Femme outragée ! Femme brisée ! Femme martyrisée ! Mais femme libérée ? - Journal Educ'Action

Femme outragée ! Femme brisée ! Femme martyrisée ! Mais femme libérée ?

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La femme connaît tant de situations compromettantes dans sa vie. La question demeure toujours la même : comment éviter de s’abîmer à la façon d’un papillon sur des lumières souvent factices ? On se demande aussi qui a tort : la femme conditionnée à jouer consciemment ou inconsciemment de sa féminité, ou l’homme, cet être si faible et esclave de ses sens ?
Trois destins de femme illustreront ce propos où le rôle des hommes est condamnable, mais un doute demeure. À l’évidence, les différentes affaires mondiales où les hommes, même puissants, sont incriminés, devraient trouver des échos dans nos contrées où le politique, le religieux ou tout simplement le social voire le familial profitent de chaque occasion pour piéger des femmes innocentes. Le paradoxe des différentes femmes qui se sont confiées à moi, c’est le manque d’à-propos de leur récit qui trahissait à la limite le souci de se soulager d’un fardeau sans pour autant dire toute la vérité ; et pourtant obtenir une sorte de catharsis.
La première dame se livra au détour d’une conversation où on évoquait un saint homme qui avait rendu tant de services à sa famille. Elle rapporta qu’un jour, revenant du collège, elle était tombée sur le religieux. L’apostrophant, il la conduisit dans ses appartements, l’accusant de tous les péchés de la chair. Il lui ordonna de se déshabiller pour faire le contrôle ultime démontrant encore sa virginité sous un corps plein de promesses. Aussi effrayée que naïve, elle obéit à ce personnage respecté de tous et se retrouva vêtue de sa seule innocence. Le prélat, le souffle court, s’apprêtait à tenter ce qui semblait être l’irréparable ! En plein récit, elle sembla sortir d’un rêve et s’arrêta. Se reprenant, elle lâcha simplement : « Je me suis levée et suis partie à la maison ». Elle changea de conversation mais tout son être trahissait le soulagement d’avoir, des années plus tard, donné la version des faits qu’elle voulait retenir pour l’éternité.
La deuxième dame me prit à partie un jour que nous devisions de la cherté de la vie. Elle évoqua brutalement une de ses chères amies partie à l’étranger visiter ses parents. Elle souligna que l’attention et la disponibilité de sa copine lui manquaient. D’ailleurs, leur maison étant assez proche de la sienne, elle avait pris la peine de se rendre à son domicile pour saluer le mari. Bien lui en fit apparemment car, à son arrivée, elle trouva l’homme alité dans une maison déserte. Il l’appela de son lit avec une voix de mourant. Elle avait pourtant échangé le matin avec le sieur qui d’une voix enjouée et vigoureuse, l’avait invitée à lui rendre visite. Elle se précipita dans la chambre nimbée d’un clair-obscur propice, pour porter secours à l’individu apparemment mal en point couvert d’un drap négligent. Il lui demanda d’une voix fiévreuse de lui passer un baume anti douleur sur tout le corps. Après une hésitation légitime, elle entreprit d’assister la personne en danger. Alors, le grand malade, après avoir offert son dos et ses deux cotés aux mains généreuses de la soignante occasionnelle, se délivra du drap pour exhiber un membre central des plus troublants, qui semblait par sa hauteur, tutoyer les cimes de l’Atakora. L’innocente recula. Elle me tenait en haleine. Pourtant elle se tut et se perdit dans ses pensées. Je demandais d’une voix rauque appréhendant l’inéluctable. « Alors ? Je me suis levée et je suis partie », dit-elle.
La troisième dame avait soutenu que la femme décide toujours de sa destinée et choisit l’homme selon ses critères et son but. Elle se retrouva dans une situation où elle devrait rencontrer les grands hommes qui font l’histoire et l’économie d’un pays. On lui fit rencontrer quelques messieurs et on lui demanda d’aborder, pour commencer, l’un d’entre eux, pas très influent, pour éprouver sa capacité à résister face aux tentations. Mais il portait beau et avait, de la puissance, toutes les apparences. En extase, elle s’approcha du personnage et capitula facilement. Elle me raconta qu’elle avait touché le gros lot car très vite, le supposé grand homme lui avait promis l’or, l’argent et la couvée. Il ne se passait plus de seconde sans que leur parfait accord ne se trouve conforté par un appel, une attention et un cadeau. Il venait lui tenir compagnie chez elle et même hier … elle s’arrêta net. Je demandais : Alors ! hier ? » elle reprit « En même temps, je tiens bon. Rien encore et surtout ne se passera sans ma décision. D’ailleurs il n’y a rien à décider, ce n’est qu’un ami. » Elle se referma, le front rêveur, toute tournée vers une félicité qu’elle savourait déjà, son cœur et son corps ayant abdiqué depuis longtemps.
La question reste posée devant tant de demi-vérité sinon de déni : qui a été la victime et qui a été la plus naïve ? Ensuite, comment dans une société toujours plus soucieuse de la protection de la femme, celle-ci peut-elle éviter ces pièges machistes ? Mais la véritable morale de l’histoire n’est-elle pas ailleurs car, il n’est pas toujours facile de savoir qui est le chat, qui est la souris !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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