Chers partenaires, merci d’avoir osé !

Quand on dit Coopération Suisse, Helvetas et PAEFE, d’aucuns diraient voilà les habituelles incantations à la gloire de ceux qui nous aident sans nous donner ou qui nous donnent sans nous aider.

Franchement, pour une fois, j’ai décidé de tirer mon chapeau à une trinité qui fait, silencieusement, des miracles dans notre pays. Lorsqu’on m’a invité à venir voir, je me disais que j’allais encore manger de petits fours et m’empiffrer de plats aussi compliqués qu’insipides qu’auront à payer la génération de mes petits-fils et arrières petits-fils. Alors, le miracle s’est produit.
Ainsi, à la manière de l’autre Trinité plus sainte, j’ai assisté à une profession de foi où des institutions étrangères ont décidé charitablement de s’occuper d’un pan de notre éducation que nous avions continué à négliger jusqu’à ce jour, à savoir les alternatives éducatives. Bon, moi aussi, je n’aime pas ces expressions qu’on ne comprend pas au premier abord. Ici, on veut parler des écoles de la seconde chance, sinon de l’éducation non formelle qui consiste à scolariser la frange de la population qui, compte tenu de plusieurs contingences, (manque de moyens et d’opportunités notamment) n’a pu aller à l’école.
Depuis longtemps, ces structures ont investi dans ce domaine sans la présence financière de l’Etat, mais avec sa bénédiction. A ce niveau, il faut avouer que l’Etat n’avait pas les moyens de cette politique et les documents de planification évoquaient la situation sans en proposer de réelle prise en charge. Mais la roue de l’histoire tourne: avec un lobbying efficace, ces institutions ont promu dans le nouveau document de planification de l’éducation béninoise appelé PSE 2018-2030, une architecture éducative plus complète où cette problématique se retrouve. Ainsi, après avoir œuvré des années plus ou moins en marge, ils ont maintenant pignon sur rue et ont décidé de recenser et de mutualiser les énergies.
La première étape va consister à élaborer un document de stratégie en invitant la large masse de structures qui s’occupent des délaissés de l’école, quelle que soit la méthode mise en place. Vous vous dites, encore un document de plus. Non, c’est la démarche à suivre car il s’agira de diagnostiquer et de systématiser les différentes approches pour arriver maintenant à une unicité d’actions car ensemble, on est plus fort. Si vous connaissez et œuvrez dans ce domaine, réagissez car, il ne s’agira pas d’imposer un seul type d’action, mais de voir quels sont les différents types d’actions et vers quel consensus devrions-nous aller pour atteindre le grand nombre.
Ce qui est inquiétant ici, c’est ce grand nombre d’exclus du système éducatif qui se comptent en centaines de milliers! Vous m’objecterez que, est-ce que tout le monde a besoin d’aller à l’école pour réussir dans la vie ? Je vous dirai oui dans le contexte dans lequel nous vivons. Il ne s’agit pas d’aller à l’école pour devenir un docteur de l’université, mais savoir lire et écrire de manière irréversible pour que, en tant qu’artisan, fermier, entrepreneur, agent ou cadre d’entreprise, boy ou bonne (Eh oui! ce sont eux ou elles qui éduquent vos enfants à la maison), nous puissions faire, comprendre et développer le travail que nous faisons. L’évolution de chacun de ces déscolarisés est notre évolution à tous.
En ce moment, les institutions qui s’en occupent n’ont pas encore atteint un nombre véritablement important. Elles le souhaitent; ce qui signifie que c’est avec l’aide de toutes les parties prenantes que cela peut se faire, à savoir les municipalités, les communes, les acteurs de l’éducation comme les parents d’élèves et tout cela en accord avec l’Etat. En même temps, de la même manière dont l’Etat s’occupe de l’école formelle, il aura à mettre en place et à consolider avec ceux qui nous aident et promeuvent les alternatives éducatives, des passerelles institutionnalisées et pérennes pour que vive l’universalisation de l’école.
Je m’en voudrais de ne pas citer d’autres structures internationales comme UNICEF, Aide et Action et PLAN Bénin qui ont été partie prenantes de cette large concertation de départ. L’espoir est donc permis et nous suivrons pour vous jusqu’à la fin, la mise en place de ce chantier plus global et plus efficace pour la prise en compte de chacun et de tous. Chers partenaires, merci d’avoir osé; nous serons avec vous!

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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