Gouvernance : le bal des inutiles

 

Cette chronique, toujours dans la suite de la Gouvernance, va nous permettre de jouer un jeu. On ne pourra pas dire qu’Educ’Action ne vous gâte pas car à la page 08, s’ajoute aujourd’hui celle-ci !


Il s’agit de deviner qui des personnages que je vais vous citer, est le plus inutile pour notre administration et peut-être proposer comment le sauver.
Vous vous souvenez que, la fois dernière, nous avions campé deux personnages qui avaient tendance à installer des pesanteurs dans le système. Ils ne sont pas seuls, je le reconnais au regard des réactions qui m’interpellent. Je vais en citer trois autres dans cette dynamique des groupes que nous avions au niveau des institutions étatiques et qui plombent la gouvernance. N’oubliez pas que aujourd’hui, c’est un jeu et à vous de désigner le plus inutile pour l’administration (on peut le sauver) voire le nuisible (il faudrait l’éjecter ?)
Parlons d’abord du premier appelé l’inefficace. Dieu merci, il a réussi au recrutement de la fonction publique. Maintenant, il sait que, quel que soit son rendement, il aura son salaire à la fin du mois. Il se débrouille chaque jour pour grappiller un peu de temps ; soit venant en retard, soit pour des raisons diverses, partant avant l’heure. La plus grande partie du temps, il papote, refusant surtout de raisonner, de mettre de la conscience et du professionnalisme dans son boulot en cherchant les moyens d’amélioration. Son plus grand centre d’intérêt est la montre accrochée au mur qui ne va jamais assez vite. Il reçoit mal les usagers de l’administration sauf ceux qui lui sont recommandés pour des contingences diverses et ne se rend même pas compte que ce sont ceux-là qui ralentissent son travail et le rendent inefficace à force de l’amener à faire du favoritisme alors qu’un travail objectif et consciencieux aurait permis à tous les dossiers d’avancer. Sert-il vraiment à quelque chose dans l’administration ?
Il y a l’oublié qui est aussi l’abandonné ou l’indifférent sinon l’aigri. Il a l’impression qu’on ne s’intéresse pas à lui et on ne reconnait pas assez ses compétences. Il y a beaucoup de vrai dans cela car, lorsqu’on se retrouve avec une nouvelle équipe, assez politisée avec un responsable dont le talent technique réside dans son activisme politique et qui a, soi-disant, « mouillé le maillot » (Je n’ai jamais compris cette expression et pourtant j’ai beaucoup de maillots !), on se retrouve souvent dans une réelle difficulté de travail. Pour une large part, ces responsables médiocres en termes de compétences administratives n’arrivent pas à identifier les personnes utiles et écartent souvent les ressources humaines qui semblent compétentes et qui leur paraissent plutôt subversives et défiant leur autorité ! Le cadre, alors, se renferme et attend les jours meilleurs. Cet homme ne sert pas l’administration et souvent vaque à d’autres occupations. En même temps, il aurait été utile pour lui de chercher des créneaux pour avoir et prendre des initiatives.
Il y a enfin, le Sphinx, le béni, l’oint de Dieu. Il a été nommé, compte tenu de plusieurs contingences et d’opportunités par la seule autorité élue par le peuple à savoir le Président de la République. Mais lui pense que c’est parce qu’il est un génie avec les qualités citées plus hauts. Son entourage servile le lui répète et alors, dans ses bureaux capitonnés, il plastronne, nomme, dégomme et tout simplement tyrannise les cadres techniques et centraux de son administration. Quand il appelle, c’est pour trancher ; il écoute mais n’entend jamais ses administrés et même les acteurs et partenaires sociaux. Il a des conseillers qui savent lui passer de la pommade et qui l’embourbent. Le même exécute les ordres des plus hauts que lui avec servilité et inutilité car, il exécute mal les ordres qu’il reçoit, sinon les travestit en ne cherchant pas à les analyser et à les éclairer avec les techniciens à son service et les personnes de bons conseils. On se retrouve avec quelqu’un qui fatigue tout son entourage et on se dit que le temps viendra où, descendu de son piédestal, même son téléphone le lâchera car il ne sonnera plus.
Tout ce monde à l’évidence ne suivent pas les principes et mélangent les relations personnelles aux relations fonctionnelles. Qui est le plus inutile ? En est-il qui soit nuisible ? On comprend en quoi on peut se permettre de dire qu’il n’y a quasiment pas de compétences dans nos administrations. Moi je serai plus optimiste : il y a beaucoup matière à restructurer et à orienter et on aura des compétences. En même temps qu’on doit responsabiliser les agents et cadres d’une administration, il est impérieux de mettre en place un mécanisme qui demande des explications à l’autorité de tutelle sur la mauvaise utilisation des processus, des procédures et des ressources humaines. Pourquoi ne suit-on pas l’organigramme et n’utilise-t-on jamais certains cadres qui existent ? Nous avançons mais, sur le chemin, il y aura « des pleurs et des grincements de dents ».

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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