Perte des valeurs morales : deuxième réponse

Dans ma première chronique sur la perte des valeurs morales, j’ai insisté sur l’existence des principes moraux qui sont immuables, mais qu’il est utile d’adapter à l’évolution d’une société mondialisée et aux milieux dans lesquels on vit.

Je me suis appesanti sur la cause racine de cette déliquescence que nous observons dans nos sociétés à savoir que les différents pouvoirs qui existent aujourd’hui (économique, politique et religieux qui sont en étroite connexion) nous enlèvent chaque jour ce qui fait l’homme à savoir notre autonomie de conscience qu’on peut nommer encore notre libre arbitre ou encore notre capacité de penser par nous-mêmes.
On doit en conclure que l’éducation est d’abord et avant tout l’élévation de l’esprit qui pense donc et intériorise la morale comme souverain bien sinon, on se trouve devant des préceptes vides de sens et que la première distraction, le premier ennui, la première opportunité balaie. Nous voyons à quel point notre éducation, quel que soit le lieu (l’école, la rue, la maison, les communautés) doit insister sur la qualité d’êtres humains que nous sommes c’est-à-dire d’animaux de raison et de conscience : c’est dans cette identité unique et remarquable qu’il s’agit d’intérioriser les préceptes moraux. Ainsi, lorsque vous élevez des animaux, ils acquièrent un ensemble de règles ou attitudes que vous, le maître deviez être là pour diriger. Mais un jour, son instinct purement animal c’est-à-dire sa nature prend le dessus et alors le lion dévore son maître le chien pitbull attaque des gens dans la rue. Mais un être de raison prend très souvent la bonne décision morale.
Maintenant revenons sur la prise en charge de nos enfants à qui nous voulons inculquer ces valeurs morales. Deux écueils nous attendent : faire attention aux «types d’enfants» que nous avions devant nous et faire attention à leur prise en charge économique et sociale .
Nous avions donc décidé d’éveiller leur conscience c’est-à-dire leur capacité de raisonner. Nous allions alors apporter notre message à trois types d’enfants ou de cibles. La première cible est celle de l’idéal : il s’agit donc d’inculquer à ceux-ci les valeurs de base de la société : celle de l’honnêteté, du dialogue, de la tolérance, de la justice et de l’amour et montrer qu’il s’agit de faire la part des choses tant que ces valeurs se rapportent à soi. Vous me direz que j’ai oublié l’essentiel à savoir la connaissance de soi, de son corps et de son hygiène et de certaines situations intimes qui nous interpellent : c’est cela l’éducation sexuelle que la quasi-totalité des parents ne savent pas donner avec patience et objectivité. Il faut connaître pour éviter. Vous me direz comment trier les enfants et découvrir ceux qui sont réceptifs à ce message. En réalité, ce message s’adresse d’abord à tout le monde et avec l’expérience et les questions, on parvient à identifier ces enfants, qui, appuyés par d’autres contingences ou opportunités : la religion, l’attention des parents etc., sont réceptifs.
Le bon éducateur repère aussi, assez vite la deuxième cible de ceux qui l’écoutent de manière désabusée ou effrontée ou encore détachée, voire troublée et il se propose toujours à la fin du cours pour rencontrer ceux qui veulent poser des questions particulières. En fait, il s’agira très vite de construire un second discours pour un auditoire plus grand en réalité qui va consister à réparer ce qu’une certaine société corrompue, avide de débauches et de compromissions a déjà déviergé : ainsi des enfants qui ont sauté le pas dans des circonstances personnelles : incestes divers, mauvaises compagnies, envie d’un portable android etc. Il faut un autre discours qui apprend, qui comprend et ne juge pas et qui surtout aide à se sentir toujours membre de la société. Cette cible de la réalité est difficile à gérer, mais pleine de ressources.
Enfin, il y a la troisième cible à savoir celui de l’opportunité : il peut facilement basculer compte tenu du milieu, des contraintes et contingences rencontrées. Il écoute, ne comprend pas trop et se laisse vivre à travers les amitiés avec un principe du plaisir développé. Comment sauver ces âmes innocentes exposées !
Je pense qu’une autre chronique ne serait pas de trop pour en parler et exposer les aspects de l’environnement social qui nous interpelle ici.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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