Prof Dodji Amouzouvi, à propos de la fermeture des EPES non en règle

« Beaucoup sont déjà fermés sans tambours, ni trompettes »

Annoncés pour être fermés, quel est l’état situationnel des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES) non en règle ?

Comment les promoteurs d’EPES accueillent-ils les réformes gouvernementales pour le secteur et comment vont les préparatifs de la 3ième et dernière édition des examens nationaux de licence et de master ? C’est l’essentiel des préoccupations abordées avec le Directeur des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (DEPES),le Professeur Dodji Amouzouvi, au cours de cette interview dont voici la substance !

Educ’Action : Quel est l’état des lieux que l’on peut faire des EPES aujourd’hui au Bénin ?

Prof Dodji Amouzouvi: L’état des lieux se fera sur plusieurs niveaux à savoir : quels sont les établissements privés agréés ; quels sont les établissements privés autorisés à ouvrir ; quels sont les établissements privés qui sont en rade ; quels sont les établissements privés qui sont fermés ; à quel niveau on se retrouve dans les différentes réformes dans le secteur des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES), etc. Pour ce qui peut intéresser nos amis lecteurs, je voudrais commencer par vous dire que le secteur des EPES au Bénin est en pleine réforme. On pourra même dire que nous avons atteint notre vitesse de croisière et que nous amorçons déjà la descente quant aux grosses réformes que nous devons faire.La première, ce sont les examens nationaux. Ensuite, ce sont les agréments, après les homologations et la réforme de la filière anglophone. Et puis, nous sommes passés par une réforme assez importante : l’évaluation des enseignants par les enseignés. Ce qui est un point extrêmement important sur le chemin de l’assurance qualité.

Qu’est-ce qui a été fait jusque-là quand on prend chacune de ces réformes ?

Si je prends les examens nationaux, vous savez que nous sommes déjà à la 2ième édition. Tout est déjà mis en place pour que les attestations soient délivrées. Ensuite, nous avons délivré les diplômes ; donc nous sommes sur la bonne voie. Et il est évident que pour délivrer ces actes administratifs, les demandes vont arriver. Nous avons, avec le leadership de la ministre, introduit cette année, une évolution ou amélioration : nous n’avons plus permis aux récipiendaires ou aux lauréats de venir individuellement prendre leurs attestations de réussite. Nous avons demandé également aux promoteurs de compiler la liste de leurs candidats, de faire le dossier et de nous les amener. Ceci fera qu’en un temps record d’une ou de deux semaines maximum, toutes les attestations seront délivrées. Et ça, c’est une avancée notable. La deuxième édition des examens ayant eu lieu, la première ayant eu lieu, la troisième est lancée. Nous sommes par ailleurs en train de fournir aux différents EPES, les documents et pièces nécessaires pour constituer les dossiers d’examens.

Autre réforme ?

Nous avons eu cette année, dans le monde des EPES, une autre réforme extrêmement intéressante et importante qui est la plateforme des inscriptions. Nous l’avons clôturée et je puis vous dire que nous sommes à quelques 31. 500 étudiants dans les EPES au Bénin. Ce soir même, je travaillerai avec les responsables de cette plateforme pour avoir le chiffre exact à communiquer à qui de droit. Cette innovation, inscription et immatriculation sur la plateforme de tous les étudiants inscrits dans les EPES permettraient d’accélérer tout le processus des examens en ce qui concerne la Direction Générale de l’Enseignement Supérieur. Les 1ère et 2ième éditions ayant connu un franc succès, nous espérons que l’expérience au rendez-vous fera que la 3ième et dernière édition sera parfaite.

Qu’en est-il des agréments ?

La liste provisoire a été publiée, les réclamations enregistrées et traitées. Et je puis vous dire que le nombre 20 annoncé n’a pas bougé ainsi que le nombre de filières. Certaines réclamations ont porté leurs fruits. Donc, certains établissements ont pu sauver certaines filières pour diverses raisons. Mais, il n’y a pas d’établissements qui viendront s’ajouter aux vingt (20) qui ont reçu leurs agréments. Par contre, la liste définitive n’est pas publiée pour la simple et bonne raison que nous n’avons pas encore reçu des institutions en charge de l’enquête de moralité, des résultats. Vous savez que si l’enquête de moralité est défavorable, l’agrément ne sera pas accordé.

Quelle est alors la situation des EPES que votre Direction est censée fermer ?

Pour les établissements qui ont été fermés, ils sont au nombre de 50. Il y en a deux qui ont écrit pour réclamer et la Commission et le Conseil consultatif sont en train de travailler pour voir la pertinence des arguments avancés, mais je puis vous dire que les 48 autres seront absolument fermés. Pour les deux autres, on attendra de voir si les arguments avancés parviennent à fléchir les membres de la Commission, du Conseil consultatif par rapport aux textes en vigueur.

Récemment en tournée, elle s’inscrit dans quel cadre ?

Elle s’inscrit dans le double cadre d’information, de sensibilisation et de recueil des problèmes que le DEPES avait. Informations par rapport à toutes les réformes présentes, en cours et à venir, notamment la question de la plateforme, l’immatriculation des étudiants ; la question de la réorganisation de la filière anglophone pour être bien informée. Désormais, pour qu’un étranger puisse s’inscrire dans une filière d’Enseignement Supérieur au Bénin, il doit avoir le niveau B2 au moins en Français ; il doit savoir lire et écrire. Il n’y aura plus deux (02) systèmes d’enseignement dans nos établissements privés, mais un seul. Et les cours se feront en français. Pour cela, il faut que dès les premières années, les deux premiers semestres soient consacrés, selon le niveau de l’apprenant, à l’apprentissage du français. Donc, tous les anglophones et tous les lusophones et autres qui viennent au Bénin pour étudier, doivent le faire désormais dans la langue officielle consacrée par la Constitution qui est le Français. C’était l’objet de ma tournée au cours de laquelle j’ai aussi mis l’accent sur la nouvelle vision de la ministre relative à l’assurance qualité.

Au terme de votre tournée, avez-vous été satisfait du constat fait sur le terrain quant au fonctionnement des EPES ?

Tout n’est pas rose en effet. Ailleurs, tout ne peut l’être. Tout n’est rose que dans le monde des dieux. Il y a des forces et des faiblesses. Mon sentiment général est très encourageant par rapport aux résultats que produisent les réformes mises en œuvre depuis 2016. Et déjà, le public béninois peut remarquer qu’il n’y a eu un seul EPES qui ne souscrit pas aux examens nationaux. C’est déjà un point important. On peut aussi remarquer que tous les établissements vont à l’agrément, ce sont des textes qui l’exigent. L’on remarque également que les homologations sont en cours. De plus, partout où nous sommes passés, le constat est très encourageant par rapport à l’assainissement du secteur des EPES, surtout que les premiers acteurs qui sont les promoteurs sont acquis à la chose, constituent spontanément des bases arrières, des réservoirs d’idées qui nous aident à avancer, et à travailler au quotidien.

Justement parlant de tournée, d’aucuns s’attendaient à la fermeture des EPES non en règle. Qu’est-ce qui s’est passé ?

07 sont déjà fermés pour la plupart simplement parce que les textes disent, indiquent et disposent qu’au bout d’un certain nombre d’années, si vous ne fonctionnez pas, on vous raie de la liste.Et c’est ce qui s’est passé.S’ils continuent de recruter, le couperet tombera net. La fermeture d’une école répond à des normes parce que faisant suite à une décision. On ne se lève pas du jour au lendemain pour aller fermer. Il faut prendre en compte les étudiants qui sont là, il faut voir le timing qu’il faut pour introduire … et lorsque nous avons connaissance de cela, nous agissons conformément aux textes et aux instructions reçues des autorités. Donc, ceux qui s’attendaient à ce qu’au lendemain de la publication des listes, il faut fermer vont devoir prendre leur mal en patience. Le travail se fait. Beaucoup sont déjà fermés sans tambours ni trompettes.

Que conclure ?

Je voudrais encourager mes jeunes amis en cette veille des examens nationaux. Ce que la République, les parents attendent d’eux, c’est la réussite éclatante, l’excellence. De plus, rappeler le cœur maternel de madame la ministre qui considère tous ces étudiants, tous ces apprenants comme ses enfants et qui les encourage à la tâche, à l’abnégation et au courage. J’invite tout le monde à accompagner le ministère pour que nous puissions relever le secteur privé de l’enseignement supérieur parce que tant que l’éducation ira mal, si l’éducation flanche, nous sommes perdus dans le pays. Faisons de l’éducation l’affaire de nous tous pour que brille dans le ciel du système éducatif béninois, le soleil le plus éclatant possible.

Réalisation : Romuald D. LOGBO & Ansine DJENGUE (Stg)

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