Jeunes licenciés en Droit au Bénin : Les raisons profondes d’une employabilité difficile

 

Chaque année, nombreux sont les étudiants qui sortent de la Faculté de Droit et des Sciences Politiques (FADESP) de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) avec leur premier diplôme académique : la licence.

Cependant, ne fait pas toujours les études en Droit qui veut mais qui peut, en raison du coût de la formation, à partir de la 1ère année de Master. Malgré le désir ardent de nombreux étudiants à faire carrière en Droit, le défaut de moyens financiers constitue un obstacle majeur à la réalisation de leur rêve. Ainsi, décident-ils d’arrêter leurs études en si bon chemin. La véritable question est de savoir si le seul diplôme de licence en Droit peut permettre à ces étudiants de gagner leur vie. Les étudiants nous font part des réalités auxquelles ils font face, tandis que des spécialistes se prononcent sur les réalités de leur employabilité. Lisez plutôt !

La licence est le premier diplôme universitaire qu’obtient tout étudiant qui poursuit ses études dans l’enseignement supérieur. Que signifie avoir une licence en Droit ? C’est la question à laquelle répond Prof Samson Igor Guèdègbé, titulaire de la Chaire Unesco Droit de la personne humaine et de la Démocratie (Dphd), qui martèle « Avoir une licence en Droit, signifie pour faire court, qu’on a eu à faire trois années à la Faculté de Droit et des Sciences Politiques après l’obtention du BAC. Donc, au terme de ces trois années, pour ceux qui ont eu la chance de finir après trois années rigoureusement, ces gens obtiennent leurs diplômes de licence en Droit. Pour dire les choses simplement, c’est faire trois années en faculté de Droit et avoir bouclé toutes les unités d’enseignement ». Ainsi, la licence en Droit ne se résume pas seulement au fait de passer le cap de trois années, mais aussi de valider toutes les unités d’enseignement en vue d’être en mesure de rentrer en possession de son diplôme. Roch David Gnahoui, Agrégé des Facultés de Droit et Doyen de la FADESP explique le processus d’obtention du diplôme de la licence en Droit : « Quand vous avez fini régulièrement la licence, lorsque vous avez validé la première année, la deuxième année et que vous n’avez aucune reprise pour les différents niveaux, dès que c’est terminé et que vous êtes certain que vous avez tout validé, vous déposez une demande. La demande est accompagnée d’une modique somme de 500 francs CFA pour les relevés et puis à partir de ce moment, l’administration va faire des recherches, parce qu’il faut vérifier d’abord si les PV attestent que vous avez validé. Si c’est le cas, on va vous délivrer votre diplôme que le doyen va signer et si ce sont des relevés de notes, le vice doyen va signer tout en faisant cas des difficultés rencontrées. Parfois, on a quelques difficultés parce qu’on a un appareil qui permet de délivrer les diplômes qui tombent souvent en panne. C’est un très vieil appareil et nous sommes en train de penser à son remplacement par un système informatique carrément pour avoir la paix ».

Mario Metnou Procureur du Tribunal de Premire Instance de Cotonou

Mario Mètonou, Procureur du Tribunal de Première Instance de Cotonou

De la faisabilité des stages…

Si l’obtention du diplôme semble bien facile et sert de quitus à l’étudiant pour faire valoir ses compétences sur le terrain, n’empêche qu’il soit confronté à des réalités qui ne vont toujours pas à son avantage. Entre autres, se faire accepter pour un stage dans des cabinets ou dans une administration. Deo-Gracias Gantezounon, est étudiant titulaire d’une licence en droit privé à la FADESP/UAC obtenue durant l’année universitaire 2017-2018. Il déclare : « Toutes mes démarches ont été vaines. J’ai déposé plusieurs dossiers dans des cabinets d’avocats, mais sans succès ». Tout comme cet étudiant, ils sont nombreux à errer ici et là, à la recherche de stage. Le stage en effet, constitue l’une des étapes nécessaires pour les étudiants désireux de poursuivre leurs études en Master. Deo-Gracias Gantezounon, affirme que l’administration exige dans le dossier d’inscription en master, l’attestation de stage après la licence. Si l’attestation de stage constitue une pièce maîtresse pour la poursuite des études en Master, comment comprendre que dans le même temps les étudiants n’aient pas l’opportunité de faire des stages ? Qu’adviendra-t-il alors d’eux ? La FADESP tient-elle compte de cette réalité ? Accompagne-t-elle les étudiants ? Face à ces préoccupations, Roch David Gnahoui, doyen de la Faculté tente d’expliquer : « Vous avez un tissu économique, qui, aujourd’hui, ne permet pas de dire systématiquement que la faculté va mettre les étudiants à la disposition des entreprises. On n’a pas de partenariats en tant que tel. Le rectorat fait des efforts dans ce sens, mais tout n’est pas aussi rose que l’on pourrait penser. Donc, les étudiants font par eux-mêmes, la diligence nécessaire pour trouver des stages. Le rectorat et le décanat font des efforts pour trouver des stages aux étudiants. Mais il est impossible de satisfaire tous les étudiants demandeurs de stage en raison du nombre de places disponibles ».

Des causes et critères de sélection …

Tous les étudiants ne restent pas sans faire de stage. Malgré la multitude qui semble désespérée, certains arrivent à tirer leur épingle du jeu. C’est le cas de ces quelques étudiants admis en stage au Tribunal de Première Instance (TPI) de Cotonou, que renseigne Mario Mètonou, procureur du TPI de Cotonou. « J’ai déjà accueilli au parquet de Cotonou des stagiaires de niveau licence effectivement. La procédure, elle est simple. Soit la demande m’est adressée directement et moi je la transmets au garde des sceaux pour avoir son avis, son autorisation, soit c’est une demande qui est adressée au ministre de la justice et lui, en donnant son avis favorable me retransmets la demande pour que je puisse accueillir les étudiants. Donc, nous avons déjà accueilli au parquet de Cotonou et je crois aussi qu’on a reçu également des étudiants qui voulaient écrire la licence et qui veulent valider l’année dans la vie active avant de retourner pour continuer le Master », a confié le procureur. Cela étant, qu’est-ce qui explique le fossé entre l’offre et la demande ? Pour Mario Mètonou, « le ministre ne peut pas accepter toutes les demandes. Moi non plus, je ne peux pas donner un avis favorable à toutes les demandes puisque de toute façon, nous n’avons pas beaucoup de places. Les demandes aussi ne sont pas pour les fonctions auxquelles on pourrait les employer et par rapport à cela, on ne peut pas accueillir tout le monde ». Aussi poursuit-il, « je ne connais pas le chiffre exact. Mais je crois savoir qu’il y a un millier d’étudiants en droit qui sortent chaque année et, effectivement, les entreprises et, les structures que nous avons sur place ne peuvent accueillir ces étudiants. Oui, le marché de l’emploi est étriqué, on ne peut pas accueillir tout le monde, c’est clair ». Le Prof Samson Igor Guèdègbé ne reste pas loin de cette affirmation quand il ajoute que c’est difficile puisqu’ils sont nombreux. « Les cabinets d’avocats dont nous parlons, ne sont pas nombreux. Les centres d’accueil ne sont pas nombreux. Surtout lorsqu’on parle du Droit, les banques en prennent quelques-uns, j’en connais. Voilà un peu l’image, qu’offre cette étape de la vie des étudiants, une étape cruciale, mais qui s’impose sans routine en raison de la massification aussi et des difficultés à gérer par nos universités ces dernières années », renseigne-t-il. Abondant dans le même sens, l’actuel doyen de la FADESP, va plus loin quand il renchérit : « Nous ne pouvons pas dire aujourd’hui que quand 400 étudiants vont sortir avec la licence en Droit, ils seront tous quelque part en stage. Ce serait de l’utopie. Ce n’est pas possible. Donc, que chacun se batte d’abord parce que d’ailleurs ceux qui iront en stage, ce sont les meilleurs ». Pour ainsi remédier un tant soit peu à cette situation, il y va de la prise en compte de certains critères, qui, certainement, ne profiteront pas à tous. A cet effet, Mario Mètonou articule : « Je crois qu’on regarde déjà le diplôme. On regarde le profil de la personne. On voit forcément quel est le niveau, quelles sont les notes obtenues, quel est le parcours. On demande que la personne dépose un curriculum vitae et puis on fait une enquête de moralité parce que, même s’ils n’ont pas accès directement au dossier judiciaire, ce sont des gens qui seront en contact avec des informations qu’il ne faut pas leur permettre de divulguer. On est obligé de mettre quelques critères sinon, on sera totalement envahi ».

Des autres facteurs et conséquences accessoires …

L’insuffisance de stage dû au tissu économique relativement faible ne reste pas sans conséquences sur les études des étudiants qui souhaitent faire carrière en Droit. L’absence de stage leur permettant de mettre en valeur les connaissances théoriques acquises tout au long des trois années d’apprentissage les conduit à envisager d’autres perspectives qui ne restent pas sans avoir des conséquences. « Juste après la licence, j’ai été recruté en tant qu’agent commercial dans une société exportatrice de boisson. Ce job ne rapportait pas grand-chose, mais j’ai officié au sein de l’entreprise pendant 18 mois. Maintenant, je décide me lancer dans l’entreprenariat et finaliser très prochainement la création de mon établissement », a confié Deo-Gracias Gantezounon, titulaire de la licence en Droit depuis 2018. Malgré cette déviation, il a toujours à cœur la poursuite de ses études en Master. Comme lui, bien des étudiants, par manque de stage, s’adonnent à de petites activités, qui, au fil des années, finissent par prendre totalement la place des études. Outre le défaut de stage, issus généralement de familles relativement modestes, le défaut de moyens financiers bloque nombre d’étudiants dans leurs perspectives de se percher plus haut. Rémy fera comprendre qu’il n’a pas encore commencé les études en Master pour deux raisons. « Principalement, à cause de moyens. À côté des frais d’inscription, on a bien d’autres moyens comme par exemple payer les documents et si on n’a pas de soutien, il faut se préparer. Accessoirement, il y a l’absence de stage qui peut poser problème puisque l’administration exige dans le dossier d’inscription en Master, l’attestation de stage après la licence », explique-t-il. Interrogé sur la question, le Prof Samson Igor Guèdègbé fait connaître sa part de vérité en ces termes : « je voudrais bien relativiser les choses. Principalement, parce que je reçois beaucoup d’entre eux ici et la mort dans l’âme, je vois certains qui étaient vraiment brillants, mais qui, en réalité, faute de moyens, ne peuvent pas continuer leurs études. Donc, c’est réel. Le défaut de moyens constitue principalement, un obstacle pour beaucoup d’entre eux dans la poursuite de leurs études parce que figurez-vous, 351.200 Francs CFA pour le Master 1, ce n’est pas donné à tout le monde. Après, il faut envisager 651.200 francs CFA pour le Master 2. Là aussi, je crois que c’est une autre paire de manche. Mais, deuxième chose, puisque les étudiants sont appelés à observer une annnée de stage avant de revenir pour le Master, il y a certains, qui, une fois ayant fait leur chute dans la vie active, ne retrouvent plus les élans nécessaires pour continuer leurs études et de s’arrimer. Donc, ils abandonnent leur amour pour les études. Cela aussi, les moyens n’étant pas au rendez-vous, et comme ils ont trouvé quelque chose sous la main très rapidement, ils sont emportés par le vent des petits jobs, par le vent des petites activités durant cette année et je crois que ça aussi, ça nous fait perdre des têtes bien faites qui auraient pu aussi continuer vraiment leurs études pour le bonheur de cette Nation ».

Face à la réalité …

Si beaucoup d’étudiants en viennent à abandonner leurs études pour une raison ou pour une autre, il convient de se demander si ceux-ci peuvent se faire une place au soleil, de quoi gagner leurs vies et ceci avec le diplôme de la licence en Droit ? Titulaire de la Chaire Unesco DPHD, Prof Samson Igor Guèdègbé dira que : « l’étudiant, qui, aujourd’hui dans le système LMD, a fini avec la licence, un tel étudiant s’il a bien suivi les cours, présent, assidu au cours, il a les fondamentaux et il a aussi ce qui est nécessaire pour pouvoir être utile dans une administration où on discutera du Droit, on fera fonctionner les éléments de Droit. Donc, franchement, moi je crois qu’un étudiant qui a sa licence dans le système LMD aujourd’hui a tout ce qu’il faut, a le nécessaire, le minimum pour convenablement faire ses marques dans tout domaine juridique ». L’étudiant peut faire preuve de capacité avec son diplôme de licence. Cependant, en a-t-il toujours l’occasion vu le secteur de l’emploi qui est suffisamment étriqué ? Roch David Gnahoui dans la même optique que Samson Igor Guèdègbé va marteler que : « Si le Bac, à priori n’est pas un diplôme, c’est plutôt un parchemin qui permet d’aller à l’université ou d’intégrer l’enseignement supérieur. Si le Bac n’est pas un diplôme en tant que tel, normalement lorsqu’on a fini avec la licence cela veut dire qu’on a quand même une petite connaissance qui permet d’aller sur le terrain ou sur le marché de l’emploi. Alors, reste à savoir s’il y a des employeurs qui sont décidés à recruter. C’est là le problème de la question de l’offre et de la demande. Forcément, c’est une équation qu’il faut résoudre. Je peux avoir même mon Master en Droit des Affaires ou en Marketing ou je ne sais quoi, je peux trainer pendant 2 ans ou 1 an parce que l’entreprise n’a pas encore besoin de travailleur ». Même avec le diplôme en mains, plusieurs étudiants restent chômeurs et ne peuvent gagner leurs vies que par le biais de petites activités. Pour l’étudiant Deo-Gracias Gantezounon, avec la licence, on peut bien s’insérer professionnellement s’il y a l’offre. Seul bémol, les offres qu’on a souvent ne correspondent pas au diplôme. Il en est de même pour Aurore, ancienne étudiante à la FADESP, maintenant à Canal+, qui, dans un sentiment de colère déclare : « je me débrouille avec mon job actuel et je ne sais même plus quoi faire avec ma licence qui ne donne pas accès à un poste de responsabilité dans l’administration. Il n’y a nulle part où ils lancent de concours pour demander la licence, sauf celui de greffier et combien l’Etat en lance-t-il par an ? ». Par ces affirmations pointant du doigt la responsabilité de l’Etat dans l’employabilité des jeunes licenciés en Droit, quelles peuvent être les issues possibles qu’offre l’Etat ?

Samson Igor Guedegbe Professeur titualire la Chaire Unesco lUAC

Prof Samson Igor Guèdègbé, titulaire de la Chaire Unesco DPHD

De la responsabilité de l’Etat

L’Etat est l’employeur, qui, par des concours et différents tests, recrute chaque année un nombre important de jeunes diplômés tous secteurs confondus. Toutefois, les jeunes diplômés de licence en Droit peuvent-ils faire recours à ces opportunités pour avoir l’assurance de leurs vies. Des propos recueillis auprès des étudiants, il ressort que seul le concours de greffier est celui présenté aux jeunes licenciés. Qu’adviendra-t-il alors de ceux qui ne voudront pas l’être ? Le doyen Roch David Gnahoui éclaire : « Il peut aller dans l’administration, à des niveaux bien différents. On recrute Bac +3 aujourd’hui, on recrute Bac + 5. Mais, il faudrait qu’il y ait possibilité de recrutement parce qu’il y a des postes disponibles dans tous les cas, sinon ce n’est pas possible. L’Etat fait des efforts parce que chaque année, il y a des gens qui vont à la retraite, donc on renouvelle, on relance des concours dans presque tous les domaines. Mais chacun va essayer de se situer quelque part en se disant moi, voilà mon niveau, voilà mes connaissances, voilà ce pourquoi moi je peux postuler. Dans tous les cas, nous avons vraiment quelques difficultés parce qu’on ne peut pas résorber tout le monde immédiatement, surtout quand on sort d’une faculté. Ce sont les écoles qui bénéficient un peu plus de recrutement direct, mais les facultés non ». Pour le procureur du TPI de Cotonou, l’Etat s’évertue à mettre en place des structures, il s’efforce à mettre en place des conditions et un contexte économique favorable à l’éclosion de nouvelles entreprises. Par contre pense-t-il « le plus gros pourvoyeur d’emploi, ce sont les entreprises privées et donc, pour que les étudiants puissent trouver un emploi afin que le taux de chômage soit ramené maintenant à un niveau acceptable, il faut que les entreprises privées puissent être créées rapidement, mais il faut que ces entreprises puissent prospérer, puissent faire des bénéfices et c’est dans la mesure où elles seront en train de se développer qu’elles pourront recruter davantage de gens ». Les chances d’employabilité s’avèrent très minimes pour la grande masse des jeunes diplômés de la licence en Droit. La pléthore de ces étudiants qui ne cessent de s’accroitre ne permet toujours pas à l’Etat, ni aux entreprises privées de satisfaire la majorité. Ainsi, de nouvelles perspectives s’imposent tant du côté des étudiants que des gouvernants et chefs d’entreprises.

Roch Gnahoui David Agrg des Facults de Droit Doyen de la FADESP

Roch David Gnahoui, Agrégé des Facultés de Droit, Doyen de la FADESP

Nouvelles perspectives et approches de solutions

Il ne suffit pas d’avoir le diplôme pour espérer devenir salarié, il faut aussi de la compétence et de la capacité. Mais bien plus dans le contexte économique actuel, s’orienter vers de nouveaux horizons en attendant de se positionner avec tout le potentiel que l’on requiert. C’est dans ce sens que le procureur Mario Mètonou explique : « le diplôme, ce n’est qu’un parchemin. Ce n’est pas une fin en soi. On peut avoir le diplôme avec les meilleures notes et n’être utile à rien du tout. Mais vous pouvez ne pas avoir le diplôme et être totalement doué dans plusieurs domaines. Donc, vous avez le diplôme, mais c’est ce que vous savez faire, ce que vous arrivez à faire avec ce diplôme, la façon dont vous arrivez à vous adapter dans le monde de l’emploi, c’est ça qui importe en fait. La plus-value que vous apportez à la formation que vous avez reçue à l’école. C’est ça qui vous permettra d’avancer dans la vie ». Il poursuit : « je pense qu’il ne faut pas rester accroché à la formation qu’on a reçue à l’école et se dire j’ai fait une formation en Droit, je ne peux qu’exercer dans un cabinet de droit, au ministère de la justice, dans une entreprise. Non, vous pouvez avoir une formation de juriste et vous retrouver à faire des métiers qui n’ont rien à voir avec le Droit et vous vous retrouvez à exceller dans ces métiers. Donc, il ne faut pas s’enfermer dans ces diplômes, il ne faut pas se mettre des barrières. Je ne dis pas qu’il ne faut pas avoir de diplômes, je ne dis pas qu’il ne faut pas faire un travail en lien avec son diplôme, je ne dis pas qu’on peut sortir juriste et aller faire le travail de mécanicien, c’est radicalement opposé. Mais je dis qu’il ne faut pas que le diplôme soit pour vous un blocage. Vous devez pouvoir vous départir de ces considérations et vous adapter au monde du travail ». S’adapter au contexte actuel du marché de l’emploi s’avère important pour le procureur du TPI de Cotonou dont les propos sont appuyés par Roch David Gnahoui, doyen de la FADESP qui suggère dans un premier temps une solution émanant de l’Etat. « L’Etat va proposer en fonction de la modernisation de l’administration, permettre peut-être qu’à certains niveaux, on fasse un recrutement parce qu’on vise une certaine évolution, une certaine modernisation dans un domaine ou dans un autre. Donc, cela c’est une approche quasiment étatique », suggère-t-il avant de nourrir les licenciés en Droit en conseils comme c’est précédemment le cas du procureur du TPI de Cotonou. « La deuxième approche, c’est que ce sera quand même difficile de considérer aujourd’hui que quand on sort avec une licence en Droit, vraiment la porte est ouverte. Ce n’est pas gagné d’avance. Déjà, avec un Master, c’est difficile. Donc, vous voyez la licence qui est un peu en bas, c’est également très difficile. A mon avis, il y a l’obligation pour les étudiants qui veulent se former, qui veulent vite avoir un emploi, d’aller dans des secteurs qui sont plus prometteurs, des secteurs qui permettent d’avoir la technique au lieu de venir faire à l’université, lettres, géographie ou recruter des gens s’avère quasiment difficile », fait-t-il observer. La licence en Droit ne garantit pas toujours un emploi dans un secteur suffisamment étriqué comme celui du Droit et place n’est réservée qu’aux plus méritants et persévérants. Cependant, le diplôme n’étant pas une fin en soi, il convient aux jeunes licenciés de converger vers d’autres secteurs plus prometteurs dans l’attente de trouver des issues possibles dans leurs domaines de rêve.

Gloria ADJIVESSODE (Stag)

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