Dr Azizou Chabi Imorou, Chef du Département de Sociologie-Anthropologie de la FASHS/UAC : « C’est possible qu’on puisse organiser les examens et vite proclamer les résultats »

 

Enfin, une expérience unique d’évaluations et de délibération des résultats qui exalte le savoir-faire des professeurs et enseignants de l’Université d’Abomey-Calavi.

Le Département de Sociologie-Anthropologie de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales (FASHS) est porteur de cette ‘’magie’’ sous l’inspiration du Chef du Département Dr Azizou Chabi Imorou avec l’implication effective de tous ses collègues enseignants, docteurs et moniteurs du département. A l’opposé donc des vieilles pratiques, les étudiants inscrits au Département de Sociologie-Anthropologie de la FASHS ont obtenu, quelques jours seulement après leurs examens, leurs résultats provisoires qui les dispensent ainsi des longues périodes de psychose et d’hallucination. A l’origine de la prouesse qui pourrait être toujours améliorée, une organisation atypique et pédagogique dont le Chef du Département garde le secret. Il en parle au micro de Educ’Action, à travers cette interview exclusive. Lisez plutôt !

Educ’Action : Le monde scolaire et universitaire béninois vit actuellement la fièvre des examens de fin d’année. Au Département de Sociologie, vous venez d’évaluer vos étudiants. Quel bilan faut-il faire de l’organisation pratique des examens ?

Dr Azizou Chabi Imorou : Je vous remercie pour l’intérêt que vous portez aux activités du Département. Pour revenir à votre préoccupation, effectivement nous venons de boucler les examens et même la délibération qui a eu lieu, il y a déjà plus d’une semaine, précisément le mercredi 8 juillet 2020. En termes de dispositions pratiques, tout s’est bien déroulé dans le respect strict des mesures barrières contre la pandémie de la Covid-19. Tous les acteurs impliqués dans ce processus ont joué convenablement leur partition, ce qui a permis un bon déroulement de ces examens de semestres pairs. Et donc en termes de bilan, on peut retenir que les examens se sont très bien déroulés malgré le contexte actuel de la Covid-19.

En termes de rendement, avez-vous le sentiment que les étudiants, en majorité, ont tiré leur épingle du jeu ?

Oui ! Comme d’habitude, les plus studieux ont réussi à tirer leur épingle du jeu. Vous savez, la pandémie que nous traversons a amené les autorités à trouver des solutions innovantes pour assurer la continuité des cours. C’est ainsi que nous avons été obligés par notre ministère à digitaliser les cours des semestres pairs. Ensemble avec nos étudiants qui n’y étaient pas préparés aussi, nous avons été propulsés dans la modernité. Mais, ce qu’on peut retenir, c’est que malgré les aléas et difficultés du semestre digital, les résultats ne se sont pas trop écartés de ceux des années antérieures pour les mêmes semestres. C’est donc un rendement à l’image de celui des années antérieures.

Une innovation à mettre à votre actif, c’est bien la célérité dans la correction des copies cette année. Vous avez mis en place un mécanisme ou dispositif qui vous a permis, en très peu de temps, de corriger les copies des étudiants. Déjà, comment cela a pu être possible ?

Certes on avait la pression des autorités décanales qui nous exigeaient plus de célérité pour tenir dans le nouveau calendrier universitaire réajusté. Mais c’est surtout le résultat de la confiance que les collègues enseignants ont accordée à l’équipe dirigeante. Ils se sont tous mobilisés et c’était motivant pour nous. L’engagement de l’ensemble des docteurs et moniteurs du Département de Sociologie-Anthropologie a été aussi d’une utilité légendaire.

Concrètement, quelle a été la particularité de cette organisation qui a conduit à ce résultat, évitant du coup aux étudiants la longue période d’attente des résultats ?

D’abord, comme je l’avais dit, le calendrier fixé par l’autorité imposait cela. Mais aussi, il faut noter que cela fait partie d’un certain nombre de défis à relever que la nouvelle équipe s’est donnée. Et donc depuis sa prise de fonction, la nouvelle équipe a posé le diagnostic stratégique, a dégagé les forces et faiblesses de l’ancienne équipe et donc, a exploré les opportunités possibles sur lesquelles l’équipe a mis l’accélérateur pour avoir ainsi réussi le pari et relevé le défi. Alors, c’est une expérience que nous venons de mettre en œuvre et qui a très bien fonctionné grâce à la mobilisation, encore faudrait-il le rappeler, de tous les collègues enseignants, des docteurs et moniteurs du Département de Sociologie-Anthropologie. Je tiens à saluer ce sursaut des collègues que mon adjoint et moi considérons comme une exhortation pour changer les choses.
En fait, lorsque nous avons lancé les évaluations, en simultanée, nous avons organisé la correction en pool des copies sorties des salles de composition. Le calendrier des corrections en pool a été annoncé au fur et à mesure de sorte à mobiliser les enseignants, les docteurs et moniteurs du DS-A autour des copies relevant de leurs spécialités. Ainsi, nous avons réussi à obtenir une célérité dans la correction des copies, et le lendemain de la fin d’une composition, les copies étaient déjà corrigées. Après ça, nous avons procédé immédiatement au désanonymat des copies, à leur classement, au report des notes et aux calculs des moyennes. Une équipe restreinte a ensuite été mise en place pour procéder aux vérifications et à l’apurement. Voilà un peu comment nous avons procédé grâce au soutien des collègues enseignants qui ont assuré aussi la logistique. Nous espérons bénéficier de cette même confiance pour les examens à venir et pouvoir même faire mieux que ce qui est là actuellement.

Est-ce que vous avez partagé cette expérience à la limite unique, pour l’heure, avec le Recteur et vos collègues, Chefs de Départements ?

Nous venons de boucler le processus à travers la délibération des résultats provisoires et les étudiants sont situés. Le compte rendu suivra par voie hiérarchique. Pour ce qui concerne l’implémentation de l’expérience, nous aurons l’occasion de la faire et même de la parfaire surtout qu’elle comporte beaucoup d’avantages en termes de gain de temps, de célérité, de transparence. Donc, c’est bien possible qu’on puisse organiser les examens et vite proclamer les résultats.

Est-il possible de généraliser votre expérience à l’ensemble des Départements, des Facultés, et Ecoles des Universités publiques du Bénin ?

Tout dépend des ressources humaines surtout pour les grands effectifs d’étudiants. Pour que cela soit possible dans les cas comme le nôtre, il suffit que les mêmes acteurs ne soient pas à tous les niveaux de la chaîne, mais qu’il y ait une sorte de décentralisation entre les équipes et que la mobilisation soit au rendez-vous ainsi que la mise à disposition de la coordination d’une logistique. Pour nous, c’est qu’on peut encore mieux faire.

Avez-vous un conseil à prodiguer ou une invite à formuler pour clôturer cet entretien ?

L’équipe que j’ai l’honneur de coordonner tient à remercier très sincèrement tout le corps enseignant du Département de Sociologie-Anthropologie de l’Université d’Abomey-Calavi pour la confiance placée en l’équipe dirigeante et la mobilisation constatée. À tous les docteurs et moniteurs du même Département, nous disons aussi merci pour le sacrifice. Nous invitons donc tous nos collègues à maintenir avec nous le cap pour de plus grands défis. Et nous invitons aussi notre hiérarchie, le Décanat et le Rectorat, pour accompagner davantage cette motivation des collègues. Je voudrais pour finir aussi vous remercier pour l’intérêt que vous manifestez pour nos activités.

Propos recueillis par Serge David ZOUEME

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