Fonctionnement de la bibliothèque universitaire : Exiguité de l’espace, manque d’ouvrages et écarts de langage handicapent la recherche

Bâtiment moderne imposant en face du rectorat et faisant corps au Campus numérique francophone de l’Université d’Abomey-Calavi, la Bibliothèque universitaire, vieille de 49ans d’existence, est le plus grand cadre de recherche documentaire de l’Université d’Abomey-Calavi.

Hélas, cet espace de recherche est confronté à des difficultés qui l’empêchent de jouer pleinement son rôle au sein de la communauté universitaire. Reportage !

L’intérieur grouille déjà d’étudiants au passage de l’équipe de reportage du journal Educ’Action dans la matinée du vendredi 26 avril 2019. Bienvenue à la Bibliothèque universitaire, espace de recherches documentaires le plus fréquenté par les étudiants de l’Université d’Abomey-Calavi. Assis sur des chaises disposées autour des tables, les usagers de la bibliothèque ont les yeux rivés sur leur livre. Etudiante en première année à la FASEG, Paola Bassa est une habituée du cadre. Invitée à donner ses impressions sur la Bibliothèque universitaire, l’étudiante confie : « Je crois que la bibliothèque est bien équipée, mais les chaises et les tables sont en nombre insuffisant. Regardez comment nous sommes accolés les uns aux autres. Des fois, nous venons ici mais nous ne trouvons pas les livres. Il y a un manque criand d’ouvrages ». Un avis que partage sa camarade des Lettres Modernes à la FLLAC, Marie-Franck Boton, qui renchérit en ces termes : « Il n’y a pas tous les documents ici, surtout les documents littéraires. C’est un cadre adéquat pour apprendre et bien travailler mais malheureusement, le constat est qu’on retrouve des noms de documents dans les registres, dans les ordinateurs mais pas dans les rayons et c’est dommage ». Pour élucider les raisons du déficit de documents soulevées par les usagers de la Bibliothèque universitaire que nous avons interrogés, il faut prendre de la hauteur. Cap donc sur le premier niveau du bâtiment de la Bibliothèque universitaire qui abrite le bureau du directeur. Habillé d’une tenue bazin de couleur bleu, Denis Agbessi, officiant en qualité de directeur de la Bibliothèque universitaire, explique les raisons de l’insuffisance de documents. « Les bibliothèques font l’effort de mettre à disposition du public les ouvrages pertinents dont ils ont besoin, mais il y a le fait de la massification. Le problème du ratio Etudiants-Livres fait que nous, pays en développement, n’arrivons pas encore à satisfaire le besoin, il faut l’avouer. Ce n’est pas un crime, ni une faiblesse ; mais c’est ce à quoi nous sommes confrontés. Nous avons les livres, mais il suffit qu’un enseignant indique un livre à ces étudiants pour que tout le monde se rue vers la Bibliothèque universitaire. On ne peut pas avoir autant de livres pour autant d’étudiants. Dans ces conditions, c’est peut-être quatre livres que nous disposons pour tout le monde. Les gens ne comprennent pas qu’on ne peut pas disposer d’autant d’exemplaires d’ouvrages pour l’effectif qu’ils constituent », renseigne-t-il avant de dévoiler les mesures envisagées pour pallier l’exiguïté de l’espace.

Création d’une plateforme numérique pour soulager les étudiants

Depuis l’année dernière, informe Denis Agbessi, ce n’est plus le problème de fréquentation de la bibliothèque qui pose problème, mais l’exiguïté de l’espace parce qu’ils viennent beaucoup. « Nous avons mis en place des stratégies de communication au point où les fiches d’inscription portent la mention obligation pour l’étudiant de passer à la bibliothèque et de donner ses références. Tout cela a porté des fruits et aujourd’hui, sans vous mentir, nous avons de l’affluence dans nos locaux. Pour une capacité d’accueil de 200 personnes au plus, on se retrouve parfois à 600 personnes qui viennent faire la ronde devant la bibliothèque. Je suis même peiné de voir que certains étudiants viennent pour des recherches, mais parce qu’il n’y a plus de places à l’intérieur, ils sont obligés de rebrousser chemin », a indiqué le directeur de la Bibliothèque universitaire, avant de renseigner sur deux projets en cours de réalisation pour soulager les étudiants. Le premier projet concerne la mise en place d’une plateforme de recherches numériques qui va être logée dans l’enceinte de la Bibliothèque universitaire pour permettre aux étudiants d’acquérir la méthodologie de la recherche en ligne. « Nous avons un projet de plan d’extension de la Bibliothèque universitaire. Nous allons faire le plaidoyer pour que des partenaires puissent nous aider pour sa concrétisation et ce n’est même pas la bibliothèque qui s’en occupe, mais le rectorat et le ministère de tutelle. A défaut de construire une autre bibliothèque, il y a de l’espace pour qu’on puisse agrandir celle existante », a éclairé Denis Agbessi au sujet du second projet. Pour les étudiants, le cadre est propice pour la recherche documentaire et rien n’est à reprocher au personnel. Ceci n’est forcément pas l’avis du personnel de la bibliothèque lorsqu’ils sont invités à apprécier le comportement des étudiants qui fréquentent leur unité de travail. Chef service de la communication et de la coopération de la Bibliothèque universitaire, Gérard Agossa éclaire sur quelques dérives constatées souvent dans le rang de certains étudiants qui fréquentent la Bibliothèque universitaire. « Il y a certains étudiants qui pensent qu’une fois arrivée à l’université, ils sont devenus grands et veulent mettre tout le monde au même pied d’égalité. On enregistre souvent des écarts de langage et des sauts d’humeur dans le rang de certains étudiants qui pensent que les documentalistes ou archivistes sont des gens qui n’ont pas grand niveau de formation qu’eux », se désole-t-il.

Edouard KATCHIKPE

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