Bilan 2021 dans le sous-secteur Secondaire : Les fruits d’une gouvernance participative - Journal Educ'Action

Bilan 2021 dans le sous-secteur Secondaire : Les fruits d’une gouvernance participative

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L’année 2021 est conjuguée au passé. C’est l’occasion pour Educ’Action de faire le point des actions et décisions majeures dans le sous-secteur des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Une rétrospective pour amorcer l’année 2022. Le point !

Dès les premiers jours de l’année 2021, le professeur Mahougnon Kakpo, le désormais ex ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (ESTFP), a rencontré les cadres de son département ministériel pour la traditionnelle cérémonie de présentation des vœux. C’était le vendredi 29 janvier 2021. Ce fut l’occasion de revenir sur les réalisations de 2020 dans le domaine des infrastructures, la gouvernance scolaire, etc. On retiendra notamment: 1 000 salles de classes en cours de construction dans les collèges et lycées dont 250 déjà réceptionnées, pour un montant total de 15 milliards de francs CFA ; le renforcement des capacités des enseignants ; 488 inspecteurs et conseillers pédagogiques formés ainsi que 2 800 responsables d’établissements outillés pour le fonctionnement adéquat des collèges. Le ministre a également annoncé d’autres chantiers ouverts pour le compte du sous-secteur. Certains de ces chantiers sont inclus dans le volet «Mobilisation sociale» du Projet d’Appui à l’Enseignement Secondaire au Bénin (PAESB).
Outre les infrastructures, une priorité constante de l’année aura été le maintien et la scolarisation des apprenants.

261 collèges publics impactés pour améliorer l’accès, le maintien et la scolarisation des apprenants, dans le cadre du PAESB

Réunis au Chant d’Oiseau à Cotonou, des cadres du MESTFP et autres acteurs des ONG partenaires telle que Plan International Bénin, ont participé à l’atelier d’évaluation de mise en œuvre des projets d’établissement et contrats de performance des établissements du Projet d’Appui à l’Enseignement Secondaire au Bénin (PAESB), dans les départements de l’Atlantique, du Littoral, de l’Atacora et de la Donga, le jeudi 11 février 2021. Grâce au projet, 261 Collèges d’Enseignement Général (CEG) des quatre (04) départements ont bénéficié de ce volet «Mobilisation sociale». 102 747 élèves dont 46 639 filles sont directement impactés. De façon indirecte, 756 professeurs de Collèges d’Enseignement Général, 1 188 membres des Associations des Parents d’Elèves (APE), des cercles de réflexions des femmes ainsi que 1 620 femmes sont également enrôlés. Le projet a aussi permis de sensibiliser les différents acteurs de l’école.

Sortie pedagogique des élèves

Les langues, outils majeurs de communication, sont aussi valorisées à travers la célébration de la 21e Journée internationale de la langue maternelle.

La promotion du multilinguisme comme défi

«Promouvoir le multilinguisme pour l’inclusion dans l’éducation et la société». C’est le thème de cette journée qui en était à sa 21e édition. L’ex ministre Mahougnon Kakpo s’est adressé à l’occasion au peuple béninois, le 21 février 2021. Il a précisé que «les langues locales et transfrontalières favorisent non seulement le dialogue pacifique entre les peuples et les Nations, mais aussi contribuent à la préservation de l’humanité, au progrès d’une éducation inclusive en vue d’atteindre les objectifs de développement durable dont le principe est de ne laisser personne en rade». L’autorité ministérielle a rappelé quelques actions à l’actif du gouvernement dans le domaine de la promotion des langues nationales, martelant que cette célébration «doit nous amener à nous engager définitivement dans la valorisation de nos patrimoines linguistiques, culturels et cultuels».
Pas loin des langues, l’année 2021 fut marquée par la décision de suspendre certaines activités dans le sous-secteur Secondaire. Il s’agit des activités culturelles, sorties pédagogiques et excursions. Une décision que les acteurs de l’école n’ont pas manqué d’apprécier diversement.

Responsables d’établissements et parents d’élèves adhèrent à la décision

«Il m’est revenu que dans les établissements secondaires publics et privés, des sorties pédagogiques ou excursions sont organisées sur fond de pratiques amorales, immorales, voire traumatisantes, avec parfois un but purement mercantile, dénaturant ainsi les intentions pédagogiques des activités extramuros. De telles pratiques sont également de nature à ruiner les parents, à compromettre la sécurité et la santé des apprenants, surtout en cette période caractérisée par la pandémie de la Covid-19, où aucune assurance de respect des gestes barrières n’est garantie, ni au cours du transport ni sur les sites». Tels sont les éléments d’appréciation qui ont motivé la prise de décision de suspension par le ministre Mahougnon Kakpo, à travers la note circulaire N°061 en date du 19 février 2021.
Rencontrés par les équipes de Educ’Action à l’époque, des chefs d’établissements et parents d’élèves ont salué l’acte du ministre. Le directeur du CEG le Méridien à Cococodji, arrondissement de Godomey, déclare à propos : «les collègues dépassent parfois les frais recommandés, c’est-à-dire qu’au lieu de prendre juste ce qu’il faut pour une participation simple, raisonnable, on demande à l’élève peut-être deux fois, un peu comme si c’est une activité lucrative». Pour Epiphane Mindjinnakou, parent d’élève, les sorties pédagogiques, excursions et autres, ont, à un niveau donné, un aspect mercantile. «Nous avons fini par comprendre que beaucoup profitent de ces sorties pour soutirer de l’argent aux parents. Il faut dire la vérité, c’est une autre manière de contraindre le parent à débourser de l’argent parce que derrière cette excursion ou cette sortie pédagogique, il faut payer le déplacement, la restauration voire le loisir de l’apprenant. Donc, quand on comptabilise le tout, on peut se retrouver banalement autour de 5 000 francs CFA, 6 000 francs CFA, 10 000 francs CFA parfois», a-t-il témoigné.
La relecture des curricula de formation dans l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle (ETFP), a été également une réalité au cours de l’année 2021. Un atelier y était consacré.

Cadres de l’Unesco et du Bénin engagés pour la relecture des curricula de l’ETFP

Relire les curricula et le développement de contenus de formation en lien avec l’EFTP, est l’objectif visé par cet atelier lancé, le lundi 29 mars 2021, à l’hôtel Golden Tulip de Cotonou. L’activité qui a duré trois jours, a permis de définir un dispositif national de mutualisation et d’actualisation des curricula ainsi que la précision des mécanismes pour leur exécution et leur évaluation. À en croire les participants, la performance de cette branche de l’enseignement en dépend. Les examens de fin d’année ont aussi rythmé la vie du MESTFP. On évoque, entre autres, l’examen du CAP suivi de celui du Diplôme de Technicien (DT).
Un fait majeur a marqué aussi les esprits au niveau de ce département ministériel, c’est bien le départ du professeur Mahougnon Kakpo du nouveau gouvernement de Patrice Talon II en 2021 et la nomination du nouveau locataire Kouaro Yves Chabi, lui qui connaissait bien la maison.

Mahougnon Kakpo s’en va, Kouaro Yves Chabi s’installe avec une idée claire de sa mission

Le jeudi 27 mai 2021, le Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (MESTFP) a changé de mains. Mahougnon Kakpo, ministre sortant, a passé le témoin à Kouaro Yves Chabi qui s’installe avec de nouvelles approches de gouvernance. La nouvelle dynamique managériale est caractérisée par la primauté de l’intérêt général, la responsabilité, l’intégrité, la transparence, la reddition de comptes, le respect de la hiérarchie, la ponctualité au travail, le professionnalisme et la diligence dans le traitement des dossiers. «Je compte sur le concours de tous pour relever les défis et combler les attentes du chef de l’Etat pour ce secteur névralgique de développement du Bénin», a-t-il déclaré lors de la passation de service. A peine installé, le maître des lieux s’est tout de suite employé à réussir l’organisation de l’examen du BEPC

Passation de service au Ministère au MESFTP – 2021

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L’autre défi pour le ministre Kouaro Yves Chabi est de concrétiser la Stratégie nationale de l’Enseignement et la Formation Technique et Professionnelle (EFTP).

Réussir l’EFTP, une mission vitale

Le ministre Kouaro Yves Chabi en a bonne conscience. Il s’est aussitôt mis à l’œuvre avec l’ensemble de ses collaborateurs pour affiner le contenu de cette Stratégie nationale de l’EFTP chère au chef de l’État, réfléchir sur les aspects techniques de la mise en œuvre, veiller au respect de la planification en termes d’infrastructures éducatives à ériger, s’assurer de la mobilisation effective des ressources et bien d’autres. L’état des lieux, à en croire des proches du ministre, est bien prometteur. Les premiers travaux de construction des lycées techniques et thématiques, une trentaine, seront lancés en 2022. Mais déjà, une vaste communication sera faite sur ce programme éducatif majeur du gouvernement dès janvier ou février 2022 pour permettre à tous les Béninois de mieux se l’approprier.
La gestion de la Covid-19 dans les établissements secondaires, publics comme privés, a été, par ailleurs, une priorité du ministère.

Plus de 2.000 dispositifs de lavage des mains offerts à 647 établissements publics

«Les dispositifs de lavage de mains vont contribuer à la lutte contre la pandémie en milieu scolaire». C’est par ces mots que Marc Vizy, ambassadeur de la France au Bénin, a procédé au don de dispositifs de lavage de mains au gouvernement béninois à travers le MESTFP, ceci dans le cadre du Projet d’Appui à l’Enseignement Secondaire au Bénin (PAESB), sur financement de l’Agence Française de Développement (AFD), le 22 juillet 2021 au CEG La Verdure, dans la commune d’Abomey-Calavi, département de l’Atlantique. Le ministre en charge des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, Kouaro Yves Chabi, a insisté sur le bon usage des dispositifs de lavage des mains, gage selon lui, d’un environnement scolaire sécurisé et critère pour prétendre à un système éducatif performant.
Comme le CEG La Verdure, l’avenir des CEG est au cœur d’une nouvelle stratégie élaborée pour l’Enseignement Secondaire Général.
La nouvelle boussole de l’ESG en cours d’élaboration

Réaliser le diagnostic approfondi de l’Enseignement Secondaire Général (ESG) ; mettre en place un cadre institutionnel partenarial et normatif adapté au pilotage efficace et efficient de l’ESG et à l’amélioration de l’efficacité interne et externe de l’ESG ; restructurer le système d’offres de formation arrimées aux orientations de développement national ; identifier les moyens humains, matériels, financiers et organisationnels nécessaires à la relance de l’ESG. Ce sont les défis à relever par l’équipe technique devant conduire les travaux d’élaboration de la Stratégie de l’Enseignement Secondaire Général. L’annonce a été faite à la cérémonie de lancement officiel des travaux d’élaboration de ce document stratégique, le mercredi 04 août 2021, à l’hôtel Golden Tulip le Diplomate de Cotonou. «Il s’avère nécessaire de doter l’ESG d’une stratégie globale pour assurer un pilotage efficace et rationnel en cohérence avec les orientations du gouvernement. La stratégie ambitionne d’assurer le développement de l’ESG en harmonie avec les orientations», a renseigné Kouaro Yves Chabi, ministre des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle (MESTFP). En attendant la finalisation et la mise en œuvre de cette stratégie dans l’enseignement secondaire général, l’enseignement technique attire déjà des centaines d’apprenants et d’enseignants.

Enseignement technique, déjà les premiers fruits de la SN-ETFP

Ils sont au total 12 845 candidats à composer, le lundi 30 août 2021, pour le concours d’entrée dans les Lycées d’Enseignement Technique (LET). Au Lycée Technique Coulibaly de Cotonou, l’un des centres de composition dans le département du Littoral, nombreux sont les candidats venus composer, certains sans cartes scolaires. Au total, les candidats ont planché dans dix-sept (17) centres de composition au plan national.
Après les apprenants, le projet de création des lycées agricoles prend progressivement corps avec le recrutement des enseignants qui vont y transmettre les savoirs et techniques. En effet, un concours a été organisé à leur intention le 16 octobre 2021. Au total, six cent soixante-deux (662) Béninois et Béninoises vont être recrutés en qualité d’aspirants pour la formation d’enseignants au profit des Lycées techniques agricoles.
La question des aspirants a fait couler beaucoup d’encre et de salive durant l’année 2021 dans l’Enseignement secondaire. Le Primaire n’était pas épargné.
Aspiranat, un sujet sensible

Dans l’univers des aspirants au Bénin, le canard de Gbèdjromèdé a fait un rappel du contexte de la création de cette catégorie d’enseignants. Du corps des vacataires, le Bénin est passé à celui des aspirants actuellement en vogue. En février 2021, ils étaient au total 13 900 enseignants aspirants recrutés et déployés dans les Collèges d’Enseignement Général (CEG). Du point de vue des disciplines pédagogiques, les Sciences de la Vie et de la Terre (SVT) ont eu le gros effectif avec 2 287 enseignants. Les Mathématiques bénéficient de 2 127 enseignants. La langue de Shakespeare est pourvue de 2 058 Aspirants au Métier d’Enseignant (AME). Après l’Anglais, l’enseignement du Français est assuré par 1 988 enseignants. Les enseignants d’Histoire-Géographie au nombre de 1 586, suivis des enseignants de Physique Chimie Technologie qui sont au nombre de 1 464. Pour le reste, il y a 793 enseignants d’Espagnol, 643 enseignants de Philosophie, 533 enseignants d’Éducation Physique et Sportive, 330 enseignants d’Allemand et enfin 91 enseignants d’Économie.
Interrogé sur la situation des AME, Abraham A., enseignant aspirant d’histoire-géographie, reste désemparé, confus sur l’avenir et la carrière professionnelle de ce corps d’enseignants.Face à cette inquiétude et aux nombreux autres, le gouvernement a fait diligence pour améliorer la situation des pré-insérés. Bienvenu Blassou, ancien Directeur des Systèmes d’Information (DSI) du MESTFP, confiait à Éduc’Action : «Cette année (2020-2021, Ndr), le gouvernement a décidé d’améliorer les conditions de travail et de vie des aspirants en leur faisant signer un contrat comme ce fut le cas l’année dernière. Ensuite, cette année, les aspirants ont reçu une fiche de paie ; ils ont également eu une prime d’éloignement qui est de l’ordre de 5% ou de 10% selon le département, etc». C’était dans son bureau au Ministère, le vendredi 05 février 2021.
Il convient de dire que ce dossier toujours préoccupant continue de bénéficier de l’attention particulière des gouvernants, en l’occurrence des ministres de l’éducation dont le MESTFP. Lui qui a connu ses 100 jours à la tête du ministère.

100 jours de Kouaro Yves Chabi à la tête du MESTFP

Sur cette période, le ministre Kouaro Yves Chabi a ouvert de nombreux chantiers sur plusieurs plans : gouvernance administrative, gestion des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME), construction et réhabilitation des LTA et des Écoles de Métiers, harmonisation des pratiques de suivi internes des projets et reddition des comptes, puis riposte contre la Covid-19 dans les établissements secondaires.

Les Modernes long et court supprimés dans les classes de 4e

Il s’agit également ici d’une réforme dans ce sous-secteur Secondaire. «Les apprenants sont tenus de suivre toutes les matières jusqu’à l’obtention du BEPC. Il n’existe plus de 4e et de 3e scientifiques ou littéraires».
Ces dispositions de l’article 4 de l’arrêté N°012 du 07 février 2020 prennent effet à compter de cette rentrée scolaire 2021-2022. C’est la substance de la note circulaire en date du vendredi 1er octobre 2021, signée par Kouaro Yves Chabi, MESTFP. À travers cette note, tous les établissements secondaires sont tenus d’appliquer entièrement les dispositions de l’article 4 en déroulant l’enseignement-apprentissage-évaluation en PCT et en Langues vivantes 2 que sont l’Espagnol ou l’Allemand dans toutes les classes de 4e. Par contre, les apprenants qui passent de la 4e à la 3e, donc candidats à l’examen du Brevet d’Etudes du Premier Cycle (BEPC) au titre de l’année scolaire 2021-2022, seront évalués comme par le passé.

Des candidats à la sortie de la composition au Lycée Technique Coulibaly

L’EFTP, l’EG et l’aspiranat sont les grands chantiers du budget 2022

Pour 2022, les perspectives sont visiblement bonnes. Le budget pour l’exercice 2022 du ministère est de l’ordre de 143 milliards 621 millions 171 mille Francs CFA contre 107 milliards 786 millions 250 mille Francs CFA pour la gestion 2021, soit une augmentation de 35 milliards 834 millions 921 mille Francs CFA, (augmentation de 33,25%). Dans ce budget, la Stratégie Nationale de l’Enseignement et la Formation Technique et Professionnelle (EFTP), couplée à celle de l’Enseignement Secondaire Général (ESG) en cours d’élaboration, la situation des Aspirants au Métier d’Enseignant (AME), sont les priorités, a annoncé l’autorité ministérielle en charge du sous-secteur Secondaire.

Le présidium au lancement de l’atelier du PAESB

Kouaro Yves Chabi, en bon connaisseur du secteur, détient les clés de la maison et saura au temps opportun actionner les leviers nécessaires pour l’atteinte des objectifs en 2022 en ligne étroit avec le contenu du PAG II du président de la République Patrice Talon.

Adjéi KPONON & Estelle DJIGRI

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