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Jean Kotounou, à propos de la suspension de Godline Agbidinoukoun de la tête de la FNEB

« C’est la plus simple décision à prendre parce que les textes ont prévu une telle suspension »

C’est désormais du domaine public, la première présidente dans l’histoire des organisations estudiantines au Bénin, est suspendue.

Godline Agbidinoukoun, précédemment à la tête du Bureau Exécutif Fédéral (BEF), a perdu son poste. Sur le sujet, les langues se délient au sein de la communauté universitaire. Avec Jean Kotounou, président actuel du Conseil Central Fédéral, on en sait un peu plus sur les raisons de cette suspension. Il a aussi dévoilé à Educ’Action les missions dévolues à cet organe de contrôle du Bureau Exécutif Fédéral.

Educ’Action : C’est quoi le Conseil Central Fédéral au sein de la FNEB ?

Jean Kotounou : Le Conseil Central Fédéral est l’organe de contrôle du Bureau Fédéral Exécutif, des Bureau d’Union d’Entité (BUE) et des Institutions Spécialisées. Il est aussi le commissariat aux comptes du BEF et c’est l’organe qui règle les conflits au sein de la FNEB. Pour élire le CCF, il faut avoir au moins deux représentants que nous appelons honorables par faculté.Ce sont ces honorables qui élisent un bureau de neuf (09) membres qui siègent au sein du Conseil Central Fédéral. C’est un conseil qui est renouvelable chaque année. Nous sommes (09) neuf membres et au BEF, ils sont quinze (15) membres.

Pourquoi le CCF n’est pas aussi visible comme c’est le cas du BEF au niveau de la FNEB ?

C’est vrai qu’entre temps, on n’entend pas souvent parler du CCF, mais depuis que moi je suis venu (rire), je crois que tout le monde connait désormais cet organe au sein de la communauté universitaire ; beaucoup d’étudiants ont pris connaissance de ce que quelque chose du genre existe parce que nous tenons au respect stricte des textes de la FNEB. Pas de corruption, pas de magouille à notre niveau. Nous, nous avons mis fin à tout ce qui se faisait de mauvais par le passé et c’est pour cela que les gens nous ont entendus récemment sur une décision que nous avons rendue publique le dimanche 02 Juin dernier sur la suspension de la présidente du BEF.

Qu’est-ce qu’il faut comprendre par cette décision de suspension de la présidente du BEF ?

Je crois que c’est la plus simple décision qu’on pouvait prendre parce que les textes ont prévu une telle suspension. Cette décision a été prise parce qu’on ne pouvait pas laisser la fédération sans un dirigeant. Si nous laissons la fédération sans un responsable, c’est très grave d’autant puisque beaucoup de choses peuvent se passer ; n’importe qui peut se lever et faire ce qu’il veut. C’est pour cela que nous avons confié les rênes du BEF à son premier Vice-Président pour la gérance des affaires courantes de la fédération. C’est juste une suspension provisoire jusqu’à ce que la juridiction décide du sort du dossier. Si elle sort blanchie de la situation, elle va reprendre ses fonctions. Mais au cas où ce ne sera pas le cas, nous allons nous réunir à nouveau pour voir quelle suite donnée à cette affaire. Les textes ont prévu dans ce cas d’espèce de convoquer un Conseil Fédéral de Discipline qui est composé de tous les membres du BEF, du CCF, des présidents BUE et des directeurs des Institutions Spécialisées. C’est ce Conseil de Discipline qui peut décider du sort de Godline Agbidinoukoun. Pour ceux qui pensent que la décision est venue trop vite, ce n’est pas vrai. Ce n’est pas allé trop vite parce qu’on ne voulait pas attendre le lundi pour que des gens commencent par intoxiquer.Cela peut même nous amener à prendre une décision contraire sous l’influence de la pression extérieure. C’est pour cette raison qu’on a jugé bon de vite statuer sur cette affaire afin de ne pas avoir trop de problèmes à la longue.

Cette décision ne pourrait-elle pas constituer une entorse à ce que la communauté universitaire avait dénommée ‘’révolution féminine’’ après l’élection de Godline ?

Je crois que cela n’aura pas trop d’influence sur la gent féminine en terme de responsabilité au sein de la fédération ou à d’autres postes électifs au sein de l’université. Je pense que si les étudiantes sont motivées pour le job, elles y parviendront. Si les étudiants votent pour toi et bien, il n’y a pas de problème. C’est vrai que pour cette année, nous n’avons pas eu assez d’étudiantes qui soient présidentes d’une BUE, mais on peut renverser la tendance.

Quoi dire pour conclure cet entretien ?

Beaucoup d’étudiants ont dit que le CCF est mauvais, que le CCF a pris une décision lourde. Mais, je voudrais les rassurer que c’est la plus facile décision qu’il fallait prendre en ce moment. C’est vrai qu’on a précipité les choses parce que la décision est sortie un dimanche, le lendemain où nous avons appris la nouvelle de la détention. L’information était vraie parce que ce sont des gens proches d’elle qui nous ont informés. Donc, quand l’information s’est révélée vrai, on s’est réuni rapidement et on a pris la décision de suspension de la présidente Godline Agbidinoukoun. Vous n’êtes pas sans savoir que même les dimanches, les étudiants composent à l’UAC ? Donc, il n’y a rien d’alarmant que la décision soit prise un dimanche.

Propos recueillis par Edouard KATCHIKPE

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