L’Homme, le Pouvoir, la Liberté et Dieu !

Je voudrais échanger avec vous, cette fois-ci, sur la liberté ou plutôt les degrés de liberté et cette liberté suprême que donne le pouvoir. Je sais que certains ne me comprennent pas encore et sont dans les grandes théories selon lesquelles tous les hommes sont libres et égaux devant la loi.


Il y a une question que plusieurs d’entre nous se sont posés au regard des agissements de certaines personnes et personnages de la société: On s’étonne de leur propension maladive à chercher à accumuler les richesses et à la limite, on s’exclame ! Mais que veulent-ils faire avec autant d’argent ! Ensuite, ces hommes cherchent des entrées dans la politique, montent de plus en plus haut et continuent à amasser encore plus ! Ils deviennent carrément politiciens ou, font mieux: ils manipulent à leur guise princes, présidents et autres élus nationaux et locaux, éminences morales et religieuses, etc. Et c’est ça la liberté suprême que donne le pouvoir. On voudrait s’exercer à être Dieu sur terre !
Lorsque nous examinons, de nos jours, de quelle liberté chaque être humain dispose, on se rend compte avec horreur (le mot n’est pas trop fort) à quel point, non seulement l’homme ( l’être socialisé), mais ensuite l’individu (l’être unique psychique) perd chaque jour des larges pans de sa liberté.
Tout d’abord, il y a cette «liberté automatique» que nous recevons à la naissance et dont on nous parle tout le temps et que j’ai évoquée plus haut à savoir que dans une société, nous semblons partir avec les mêmes chances. En réalité, cette chance est plus grande dans un palais que dans une chaumière et vous partez nécessairement avec un handicap lorsque les parents n’ont pas les moyens.
Ensuite, il y a cette liberté énorme que chaque être possède en tant qu’ayant une autonomie de pensée qui fait que, même lorsque vous êtes en prison, vous possédez encore les moyens d’insulter en votre for intérieur votre geôlier sinon, de réfléchir à comment vous en sortir. L’exemple le plus célèbre est celui de Galilée qui, lorsqu’il avait été condamné par les juges à se dédire de sa théorie sur le mouvement terrestre, a murmuré en sortant ce qu’il pensait en son for intérieur: «Et pourtant, elle tourne». Toutes les sciences poussent aujourd’hui et ont beaucoup progressé à réduire cette liberté que constitue notre autonomie de conscience en usant de méthodes diverses: intimidations par des idéologies répressives à travers les medias, le matraquage sécuritaire qui nous empêche de penser; les publicités mensongères qui nous demandent de nous divertir, de jouer, de consommer diverses drogues (cigarettes, médicaments récurrents et autres) car nous sommes heureux et libres, etc. Ainsi, l’individu aujourd’hui est comprimé, opprimé, sécurisé, angoissé et diverti de telle façon qu’il ne s’intéresse, sinon qu’on ne l’intéresse qu’à l’inessentiel en créant à son niveau une dialectique peur-sécurité/divertissement-apaisement.
Vous comprenez pourquoi, partout, nous avions du divertissement : églises diverses qui prêchent la pauvreté, media baignant dans le stupre et pleins de dieux du sport qui nous occupent et nous préoccupent plus que notre famille. Notre conscience aliénée ne réfléchit pas, c’est-à dire n’a plus d’autonomie et donc, ne connait plus le sens de la liberté.
Mais alors, pendant ce temps, des êtres immoraux ou plutôt amoraux dépassent le stade des valeurs habituelles pour un seul but : le pouvoir i.e. la liberté quasi-totale que donne les moyens économiques inimaginables par le commun des mortels, besogneux et heureux de boucler les fins de mois, de vivre dans sa propre maison et d’aller au temple le dimanche pour donner la quête à des pasteurs qui ont vendu leurs âmes et qui ne croient qu’au «dieu argent» ou encore ce que vous appelez «veau d’or» et qui répètent à satiété la première béatitude qu’ils amputent allègrement: «heureux les pauvres»!
Je ne sais pas si vous avez compris que le pouvoir donne cette liberté hors du temps et de l’espace de telle façon que l’être de pouvoir peut manifester sa liberté dans n’importe quel pays et à tout moment. Ainsi l’immense richesse donne le pouvoir; le pouvoir donne la réelle et totale liberté et cette liberté tutoie Dieu dans son intensité, mais heureusement meurt dans son immensité. Avons-nous besoin de ces genres d’hommes ? Je ne sais pas, car ils ne procurent que ruine morale et spirituelle. Commençons par avoir conscience que leurs menaces sur nos vies sont partout et toujours !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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