordé lors de l’atelier bilan départemental du programme qui a réuni les maires des communes ou leurs représentants. De la présentation de la coordinatrice sur le bilan du PAEFE phase 2, d’importants investissements ont été faits grâce au financement de la Coopération Suisse en matière de construction des centres Barka, des forages et bien d’autres encore. Les communautés à travers les mairies n’ont pas été du reste. De l’avis de Nadine Oké, elles ont contribué à hauteur de 186.105.566 millions francs CFA pendant les 5 ans de mise en œuvre du programme dans l’Alibori. Toutefois, des difficultés persistent pour la rétention des apprenants dans le système pendant les 4 ans d’apprentissage. « C’est cela la grande déception au niveau de la coordination et tout le monde doit œuvrer pour corriger le tir », a-t-elle formulé aux maires et élus locaux. Pour le maire de Ségbana Orou Zimé Bio Tian, représentant le président de l’APIDA (Association pour la Promotion de l’Intercommunalité dans le Département de l’Alibori), le département de l’Alibori a été souvent à la traine après les résultats des examens nationaux. Par ailleurs, le nombre de déscolarisés ou non scolarisés est très prononcé. « C’est pourquoi nous avons accueilli à cœur joie le PAEFE qui est pour nous un début de salut, une chance pour corriger cette défaillance éducative et remonter la pente. Avec les collègues maires de l’Alibori, nous allons nous engager et faire adhérer davantage nos communautés pour que les résultats, à la prochaine phase du programme dans le département, tranchent radicalement avec nos résultats actuels », a-t-il promis. Les débats qui ont suivi, ont montré la prise de conscience des uns et des autres pour faire performer le PAEFE déjà à la prochaine phase. De l’avis des maires participants à cet atelier bilan départemental, la question de la déperdition des enfants dans les centres Barka sera, les prochains mois, un vieux souvenir.

Serge David ZOUEME, du retour de l’Alibori

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