Ce moment passera-t-il !

Il y a une dialectique qui nous étreint voire nous asphyxie : c’est celle de l’impossible développement de nos pays dont nous avons toutes et tous conscience ! Cette idée a été déjà défendue par des auteurs comme Axelle Kabou dans son ouvrage : « Et si l’Afrique refusait le développement ». Tout en ne soutenant pas nécessairement ses thèses, je viens m’inscrire modestement, dans tous ces mouvements de pensée qui cherchent à décrypter ce que le philosophe togolais Kuakuvi appelle « Les racines du mal ».
Au fond, nos problèmes sont nombreux et sont évidemment hérités de la colonisation et plus antérieurement de toute cette falsification de l’histoire où l’Occident s’est fait fort, inventif, rationnel au détriment de nos sociétés présentées comme celle de l’émotion, de la danse et du stupre. Même nos propres frères y ont contribué consciemment ou inconsciemment, nous laissant cette épitaphe en guise de testament : « L’émotion est nègre, la raison hellène ».
Nos premiers dirigeants l’ont vite compris et ceux qui ont voulu se révolter ont payé de leur vie : L’Afrique continue à appartenir à ceux qui l’ont colonisée et ils en font ce qu’ils veulent.
Au-delà de toutes les motivations qui enfoncent chaque jour nos peuples exsangues dans la précarité et la misère non seulement matérielle et morale, je voudrais souligner un aspect qui pourrait s’éclairer au regard de ces moments d’élections que nous connaissons dans plusieurs pays d’Afrique. La question est de savoir s’il y a une réelle possibilité entre le besoin quasi-obsessionnel des dirigeants à se maintenir au pouvoir et la possibilité de développer nos pays ! Je sais qu’on me répondra par l’affirmative. En même temps, l’effort essentiel est tellement tourné vers la lutte pour le maintien au pouvoir qu’on se demande s’il y a encore de l’énergie pour le reste. Un peu d’explication fera comprendre un peu mieux l’équation quasi-impossible à résoudre.
Qu’un groupe cherche à perdurer au pouvoir est de bonne guerre. Cela n’est pas l’apanage de l’Afrique. Ce sont, peut-être, les méthodes qui sont différentes. En Allemagne et dans d’autres pays de l’Occident, cela ne pose aucun problème car c’est inscrit dans la Constitution et cela n’altère pas l’évolution de la société. Ce qui pose problème, c’est que pour y arriver, les méthodes utilisées ne sont pas nécessairement en harmonie avec les éléments de développement de la société.
Le premier problème à résoudre est celui de sortir du joug de l’allégeance faite aux puissances qui empêchent le développement des pays africains, notamment de l’Afrique occidentale. C’est facile à dire mais effectivement difficile à faire car aucun individu ne veut être soumis. Pas surtout nos dirigeants qui ont la chance de conduire nos peuples qu’ils savent pleins de ressources. Or il semble que le premier problème à résoudre pour se maintenir dans nos pays (heureusement pas au Bénin) est de donner des gages de passivité et de quasi-stabilité à ces puissances qui continuent à nous piller avec en retour l’allocation de quelques misérables subsides qui nous satisfont.
Plusieurs opportunités se sont présentées à nos pays de commencer à sortir de cette situation. Au Bénin, ce fut la Conférence Nationale qui nous avait donné l’occasion de prendre conscience de nos problèmes et de projeter l’avenir à travers la promotion de la démocratie. Nous avions fait école et aujourd’hui, notre pays est connu comme laboratoire de ce sursaut de conscience ! C’est pourquoi cela m’a paru fantastique qu’un Béninois de qualité, du haut de sa puissance et de sa liberté, a osé requalifier avec aplomb des dizaines d’années de ce qui fait notre marque de fabrique : « la conférence nationale est un poison lent ». Aucune levée de boucliers ! Quel bonheur pour nos oppresseurs ! Nous sommes nous reniés ? Mais l’espoir existe puisque le premier des Béninois au début de sa campagne, a insisté sur la consolidation de ce qui fait l’acquis de cette conférence à savoir la démocratie.
La seconde opportunité qui ne concerne pas seulement le Bénin, c’est l’arrivée de la pandémie de la Covid-19 où les puissances étrangères ont perdu pied face à une maladie qui refusait de s’expérimenter et de décimer les éternels perdants. Au moment de profiter d’un Occident qui avait un genou et demi à terre pour s’ouvrir les opportunités de justice et dénoncer les accords iniques, plusieurs dirigeants du tiers monde habitués à la mendicité et à cette charité peu équitable, n’ont pensé qu’à se remplir les poches avec les habituelles techniques pour faire pitié, gonfler les chiffres et avoir des subsides.
Nous avions encore raté le coche ! Il ne reste qu’une solution à notre génération spécialiste en diagnostic et qui ne propose jamais de solutions évidentes et efficaces. C’est attendre l’implosion de ces sociétés de la démesure et du vice où les dieux intérêt, terrorisme, média et idéologie de l’abêtissement, puissent les affaiblir pour que nos enfants s’enfoncent dans la brèche et posent les ferments de cette révolution qui demandera justice et réparation. En attendant, ils se moquent de nous, écrivaillons incompétents sans aucun pouvoir ou technico politiciens révisionnistes. Bonnet blanc ou blanc bonnet !

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