Wilfried Tchibozo, Directeur de Programme de VESOS Abomey-Calavi, à propos de la prise en charge des enfants

« SOS mise beaucoup sur le fait que les enfants doivent vivre dans une famille »

La famille est le berceau de l’éducation de l’enfant. Au Bénin, précisément à Abomey-Calavi, des réflexions sont menées pour que la prise en charge des enfants en situation difficile et vulnérable soit une réalité. Nouveau Directeur de Programme de Village d’Enfant SOS Abomey-Calavi, Wilfried Aimé Tchibozo passe en revue les réussites du Village en 2018 avant d’ouvrir le champ des perspectives et défis. Lisez plutôt.

 

Educ’Action : Comment se porte le Village d’Enfant SOS Abomey-Calavi ?

Wilfried Tchibozo : Le Village d’Enfant SOS Abomey-Calavi se porte bien. Les cibles sont dans les normes et les activités se déroulent comme cela se doit. Le village a un certain nombre de lignes sur lesquelles il est resté depuis toujours.

Quel bilan faites-vous de l’année 2018 ?

Nous sommes largement dans nos attentes par rapport à l’année 2018. C’est vrai qu’il y a des aspects sur lesquels nous sommes restés relativement insatisfaits et qui constituent des défis pour l’année 2019. 2018 a connu beaucoup de progrès et de concrétisations. Par exemple, cette année, nous avons connu la visite du Président International accompagné de plusieurs décorations. Ce sont des activités qui nous ont permis de nous sentir dans la concrétisation de nos efforts parce qu’à l’occasion, le Village a été reconnu comme premier Village du monde entier. Cela nous a donné de l’énergie pour aborder les nouveaux défis et les nouveaux challenges. Nous avons attendu un certain nombre de choses que nous n’avons pas eu à l’interne comme à l’externe. Ces attentes seront abordées autrement cette année. Au niveau des résultats scolaires, des examens et concours auxquels les enfants ont pris part, les résultats ont été globalement bons. Nous remercions tous ceux qui ont contribué à cela.

Quels sont les enjeux pour cette année 2019 ?

2018 a connu des évaluations et nous avons eu beaucoup d’audits accompagnés de recommandations que nous allons mettre en œuvre au cours de l’année. Nous avons eu des évaluations d’impact menées par des structures bien reconnues au niveau international. Ces évaluations sont accompagnées également de recommandations que nous allons mettre en œuvre pour parfaire les résultats que nous avons eus. Nous avons, au niveau de nos programmes, des engagements que nous appelons la promesse d’une prise en charge en lien avec tout ce qui prend en compte le développement de nos cibles. C’est aussi une année où nous avons eu l’approbation véritable de nouveaux projets à mettre en œuvre avec les structures étatiques. Nous avons aussi intégré l’employabilité et l’autonomisation des enfants que nous prenons en charge. Tout cela constitue des préoccupations à tous les niveaux de l’organisation. Ce sont des choses que nous allons essayer de mettre en œuvre avec un projet que nous dénommons « YouthCan », qui connaîtra bientôt son lancement officiel. En plus de ces défis, il y a les innovations qui sont en cours. Nous avons des défis de communication pour que les gens puissent vraiment nous connaître et mieux s’approprier la problématique de la prise en charge des enfants à SOS. Nous avons beaucoup de projets de partenariat et des innovations dans ce sens pour une meilleure connaissance de l’organisation par les populations. Nous mettons aussi en place de nouveaux projets qui pourront impacter la communauté et les enfants qui constituent notre groupe cible. Ce sont des actions qui demandent beaucoup de moyens que nous voulons réaliser avec des partenaires.

Qu’est-ce qui fait la particularité de SOS par rapport aux autres structures de prise en charge des enfants ?

La première des choses que fait SOS et qui est différent des autres structures, c’est que les cibles de SOS nous imposent de faire une prise en charge individualisée dans tous nos programmes. Cette prise en charge individualisée conduit inévitablement à une prise en charge beaucoup plus étendue. Cela peut aller de 0 à 17 ans, voire 24 ans. Toutes les structures ne peuvent pas faire cela. La particularité aussi, c’est que SOS mise beaucoup sur le fait que les enfants doivent vivre dans une famille. Aucun enfant ne doit vivre seul. Ils doivent tous être avec une famille, que ce soit une famille de substitution, une famille d’accueil ou une famille biologique. Quand c’est la famille biologique, elle est renforcée pour permettre à l’enfant d’obtenir dans ce creuset familial tout ce dont il a besoin pour se développer. La famille peut être une famille de substitution dans nos maisons familiales, dans nos Villages où l’enfant a la possibilité de tisser des liens familiaux et d’avoir des racines. C’est aussi le cas pour les familles d’accueil que nous voulons mettre en place. La particularité se trouve vraiment dans cette attention accordée à la spécificité d’un enfant dans un lien familial.

Quelle place occupe SOS au sein des structures de protection de l’enfant ?

SOS a toujours travaillé en lien avec les politiques du pays. Ce qui fait qu’il y a la nécessité de travailler en partenariat avec beaucoup d’autres structures pour aborder les questions qui touchent les grandes décisions. Cela a conduit SOS à la présidence du RESPESD. SOS a été aussi désigné pour occuper le poste de rapporteur dans l’Agence de l’adoption des enfants au niveau du pays. SOS intervient beaucoup au niveau du plaidoyer pour que des lois, des décisions soient prises, vulgarisées et mises en œuvre pour le bien-être des enfants.

Outre ces actions, qu’est-ce que SOS lègue concrètement à la Nation ?

Au bout du fil, SOS place des jeunes, des citoyens prêts à être utilisés par la Nation. C’est l’occasion pour SOS de contribuer à la réduction de la pauvreté, à la mise en œuvre des Objectifs du Développement Durable tels que les ODD 2, 4, 8 et 17 pour que vraiment, les objectifs soient atteints au niveau national et international. C’est la participation de SOS à la réduction des atteintes à l’enfance. Par extension, SOS produit des jeunes, des hommes et des femmes prêts à être des acteurs pour une réduction de la pauvreté.

Quel est votre mot de fin pour conclure l’entretien ?

Je voudrais inviter tous les lecteurs de Educ’Action à faire ce qu’ils peuvent pour que les enfants qui sont en situation difficile, retrouvent la joie familiale ; que cela soit dans un creuset familial biologique ou dans un creuset familial reconstitué pour leur bonheur. SOS Village d’Enfant est une ONG qui est ouverte à tout le monde. Donc, ils peuvent chercher à voir ce qui est fait afin d’apporter leurs soutiens matériel ou technique à l’œuvre qui est que les enfants doivent vivre heureux.

Wilfried Aimé Tchibozo

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.