L’impérative régulation des flux !

Chacun s’accorde à dire que l’éducation est la chose la plus essentielle au monde : elle est le moteur de tout développement, qu’il soit individuel, communautaire (lié à un milieu circonscris), social (lié à une culture ou un pays) ou planétaire.

Je distingue parce qu’il n’y a pas seulement une éducation, mais des éducations qui se rencontrent, s’entremêlent, ou impérialisent d’autres (comme ce que les peuples africains trop pacifiques, en définitive, ont subi et continuent de subir), etc. Ce qu’on peut retenir, c’est que toute éducation est nécessairement à priori, une réponse positive pour polir l’individu ou les sociétés ; nous départir de l’inné et nous donner un acquis qui révèle le caractère unique de ce qu’est l’homme : un être de raison et de conscience.
Désolé ! Je suis parti de trop loin pour évoquer ce qui me préoccupe. Je voudrais faire remarquer cette réaction curieuse et contradictoire qui consiste en ce que lorsqu’on parle de l’éducation, tout le monde s’estime compétent : on donne des leçons pour mieux prendre en charge les jeunes par-ci, on ergote sur la psychologie de l’enfant par-là, et on est même prêt à aller prendre la craie à la place de l’enseignant. Dans le même temps, après avoir évoqué la rigueur qu’il faut employer pour les mettre sur le bon chemin, les mêmes parents qui, pour la plupart se sont contenté de payer, vaille que vaille, la scolarité de leurs enfants, veulent que tous passent en classe supérieure et réussissent leurs examens. Le reste ne les intéresse pas. Ils ne connaissent même pas les ministères qui sont en charge de l’éducation ! Ne pensez pas que je parle de l’enseignement ou de l’instruction seulement, mais de l’éducation et on l’acquiert pour une bonne part, de nos jours, à l’école.
En effet, l’éducation de nos jours, se réduit, selon les parents, à ce que donne l’école pendant qu’à la maison, les enfants sont livrés aux bonnes (domestiques) qui elles, sont livrées aux meuniers, aux vulcanisateurs et autres jeunes du quartier. Après, on soutient qu’on élève les enfants parce qu’on confond l’élevage (on donne à manger) à l’élévation (on éduque).
Occupons nous véritablement de l’éducation de nos enfants et sachons nous impliquer dans les différentes étapes en partageant les tâches entre la mère et le père : qui et quand vient-on à la maison, qui et quand va-t-on chercher les enfants à l’école ; quand mange-t-on ensemble, sors-t-on ensemble ; quand va-t-on à l’école vérifier le travail de l’enfant, etc.
En même temps, l’éducation a une dimension personnelle ou familiale et une dimension collective. Je donne un exemple : lorsqu’on se retrouve devant les résultats des différents examens, la réaction individuelle et collective n’est pas la même : ainsi, les résultats aux différents examens ont donné le sourire à bon nombre de foyers. Le politique s’est réjoui et a surfé sur ces satisfactions individuelles qui sont devenues des satisfactions générales. Erreur !
La somme des problèmes qui se posent à nous avec ces résultats un peu trop avantageux, est de savoir, en définitive, comment caser tous ces élèves dans des classes. En termes plus technique, on se demandera si l’offre qui sera proposée va répondre à la demande ? L’Etat a-t- il le moyen de recevoir dans ses écoles ce nombre quasi-exponentiel alors que nous n’avons pas assez de classes secondaires, pas assez d’enseignants, pratiquement pas d’offre technique suffisante et variée au secondaire. Au supérieur, tout le monde voudra aller à l’université. Quelles sont alors les débouchées possibles, nouvelles, attractives sans compter nos étudiants hybrides qui ont obtenu des BAC inadaptés à leurs véritables formations.
Que de problèmes, mais il est connu que toute solution amène toujours d’autres problèmes. Le souci ici, c’est de ne pas laisser le système résorber tous ces enfants par défaut, en renvoyant les problèmes à plus tard. Il s’agira plutôt de mettre en place des cellules d’étude et d’approche de la situation. A long terme, on sera obligé d’essayer une solution qui existe depuis longtemps et qu’aucun système, dans nos pays africains, ne veut essayer à savoir la régulation des flux. Pour parler simplement et donner un exemple, tout le monde ne peut pas prétendre aller, ni à l’université, ni dans l’enseignement secondaire général ; on va mieux filtrer, établir des quotas et fermer certaines portes. On arrivera alors à une véritable cohérence entre nos possibilités véritables et nos besoins réels pour une adéquation entre les formations diversifiées et adaptées et les emplois disponibles.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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