Démarrage de la rentrée scolaire 2022-2023 : Une reprise des classes à deux visages - Journal Educ'Action

Démarrage de la rentrée scolaire 2022-2023 : Une reprise des classes à deux visages

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Pendant plus de deux mois, la petite école a dormi. Les élèves s’amusaient, s’offraient des distractions et des vacances. Des enseignants vaquaient à d’autres activités pour arrondir leurs fins du mois. Mais depuis, hier, lundi 19 septembre 2022, ce temps est révolu. Apprenants et enseignants ont renoué avec les classes malgré l’intense pluie qui s’est abattue sur Cotonou et ses environs.

Le portail du Complexe scolaire Cococodji A-B-C est ouvert, hier, lundi 19 septembre 2022, date du démarrage officiel de la rentrée scolaire 2022-2023. Seulement, les travaux prévus dans le cadre de cette rentrée connaissent un peu de retard sinon se font tant bien que mal. Et pour cause, la pluie abondante d’hier a rendu cette école sale avec des feuilles mortes pendant qu’on observe du côté des apprenants une présence timide aussi bien dans la cour de l’école que dans les classes. A tout cela s’ajoutent des flaques d’eau qui empêchent la libre circulation des acteurs dans cette école. Il est 10 heures, des apprenants accompagnés de leurs parents, évitant d’être mouillés par la pluie, ont pris d’assaut l’entrée des classes et des directions. Chacun se regarde en chien de faïence. La pluie battante semble perturber les activités pédagogiques dans cette école. Tout porte à croire que la prérentrée n’a pas servi à grand-chose dans cette école. Approchés pour avoir de plus amples d’informations, les directeurs et directrices de ce complexe ont refusé de se prêter à nos questions. Par contre, un enseignant du groupe C de cette école a affirmé à bâtons rompus : « les enfants ne sont pas venus. Nous n’avons pas l’effectif attendu. Néanmoins, nous allons faire l’évaluation diagnostique avec le nombre que nous avons. » Cap est mis ensuite sur le Complexe scolaire Cocotomey A-B-C. Ici, c’est presque le même constat. Il y a de l’eau stagnée un peu partout dans cette école, empêchant ainsi l’accès à ses usagers. Des écoliers sous l’arbre en face de la direction du groupe A de cette école échangent entre eux. « Notre sol est hydromorphe, donc difficilement le sol aspire l’eau. C’est pourquoi il y a des flaques d’eau. Mais cela n’empêche pas la rentrée des classes », a confié Cathérine Flore Kouadoua, directrice de l’école primaire publique Cocotomey A, avant d’ajouter que l’effectif attendu n’est pas au rendez-vous. Compte tenu du défaut de l’effectif d’apprenants dans l’école, l’évaluation diagnostique est prévue pour l’après-midi. « Nous allons attendre les apprenants qui ne sont pas encore venus jusqu’à 15 heures pour faire l’évaluation diagnostique », a fait savoir la directrice du groupe A, tout en invitant les parents à amener les enfants à l’école.

Une rentrée timide au secondaire pour cause de la pluie

Ici au Collège d’Enseignement Général (CEG) ‘‘Les Pylônes’’ à Agla, les allers et venues se font remarquer dans une cour couverte des feuilles de colas. La forte pluie avec pour conséquences des flaques d’eau, des usagers mouillés jusqu’au os, n’a pas émoussé l’ardeur des élèves, enseignants et parents venus pour diverses raisons. Pendant que certains parents sont venus pour s’assurer si les cours ont commencé réellement pour leurs enfants, nouveaux collégiens, au regard de cette forte pluie, d’autres sont là pour mener des démarches administratives pour l’inscription des enfants. Cartables de couleur verte, jaune ou rouge en mains, une file d’attente s’observe depuis la devanture de la surveillance générale jusqu’à la direction de l’établissement. A défaut de s’informer auprès des autorités de l’établissement sur le processus à suivre pour inscrire un nouvel enfant, c’est un père de famille qui se prononce. « La première étape consiste à déposer le dossier au secrétariat pour enregistrement. Ensuite, le dossier est renvoyé à la surveillance où on achète la fiche d’inscription et la fiche d’engagement. Quand ces étapes sont suivies, on va maintenant à la direction où on présente l’enfant au directeur pour l’octroi de classe », a expliqué Donatien A. pour renseigner sur le processus qu’il vient de suivre pour l’inscription de sa fille nouvellement admise au collège.
A quelques pas de ce dernier, le sieur Déguénonvo est assis sur une moto, accompagné de ses deux enfants, à l’abri de la pluie. « J’ai déjà inscrit mes enfants depuis la semaine passée. Je suis venu avec eux aujourd’hui pour éviter qu’ils soient mouillés par la pluie et les aider à prendre leur emploi du temps », a-t-il informé. Les anciens élèves, quant à eux, se sont directement dirigés dans leurs salles de classes pour le début des cours.

Des enseignants en prise de contact avec les élèves

Pour un premier jour de classe, la cour du CEG ‘‘Les Pylônes’’ n’a pas grouillé de monde dans la matinée d’hier lundi 19 septembre 2022, comme on le constate à chaque rentrée, à cause de la pluie. Néanmoins, en dehors des parents, des élèves ont répondu présents ce jour qui marque le début des cours. Si d’autres n’ont pas pu suivre leur premier cours à cause de l’absence aussi bien des enseignants que de leurs camarades élèves, d’autres ont reconnu la présence de certains de leurs enseignants. Les premiers contacts ont été faits hier. Elèves au CEG ‘‘Les Pylônes’’, Gwladys et Amandine sont en classe de 1re B. Elles renseignent au micro de Educ’Action avoir eu leur premier contact avec leurs enseignants des Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) et d’Economie. « Ce matin [lundi 19 septembre 2022, ndlr], nous avons fait cours des SVT à 8h et à 10h, nous avons aussi fait l’Economie », ont-elle répondu à la question. « Avez-vous fait cours ce matin ? » Une séquence pédagogique d’Economie toujours visible sur le tableau de la classe témoigne que les cours ont effectivement démarré hier lundi 19 septembre. Un enseignant des PCT dans ce même collège et n’ayant pas accepté décliner son identité à la presse, confie : « je viens à l’instant de finir mon cours de PCT dans une classe de 4e. Certes, tous les enfants ne sont pas venus mais j’ai quand même occupé les quelques-uns en leur donnant le programme. » Du Littoral, mettons le cap sur le département de l’Atlantique. Kaki tout mouillé, Espoir Aligbonon vient de rater son premier cours de mathématiques de l’année scolaire 2022-2023. « Nous avons reçu l’emploi du temps le vendredi passé. A cause de la pluie, j’ai accusé un peu de retard avant de venir au cours de ce matin prévu pour démarrer à 7 heures. L’enseignant m’a dit de rester dehors », confie l’élève en classe de Terminale C, debout dans la cour du collège avec six autres camarades venus aussi en retard comme lui. Son camarade de la 2nde D, Mathieu Sossa a bravé la pluie pour répondre présent, à l’heure, à l’appel de la rentrée scolaire, mais il va devoir attendre l’affichage de l’emploi du temps qui se fait désirer. Au bloc administratif, surveillants et censeurs s’affairent à satisfaire les usagers de l’école pendant que d’autres apprenants franchissent le portail pour rejoindre leurs domiciles.

L’exhortation des parents pour une année scolaire fructueuse

Au début de cette nouvelle année scolaire, les parents d’élèves n’ont pas manqué d’adresser des doléances à l’endroit des différents acteurs pour une année scolaire sanctionnée par la réussite à tout point de vue. Le sieur Déguénonvo invite les apprenants, « à être sages, à bien suivre les cours, à les apprendre et à donner le meilleur d’eux à chaque occasion pour rendre fiers les parents. » Pour dame Binazon, mère de famille, le tout ne suffit pas, pour les parents, de payer la contribution aux apprenants. « Parents que nous sommes, nous devrons accompagner nos apprenants dans la prière, dans la résolution des exercices et on doit pouvoir être à l’écoute de leurs besoins », a-t-elle adressé à l’endroit des parents. Les enseignants, plaident les parents rencontrés, doivent prendre les élèves comme leurs propres enfants et leur transmettre le savoir comme cela se doit.

L’inondation retarde la reprise des classes dans 14 écoles à Zagnanado

Dans plusieurs établissements scolaires la rentrée scolaire est effective, mais ce n’est pas le cas dans 16 écoles de la commune de Zagnanado, dans le département du Zou où les apprenants et enseignants n’ont pas accès au cadre scolaire. Pour cause de montée des eaux, l’Ecole est en souffrance dans cette localité du Bénin. Selon le maire de la commune, Justin Kanninkpo, se prononçant au micro de Frissons radio, aucune reprise des classes ne peut être envisagée avant le retrait des eaux avant fin octobre ou mi-novembre. « L’eau est en train de nous dicter sa loi », martèle l’autorité communale qui profite de l’occasion pour solliciter le secours des personnes de bonnes volontés à venir à la rescousse de l’école à Zagnanado.

Avrankou et Porto-Novo abritent le lancement dans l’Ouémé

C’est au Collège d’Enseignement Général (CEG) 1 d’Avrankou que le top de la rentrée des classes a été donné par les autorités du département de l’Ouémé. La délégation, pour la circonstance, était conduite par le directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle de l’Ouémé, qui s’est fait entourer de quelques cadres de sa direction, du représentant du préfet de l’Ouémé et des autorités communales d’Avrankou.
Procédant au lancement de la rentrée scolaire au CEG 1 d’Avrankou, le directeur départemental des Enseignements secondaire, technique et de la formation professionnelle a fait le constat d’une reprise effective des cours. Il en sait gré au gouvernement pour les diligences effectuées avant de s’adresser aux enseignants et apprenants. « Nous remercions le gouvernement pour les efforts consentis afin que la rentrée tienne rigoureusement en septembre. Les cours sont déjà lancés, les enseignants sont à la tâche. Toutefois, les élèves doivent savoir que le succès commence le premier jour de la rentrée », a laissé entendre le docteur Bertin Dansou.
Après le CEG 1 d’Avrankou, le DDESTFP-Ouémé et sa suite ont rallié le lycée Béhanzin de Porto-Novo. Même constat de la reprise des classes dans ce lieu du savoir qui vient d’être rénové. Le maire de la ville de Porto-Novo, Charlemagne Yankoty, se réjouit particulièrement de ce nouveau cadre offert aux enseignants et aux élèves. Il souhaite par ailleurs une bonne rentrée à tous les acteurs du système éducatif, et formule le vœu que les parents soient comblés afin d’assumer leur devoir.
Enfin, la descente de terrain des autorités du département de l’Ouémé s’est achevée au Collège catholique Notre Dame de Lourdes de Porto-Novo. Une étape qui se justifie selon le DDESTFP-Ouémé : « le premier du Bénin au Baccalauréat 2022 est issu de ce collège et nous sommes ici pour faire honneur à cet établissement ». Rassurant du soutien des autorités départementales, Edmond Ayindé, chargé de mission du préfet de l’Ouémé, souhaite que Dieu accorde la santé, l’intelligence et la force nécessaire à tous les apprenants. Le père directeur du Collège catholique Notre Dame de Lourdes de Porto-Novo, quant à lui, est heureux de cette visite des autorités, et estime que c’est un nouveau défi pour maintenir la réussite dans son établissement. A en croire le père Karl Baimey Dagan, « on ne réussit pas sans Dieu, et de grands défis seront encore relevés par le Collège Notre Dame de Porto-Novo pour le compte de cette année académique. »

Dans la cité des Koburu, apprenants et enseignants ont repris le chemin des classes

A l’occasion de la reprise des classes, Inoussa Zimé Chabi et Djibril Mama Cissé, respectivement maire de la ville de Parakou et préfet du Borgou ont sillonné, hier, lundi 19 septembre 2022, école maternelle, primaire sans oublier les collèges et lycées. ‹‹ Nous sommes satisfaits de ce que nous avons pu voir aujourd’hui au niveau des différentes écoles que nous avons sillonnées ››, fait savoir le préfet. Pour renchérir ses propos, Djibril Mama Cissé fait une remarque à propos de la présence des enseignants et apprenants : ‹‹ Partout où nous sommes passés, les élèves ont répondu présents et les enseignants également. La preuve que le gouvernement a pris toutes les dispositions qu’il faut pour qu’il en soit ainsi. Et c’est la preuve également que la prérentrée s’est bien effectuée ››, a-t-il affirmé.
En effet, le constat du côté du maire s’est accentué sur un axe de comparaison. Contrairement aux années scolaires précédentes, le premier jour de la rentrée des classes 2022-2023, se veut être une chose effective dans les écoles et collèges de Parakou, ceci avec le démarrage des cours. La majorité des écoliers et élèves sont déjà en situation de classe, chacun dans son uniforme. ‹‹ Ce que nous avons vu, c’est l’effectivité de la rentrée ››, se réjouit le maire de Parakou, Inoussa Zimé Chabi. Il poursuit et fait la remarque selon laquelle, ‹‹ Les années antérieures, les premiers jours de rentrée, on avait l’habitude de constater les élèves dans la cour de l’école, les parents qui cherchent à inscrire les enfants… Cette fois-ci, nous avons constaté que réellement, les cours ont démarré dans certaines classes ››, confirme-t-il.
Notons que le directeur départemental des Enseignements maternel et primaire du Borgou, aux côtés du préfet et du Maire, a lui aussi constaté l’effectivité du démarrage de la rentrée scolaire 2022-2023 à Parakou.

Réalisation : La Rédaction

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