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Ciao Pantin

Le plus grand problème que vous et moi avions, c’est que nous sommes instruits mais pas cultivés.

Qui connaît parmi vous ce titre de film qui exactement est «Tchao Pantin». Je n’ai pas vu le film mais je sais qu’en son temps, il fut beaucoup apprécié. L’usage que je voudrais faire du titre n’a pas grand chose à voir avec son sens dans le film, mais l’expression est très parlante pour ceux qui connaissent le mot italien «Ciao» qui signifie au revoir et qui savent que «Pantin» signifie ce que nous appelons chez nous en fon «chichavi».
En ces temps joyeux en politique, nous retenons qu’un des plus grands «chichavi» vient de perdre pied. Quels que soit les noms, ils lui collent à la peau : Tombola ! Oui car il fallait avoir une redoutable chance pour accéder à son ancien poste. Ebola ! C’est vrai, il a tué autant en instaurant la pauvreté et la mort dans les quartiers et rues de Cotonou.
Ce personnage ubuesque qui, s’il avait été intelligent aurait compris qu’il participait à sa propre déchéance, a été jeté en pâture au peuple. Cette stratégie politique est sûrement efficace, car elle a polarisé l’attention des masses et nous a détournés pour un moment de l’essentiel. J’ai été le seul averti (ou naïf) pour me demander celui qui va désormais s’occuper de la ligne rouge, mais les réactions satisfaites de la plupart de mes concitoyens m’ont laissé dans l’expectative.
En fait, un problème se pose et trouve sa solution ici : tous les adages et les grandes théories ont montré que la blessure morale est de loin plus grande que celle physique de telle façon que celui qui vous lacère la cuisse d’un coup de couteau, provoquera une plaie qui va se cicatriser. A contrario, celui qui vous inflige une humiliation devant une large masse de personnes connues, inocule en vous une affection morale plus grande qui sera longtemps là. La situation que nous vivons est alors intéressante : nous vivons une satisfaction morale intense parce que, semble-t-il, on nous a débarrassés d’un tortionnaire, d’un personnage peu recommandable.
Ce qui me gène dans cette réjouissance quasi-unanime dans notre cité, c’est qu’on se rend compte que l’apaisement de la blessure morale n’est pas ici la panacée mais juste un calmant, car aussi vrai qu’on ne traite pas le paludisme avec du paracétamol, notre pauvreté à travers les déguerpissements, les violations de liberté, les violences contre les commerces, ne peut pas être traitée par une soi-disant satisfaction morale.
Quand nous cherchons, fouillons et creusons, on se rend compte que les vérités les plus solides ne résistent pas aux simples et dures réalités que vit le petit peuple. C’est pourquoi dans le cas d’espèce, je suis d’accord avec la redoutable machine judiciaire installée dans notre capitale qui juge, condamne et promet de payer les ayants droits.
Si l’on se réfère donc à ce procès médiatisé où en fin de compte les gens dits spoliés (par leurs bêtises) seront payés, je pense qu’il faut s’adresser à cette Cour redoutable pour que le tortionnaire ci-dessus cité répare ses torts c’est-à-dire ramène les femmes à leurs lieux de commerce initiaux et leur paie des dommages et intérêts pour leurs marchandises saccagés.
Rêvons grand dans un pays toujours plein de promesses. Qui va nous ramener le pain ? Comment retrouver notre bonheur perdu ? Moi ma solution, c’est ce CRI (ET) du cœur qui a payé les personnes qui ont mal placé leur argent. En attendant ce nouveau procès médiatisé qui nous ramènera le gîte et le couvert et surtout rapportera les déguerpissements qui nous ont fait tant de mal, je me dis que notre pays avance dans une démocratie qui, chaque jour, n’a même plus besoin d’opposition. Vive le Bénin hier, aujourd’hui et toujours !

Maoudi Comlanvi JOHNSON, Planificateur de l’Education, Sociologue, Philosophe

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