Robert Ayékowoui, à propos de l’accession au corps des enseignants des UNB : « La limite d’âge pour accéder au corps d’enseignant du Supérieur est passée de 30 à 45 ans »

 

La promulgation du nouveau statut général de la fonction publique a eu de nombreuses répercussions sur les différentes catégories et corps d’agents de l’administration publique béninoise.

Pour lever un coin de voile sur les innovations apportées par les nouveaux textes, le service des ressources humaines du Ministère en charge de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique(MESRS) a entrepris une tournée dans les différentes Universités Nationales du Bénin (UNB). Objectif, éclairer la lanterne des enseignants et chercheurs sur la question. Interrogé au sortir de cette tournée dans les campus de l’Université d’Abomey-Calavi, Robert Ayékowoui, chef Service des Ressources Humaines et du Dialogue Social au MESRS, fait le point des principales innovations et leurs impacts sur la carrière desdits acteurs au micro de Educ’Action. Lisez plutôt.

Educ’Action : Que retenir de la séance de sensibilisation des enseignants et chercheurs du Supérieur sur la gestion et le suivi de leur carrière ?

Robert Ayékowoui : Dans nos entretiens, nous avons abordé les innovations de la loi portant Statut général de la fonction publique puisque l’ancienne loi a été modifiée. Ainsi, la limite d’âge pour accéder au corps d’enseignant du Supérieur est passée à 45 ans. Entre temps, c’était 30 ans. Il y a d’autres innovations liées aux avancements et aux promotions. Désormais, il y aura des lettres de missions, des contrats d’objectif, des fiches d’indications d’attente qui seront établies, et c’est sur la base de ces outils qu’on va mesurer les résultats des agents de l’État. C’est sur cette base du rendement de chacun qu’on pourra les noter afin de juger de la pertinence de leur avancement ou pas. Ils ont été aussi informés sur le déroulement de la carrière, car il y a beaucoup de textes aujourd’hui qui encadrent la carrière de l’enseignant d’université. Une ouverture a été faite aux personnels de défense, de sécurité et assimilés qui peuvent aussi enseigner à l’université. En somme, nous avons abordé le panel de textes qui permet leur évolution professionnelle. Nous avons aussi attiré l’attention des enseignants sur le suivi de leur carrière. Aujourd’hui, il y a beaucoup de systèmes qui permettent de gérer la carrière des enseignants d’université pour leur permettre de donner les cours sans se soucier des problèmes qu’ils peuvent rencontrer au cours de leur carrière. A partir de 60 ans aujourd’hui, l’enseignant du Supérieur, quel que soit son corps peut demander une retraite. Alors que déjà, c’est 62 ans pour les assistants, 63 ans pour les maîtres-assistants et 65 ans pour les maîtres de conférences et les professeurs titulaires. Les questions de droit des agents de l’État sont aussi abordées. Il est désormais question de la mise en œuvre des décrets qui existaient déjà. Il faut aussi des décrets d’application pour certaines dispositions de cette loi.

Comment va se faire l’évaluation des enseignants à partir de ces outils et instruments ?

Il faut que chaque structure puisse élaborer ces instruments. Les lettres de mission sont attribuées aux responsables, directeurs, gestionnaires de crédits et autres. Il y a les contrats d’objectifs qui sont élaborés aussi et confiés aux chefs de services et autres. Pour le personnel ordinaire et les autres collaborateurs, il y a des fiches d’indication des attentes. On les élabore, on décline les tâches qui reviennent à l’agent. On essaie de réaliser une congruence avec lui et on lui explique ce qu’on attend de lui. Au bout du rouleau, c’est par rapport à son rendement qu’on peut noter l’agent. La notation est claire, une autorité ne peut plus s’enfermer pour attribuer une note à un agent. De même, on ne peut pas avancer tout le monde. Si quelqu’un ne peut pas donner le résultat qu’on attend de lui, on ne peut pas le promouvoir.

De quoi tenez-vous compte pour l’évolution des enseignants entre la promotion en grade du CAMES et celle de la fonction publique ?

Ici, nous parlons de l’évolution globale des agents de l’État, pour leur notation et les enseignants faisant partie des personnels de l’administration publique béninoise, cela les concerne aussi. Pour ce qui concerne le CAMES, l’enseignant continue d’évoluer normalement dans son domaine académique. Jusque-là, nous avons toujours procédé au reclassement de ceux qui se sont inscrits au CAMES. Aujourd’hui, avec les réformes qui sont en cours, les problèmes qui se posent en termes d’ouverture de poste pour le recrutement des candidats inscrits au CAMES ne sont pas encore résolus. Les dispositions sont en train d’être prises pour qu’on puisse clarifier les critères selon lesquels si quelqu’un est inscrit au CAMES, on pourra le sélectionner avant de procéder à son reclassement.

Pouvez-vous être plus explicite ?

Jusqu’à présent, quand les enseignants réussissent au CAMES, nous procédons à leur reclassement. L’évolution au CAMES est aussi une promotion, mais cela seule ne suffit pas. Au niveau de la fonction publique, chaque deux ans, on fait évoluer l’agent de l’État, donc l’enseignant est avancé. Pour procéder à ces avancements, il y a aussi des stades de grade que nous appelons promotion et c’est sur la base des notes que nous procédons à ces promotions. Pour noter, nous devons tenir compte des résultats produits par l’enseignant. Pour avoir ces résultats, il faut au préalable définir des objectifs et voir à quel niveau l’enseignant a pu atteindre ces objectifs. La réforme qui est en cours veut qu’il y ait des critères sur la base desquels l’enseignant qui s’inscrit au CAMES sera sélectionné avant d’être reclassé. Quand vous êtes reclassé, vous intégrez un nouveau corps. Je quitte par exemple le corps des assistants pour intégrer le corps des maîtres-assistants. Ce sont des réformes qui ont commencé l’année dernière et les critères ne sont pas encore définis. Alors, quand on vous reclasse dans un nouveau corps, c’est une évolution pour vous, mais cela ne suffit pas. Vous devez connaître des évolutions à l’intérieur de votre corps. C’est sur la base des notes que vous avez obtenues ici [dans la fonction publique, ndr] qu’on va procéder à cet avancement. Avec le CAMES, vous avez l’évolution académique et dans l’administration aussi vous devez évoluer. Tous ces avancements définissent le salaire. Lorsque vous êtes reclassé dans un corps du CAMES, vous gagnez le salaire correspondant. En étant dans ce corps, vous évoluez et un nouveau salaire vient chaque fois que vous avancez. Chaque fois qu’un fonctionnaire avance, deux ans après, il doit gravir un échelon et un salaire subséquent suit.

Ces réformes entamées tiennent-elles compte du contexte universitaire caractérisé par la massification des étudiants ?

C’est un problème qui concerne aussi bien les autorités rectorales que l’État en général. C’est une grande préoccupation pour les gouvernants. Malgré cela, il va falloir que chacun donne le meilleur de lui-même quels que soient les moyens qu’il a à sa disposition. C’est vrai qu’il faut que les moyens soient améliorés, car quand on demande des résultats, il faut qu’il y ait les moyens pour produire ces résultats.

Après les évaluations diagnostiques des enseignants du Primaire et du Secondaire, peut-on dire que les enseignants du Supérieur seront aussi évalués ?

Non ! Je ne pense pas. Cela existait depuis et les enseignants ont toujours été notés et cette notation concerne tous les agents de l’État puisque cela se faisait depuis. Maintenant, le système a été amélioré. Il y a des gens par exemple qui estimaient que la note qui leur a été attribuée n’est pas juste et ils ne savent pas ce qu’il faut faire par la suite. Ils estiment que parce qu’ils ont un petit différend privé avec leur hiérarchie, cela fait qu’on leur balance une note. Aujourd’hui, il y a des moyens et vous pouvez contester votre note et prouver que ce qui est attendu de vous est fait. Cela doit pouvoir améliorer les choses.

Propos recueillis par Adjéi KPONON

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