Charité ou justice : Que choisir?

En tout cas mes sœurs, mes frères et ami(e)s, faites des enfants et faites vite vos enfants!

Moi, je suis de la vieille école, c’est-à-dire celle qui pense que l’enfant est un trésor malgré les statistiques et les manœuvres d’un certain monde qui semble nous le déconseiller. On peut faire ce débat mais je soutiens, mordicus, que ce que nous pouvons encore faire en Afrique, ce sont les enfants qui vont peupler cette terre aux dépens de civilisations que nous nourrissons et qui s’imposent à nous (pauvreté, sida...) et nous avilissent (terrorisme, religions), etc. Mais, là n’est pas mon propos en ce moment.
A la retraite, je me retrouve encore avec mes enfants qui continuent d’aller à l’école et quoi qu’il en soit, il s’agit de leur donner la meilleure formation possible en accord avec mon conjoint. Cela est difficile et renvoie à une question essentielle: Devions-nous aider nos enfants à évoluer par amour ou par devoir ? Si je voulais profiter pour identifier la terrible problématique qui nous terrorise en classe de philosophie, je dirais que se pose à moi la question de savoir si c’est la charité ou la justice qui doit guider mes actes vis-à-vis de mes enfants ou d’ailleurs de toute autre personne.
Dans l’une des plus belle pages de la Bible à savoir le premier Epitre de Paul aux Corinthiens, en son chapitre 13, il a été démontré et consacré que l’amour est la plus grande et la plus puissante des valeurs (même devant la foi) qui fonde l’homme et qui devrait guider ses actions vis-à-vis des autres. Ce qui donc m’amène à m’occuper de ma famille, c’est donc ce sentiment fort et ultime que je leur porte. Ainsi, parce qu’ils représentent un autre moi, je m’efforce partout et toujours de les aider à s’élever. Ce n’est pas ma raison qui me parle, mais ce sentiment atavique qui me pousse à œuvrer pour eux. Mais alors, si je ne les aimais pas. Si quelque amour nouveau m’incline ailleurs ou que leurs actes avec le temps me rendent haineux ou indifférent, que va-t-il se passer ? Ce qui constitue donc la charité que j’ai vis-à-vis de ceux-là va s’arrêter et disparaître, car je ne peux pas continuer à œuvrer, à m’investir pour ceux qui ne m’inspirent pas. Je m’arrête donc. Est-ce normal ?
Nous avons le cas de ces familles polygames où le père préfère s’occuper des cancres d’un deuxième ou d’un troisième lit qu’il croit aimer plus que tout et pour lesquels il investit, oubliant le reste des enfants qui cherchent à évoluer puisqu’il ne les aime pas. On se surprend à se demander si c’est seulement le sentiment d’amour qui doit être le moteur de nos actes.
En réalité, on doit regarder plus loin et ce qui doit nous guider vers nos enfants et nos proches voire autrui, c’est le devoir compris comme cette force raisonnée et raisonnable qui nous porte vers l’avant, parfois au détriment de l’amour ou du sentiment (charité) ou encore du ressentiment (haine) qui nous pousserait à agir envers les autres.
Dans le cas d’espèce, il faut à l’évidence faire son devoir vis-à-vis de nos enfants et le faire quoi qu’il nous coûte: L’enfant qui nait, que nous l’ayons désiré ou pas, doit bénéficier de tout ce qui va dans le sens de ses besoins pour vivre et s’intégrer à la société sans oublier l’essentiel à savoir son éducation i.e. son intégration à la société. Sinon, il ne pourra jamais réussir. Certains pourraient rétorquer alors: si on n’a pas les moyens pour faire son devoir vis-à-vis de tous les enfants, il faut bien sérier ! Nécessairement, on les a toujours et les aléas (plusieurs femmes et beaucoup d’enfants ou les désamours) sont l’expression d’un déni d’éducation et l’inconscience du devoir. Le devoir prime-t-il sur l’amour alors ? Il y a deux réponses à cette question.
Il y a la réponse que je donne aux croyants, c’est celui du devoir de l’amour qu’on retrouve dans Romains 13 v 1-8. « Rendez à chacun ce qui lui est dû ». Ici, on ne parle pas d’un sentiment, mais il s’agit de l’expression d’une volonté qui veut agir, aider, pardonner et surtout mettre les intérêts des autres en avant.
Aux non croyants, je m’interroge sur cette société où l’on passe le temps à revendiquer les droits sans se préoccuper des devoirs que cela suppose et comme le souligne l’autre, c’est dans le devoir qu’on se prescrit que se trouve notre liberté, à savoir la réalisation de soi.

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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