Perte des valeurs morales : troisième réponse

Dans notre troisième chronique sur l’identification de quelques repères sur la perte des valeurs morales, nous nous appesantirons sur l’environnement de nos enfants, notamment ceux économique et social.

Vous vous attendez surtout que je parle de toutes les contingences sociales qui les entourent, les influencent et les compromettent. Oui ! Toutes ces influences n’auraient pas été possibles si ces enfants étaient pris en charge. Récapitulons : Nous avions donc d’abord insisté sur la cause racine qui va consister à développer leur intelligence et leur autonomie de conscience; ensuite, nous avions évoqué les différentes sortes d’interventions et enfin, nous voulons soutenir que ces enseignements moraux seront nuls et de nul effet si on ne les prend pas en charge socialement et surtout économiquement.
Il est vrai que nous nous sentons interpellé par les influences que nos enfants subissent à tout moment (chaque jour, chaque heure, chaque instant) et partout où ils fréquentent (maison, école, rue, etc.). Ces influences seront moins porteuses si, comme nous le répétons indéfiniment, ils arrivent à avoir une autonomie de pensée face à ces dangers que sont les tentations. En même temps, le problème principal qui se pose est de savoir si nos enfants sont occupés, sont soutenus socialement et économiquement. Il y a ceux qui vont à l’école et n’ont pas fini, mais il y a ceux qui ne sont jamais allés à l’école compte tenu de plusieurs situations et aussi ceux qui ont dû s’arrêter et qui cherchent à apprendre un métier.
Pour ceux qui vont à l’école, la situation difficile, intenable est cet apprentissage déraisonnable qui tend à comprimer l’enfant qui recherche une échappatoire dans l’évasion que donne tout ce qui participe du ludique (media, mauvaises compagnies, etc.). Quel que soit l’environnement économique dans lequel il vit, s’il n’est pas globalement bien entouré par des parents attentifs et qui ne sont pas chaque jour dehors jusqu’à des heures tardives sous prétexte de travailler, il risque de suivre de mauvaises voies. Dans le cas d’espèce, les situations sont multiples et multiformes dans les milieux urbains où la distance entre le lieu de travail et la maison, les familles dénucléarisées ou multi polygamiques, posent encore problème.
Dans nos contrées rurales, il y a des situations terribles et ce sont ces situations qui nous interpellent surtout. Il y a le cas des enfants qui veulent continuer les études dans les chefs lieux de département et qui sont, très tôt livrés à eux mêmes, vivotant et prenant des habitudes et des attitudes déplorables; les jeunes filles se livrant pour quelques pauvres billets afin de pouvoir continuer à fréquenter. Mais comment continuer régulièrement les cours quand vous passez des nuits à la merci du premier chauffeur de passage! Et, pendant ce temps, les garçons sont aides maçons, cultivateurs, etc.
Bref, beaucoup abandonnent les cours et vont grossir les rangs de ceux qui, compte tenu de plusieurs contingences, n’y sont même pas allés. Tout ce monde, sans diplômes, sans avenir et sans télé,tournent autour du village, forniquent à souhait et peuplent le Bénin avec d’autres enfants mal nés.
Ceux qui ont pu acheter, je ne sais pas par quel alchimie, un portable android, entretiennent la flamme de la débauche et en fin de compte, ni aucun politique, ni aucune politique ne vient s’occuper d’eux et on parle de perte de valeurs morales.
Il aurait été souhaitable de les recenser et de chercher à les former; à leur proposer des projets viables. Ce que nous voulions signifier, c’est qu’aucune entreprise qui aurait pour but de parler de la perte des valeurs morales ne pourrait le faire si elle ne fait pas attention aux situations coercitives qui amènent une bonne frange de la population à vivre dans le manque total d’horizon et donc d’espoir. Dans un milieu comme le Mono-Couffo, il n’existe pas, par exemple,d’écoles alternatives ou dit de la seconde chance couplées avec des lieux de formation en plusieurs offres agricoles et artisanales de type PAEFE.
Et pourtant, les besoins sont grands, les ONGs d’accueil existent ou peuvent se mettre en place et les potentialités économiques sont là. Vous voulez que les enfants connaissent et obéissent aux règles de la morale? Alors, faites attention à eux, formez-les et ils vous écouterons.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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