Le cœur a ses raisons que la raison doit connaître

Dans une des anciennes chroniques, j’ai presque soutenu que c’est la force de la raison qui nous permettait de continuer à faire notre devoir vis-à-vis de nos enfants et non seulement l’amour que nous leur portons.

Et pourtant, dans la chronique précédente, j’ai insisté sur l’importance des sentiments que nous additionnons à cette raison pour obtenir une éducation réussie. Faisons bien attention : nous avions avec ces deux facultés, que tout semble opposer, mais, qui, en réalité, se soutiennent, les deux plateaux d’une même balance.
Ce que chacun de nous devrait mieux utiliser, ce sont ces deux facultés !

Etes-vous trop raisonnable dans votre vie de tous les jours, alors vous voulez tout expliquer par les théorèmes, les lois de la nature, régenter tout autour de vous parce que vous aviez un tant soit peu réussi à l’école. Vous avez toujours raison, vous expliquez tout et même votre femme, vous l’avez choisie parce qu’elle a un beau plastique et elle vous écoute, sans oublier qu’elle vous fera de beaux enfants. Je n’ose pas imaginer vos moments d’intimités, car parce que déjà, vous conduisez tellement mal votre voiture à force de vouloir interpréter à votre guise le code de la route, qu’elle sera une spectatrice résignée et frustrée en d’autres lieux obscurs. Bref ! Vous fatiguez tout le monde !
Etes-vous trop sensible ? Vous aimez tout le monde et en fin de compte, personne sauf vous-même que vous maltraitez à longueur de journée. Cela ne vous empêche pas d’aller à l’école du blanc et si vous ne finissez pas prêtre, c’est parce qu’on a vite reconnu en vous un réel danger pour les serviteurs du sexe opposé de notre divin Seigneur. Vous donnez une mauvaise éducation à vos enfants en les laissant faire, car celui qui prétend aimer, pardonne tout !
Toutes ces descriptions sont caricaturales et tendent à camper certains travers et il s’agit alors de vous amener à comprendre que notre existence de chaque jour doit faire appel à deux pendants de la même pièce, à savoir le cœur et la raison, pour monnayer les actes de tous les jours. Je voudrais même soutenir qu’il faudrait pencher la balance vers le cœur quand il s’agit de votre entourage proche c’est-à-dire mettre un peu plus de rigueur dans les relations personnelles, dans les relations fonctionnelles (travail). Il est vrai que certaines circonstances de la vie peuvent influer fortement sur cette recherche de la justice et de l’honnêteté que nous souhaitons manifester à travers une conscience à la fois psychologique (raison) et morale (sentiment) lorsque des personnes malhonnêtes et malintentionnées abusent de vous.
Je me souviens, il n’y a pas longtemps, d’une situation où une personne ayant beaucoup donné son cœur s’est retrouvée flouée pendant de longues années et lorsque bien plus tard, il s’est agi de redonner son amour, la raison ; la terrible raison reprenait rapidement le dessus sur ses sentiments naissants. Du coup, ce qui a été promis hier sous le coup d’une vague de sentiments était effacé le lendemain. Alors, se pose à nous l’éternelle question : la raison, précise, rigoureuse efficace ou le cœur, faible, trop humain. Pour vous convaincre, je vais prendre deux exemples tirés de la Bible et dont vous pardonnerez l’interprétation plutôt tendancieuse.
Ainsi, l’un des passages les plus formidables des Saintes écritures fut le fameux combat entre David et Goliath. La victoire du premier est l’expression même du courage et de la justice. Il répond et satisfait notre rationalité en même temps qu’il est porteur de développement, car on connait l’histoire de David.
En même temps, l’examen de ce passage de 1 Samuel 17 au regard de la parole de Jésus-Christ Seigneur dans Matthieu 5-7 (le cœur et le résumé de toute la Sainte Bible) nous plonge dans une autre vision des choses. La raison dans sa fierté resplendissante et implacable qui mène à la victoire c’est-à-dire qui tue, coupe la tête et anéantit les ennemis et cause des dégâts collatéraux (des innocents sont sacrifiés en sus) ou l’appel du cœur qui mène non pas à la soumission (tendre l’autre joue), mais au dialogue c’est-à-dire la solution de l’apaisement.
Deux choses pour terminer : tout d’abord, si j’ai utilisé des références de la Bible, ce n’est pas parce que je m’adresse seulement à des hommes de foi, mais parce qu’il contient fondamentalement des principes moraux que nous respectons tous. Ensuite, je m’adresse aux croyants en soulignant que toute foi, qui fonde sa croyance dans le respect et le rapport au seul Seigneur en négligeant le monde, les autres hommes est inutile, voire nuisible, car il est vrai que Dieu nous parle dans les églises et les temples, mais il nous récompense pendant nos actions vers, dans et pour le monde.


Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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