Et si on arrimait le Partenariat Public-Privé au management de l’Ecole !

Qu’est-ce que le Partenariat public-privé? (PPP) Ma définition ne serait peut-être pas bonne, parce que je n’ai pas eu le courage (Je n’en avais pas trop envie) de lire le document qui a été voté à l’Assemblée et je voudrais me situer juste au niveau de l’école.
Selon moi, le PPP, c’est lorsque les structures privées accompagnent l’école dans son évolution ! Vous me direz en quoi faisant ? En investissant dans l’école, en aidant l’école à être mieux gérée. La plupart des gens se disent déjà que l’idée qui est derrière la tête du chroniqueur, c’est le financement de l’école par les particuliers. Ils ont, peut-être, raison mais ils ont surtout tort, car quel que soit le financement ou les moyens mis à la disposition de l’école, si cela n’est pas judicieusement utilisé, cela ne sert pas à grand-chose : ici, on ne parle pas seulement d’efficacité, mais aussi d’efficience et de gouvernance.
Il y a un exemple célèbre dans les annales du ministère en charge de l’Enseignement maternel et primaire : une société de la place nous a octroyé un don de 100 millions de Francs Cfa pour construire des infrastructures et il a fallu plus de trois (03) ans pour trouver une solution pour utiliser ce financement, compte tenu des procédures !
La vérité, il nous faut créer une structure, c’est-à-dire une Agence Nationale d’Appui à l’Education où tous les mécènes nationaux et les entreprises nationales verseraient l’aide qu’ils voudront. Cette agence publique sera gérée avec un système privé : c’est ça le PPP.
Il s’agira donc de recueillir les subsides et de les repartir selon les centres d’intérêt. L’avantage sera à plusieurs niveaux. Le management serait efficace et la gouvernance stricte, c’est de cela qu’il s’agit. Plus que les moyens financiers, il s’agira d’appliquer la rigueur et le dynamisme de l’entreprise à une structure publique !
S’il y a, en effet, quelque chose qui manque dans la fonction publique, c’est le management : chacun est assis derrière son bureau et attend qu’on lui donne des ordres tout en sachant que quels que soient sa passivité, son manque d’initiative et voire son incompétence, il sera payé à la fin du mois. Il faut aussi avouer qu’on lui envoie souvent des gouvernants (membres de cabinet, directeurs centraux et autres cadres) qui n’ont de talent que d’avoir soit disant « mouillé le maillot » : une expression qui plonge dans un abime de perplexité. C’est normal alors que « la haute autorité » face à ces cadres plus nuls, les uns que les autres et qui ne prouvent jamais rien, parle de désert de compétences… Disons nous la vérité : l’administration béninoise, notamment de l’éducation est souvent gérée par des chefs de service ou des cadres techniques qu’on nomme à peine directeur adjoint. Nous ferons plus tard ce débat.
Comment parvenir à une école performante, s’il n’y a pas d’initiatives originales de captation et de mise en commun de ressources gérées de manière efficace ? Il y a plusieurs structures qui ont envie de donner de l’argent, des moyens matériels et même humains, mais ne savent que faire. L’agence d’aide à l’éducation sera créée pour le bien de nos écoles.
En même temps, il ne s’agira plus pour un mécène de choisir là où il aura à construire, à donner les kits scolaires, à renforcer les compétences des élèves par les répétitorats etc. L’agence, apolitique et dotée de bons techniciens, planifiera les besoins.
Ceci n’est pas une simple proposition ou une utopie. Nous avions voulu le tenter et nous n’avions pas vraiment réussi, car le débat instauré par certaines sociétés purement mercantiles était le suivant : Qu’avons-nous à y gagner ? Mais c’est évident non ? L’évolution de notre système éducatif.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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