Perte des valeurs morales : première réponse !

Il y a une dame de grande qualité, très pieuse et très active socialement qui, à chaque fois que nous nous rencontrons, se désole pour la perte des valeurs morales qu’elle constate à travers notre société.

Elle souligne tout le temps ceci : éduquons les jeunes, inculquons leur l’essentiel des valeurs à travers un travail d’information, de communication. Le jeune doit comprendre, doit être éclairé sur comment se comporter dans la société. Elle estime donc que nous devions rassembler les jeunes autour des messages essentiels de probité, de respect de soi et de son intégrité physique et spirituelle car «tout vient à point à qui sait attendre».
Le souci exprimé nous interpelle de plusieurs façons, mais je voudrais en identifier deux à savoir celui de la perte des valeurs morales et celui du message qui doit aller vers nos jeunes et d’ailleurs à des moins jeunes.
En réalité, nos valeurs morales existent bel et bien aujourd’hui mais en même temps, il faut les contextualiser dans le temps (c’est-à-dire notre société de consommation : media par exemple) et l’espace (le village, la commune ou la contrée dans laquelle vous vivez et ses spécificités).
Ensuite, il est utile de faire attention aux différents aspects de l’éducation qu’on voudrait donner aux enfants, car on se retrouve dans une situation où il ne s’agit plus seulement de prêcher l’idéal qui réside dans la citation donnée ci-dessus, mais prendre en compte les autres encore plus nombreux qui n’ont pas attendu et qui ont été «soumis à la tentation» et ceux qui malgré les messages, y succomberont par naïveté ou opportunité.
Nous nous retrouvons, en réalité, devant trois types de cibles lorsque nous voulons éduquer : ceux qui vont comprendre et suivre le message (malheureusement la minorité ) ; ceux qui sont déjà perdus pour le message, ayant franchi des portes du non retour et les derniers qui balancent entre le principe de plaisir (argent, portable, chawarma gratuits) et le principe de réalité.
L’éducation que nous devions donner est donc plurielle : il y a donc l’idéal des valeurs morales à prôner, mais il y a le relèvement moral de ceux qui ont fauté et le suivi régulier de ceux-là qui sont ouverts, souvent malgré eux, à la tentation.
Comment donc gérer toutes ces situations lorsqu’on se rend compte que les enfants vivent des situations différentes ? En réalité, on doit bâtir sur les mêmes principes moraux qui existent depuis les temps immémoriaux et qui se retrouvent dans les livres saints, dans les valeurs de toutes les cultures et dans la conscience de tout un chacun de nous. En effet, la première règle morale a été dictée par nos consciences individuelles et posée comme un principe de base qui nous distingue des animaux : c’est celle de la prohibition de l’inceste (interdit d’avoir des relations sexuelles avec les parents proches) comme l’a souligné Claude Lévi-Strauss.
A partir de là, toutes les règles sociales qui fondent les cultures ont été fixées. La morale est donc instinctivement en chacun de nous, et dès le bas-âge , l’enfant commence lentement par avoir conscience de la faute ; du permis et du défendu : je soutiens que c’est la conscience raisonnée en acte qui fonde, fixe et oriente l’acquisition de la conscience morale.
Malheureusement, ce qui pose véritablement problème, c’est que nous sommes dans une mondialisation de la consommation immédiate et anarchique où tous les moyens sont mis en place pour annihiler notre conscience, notre raison. La morale a été assujettie à l’économique et au politique où il n’y a qu’un principe : la rentabilité ou encore l’efficacité.
Ainsi, la cause racine de la perte des valeurs morales est d’abord la perte de notre capacité de raisonner, c’est-à-dire de prendre conscience de ce qui nous abêtit et nous refuse la qualité d’être humain.
Ainsi, la régénération des valeurs morales passe par un développement de notre libre arbitre et ceci à l’école, dans la classe en montrant à l’élève qu’il est venu acquérir non pas le savoir, mais la capacité de conscience; d’être un être raisonnable. C’est peut-être cela qu’on appelle des compétences, mais alors on s’y prend très mal dans nos pays entre des curricula surchargés, des manuels et cahiers d’activités à n’en plus finir et des répétiteurs qui passent le temps à matraquer ! On retient alors qu’à tous les enfants, il faut d’abord l’élévation de la conscience et de la raison dans les enseignements et ensuite l’exemple des parents, sinon des leaders d’opinion.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

 

 

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