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Budget 2019 de l’ESTFP : Une gamme de réformes pour booster la technicité des apprenants

On peut comme une pyramide renversée, après la brochette des chiffres et statistiques susceptibles de projeter sur orbite le sous-secteur Supérieur et la recherche Scientifique, le monde des Enseignements Secondaire, Technique et la Formation Professionnelle s’ouvre à vous, avec ses spécificités, ses ambitions et réformes.

Doté d’un budget annuel de l’ordre de 75.006.732.000 Francs CFA en 2019 contre 77.104.580.000 de Francs CFA l’an passé, ce sous-secteur, par l’éventail de ses transmutations et innovations reconduites, entend reposer les jalons du développement du Bénin, fièrement implantés dans des axes éducatifs majeurs tels que : l’Enseignement secondaire général, mais surtout l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle très prisé et royalement positionné dans la nouvelle charpente du système éducatif béninois, allusion faite au Plan Sectoriel de l’Education, post 2015. Ceci pour bâtir, selon les réflexions des penseurs de l’heure, des développeurs, très loin des théoriciens. Dans ce numéro spécial qui est bien le prolongement de ces dossiers successifs sur le ‘‘Budget Education 2019’’, retrouvez le ‘‘nec plus ultra’’ de l’ESTFP avec sa gamme de réformes pour booster la technicité des apprenants.

Un budget 2019 en baisse avec la part belle au ‘‘Programme 1’’

L’ODD 4 qui place au cœur des enjeux éducatifs du monde, l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un pied d’égalité, et surtout la promotion des possibilités d’apprentissage tout au long de la vie, interpelle, à plus d’un titre, le Ministère de l’Enseignement Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. En l’occurrence par rapport à ses prérogatives et aux défis de l’heure. Et les chantiers semblent bien ouverts dans ce sous-secteur, au plan national, pour ne pas rater le coche à l’horizon 2030. Ce jeudi 14 mars 2019, dans les locaux de ce département ministériel, le travail est visiblement âpre. Hommes, femmes et cadres à divers niveaux ‘’besognent’’ avec plaisir. Chacun, dans son domaine de compétence et affairé, se démultiplie pour servir la nation éducative. Au bureau 106 qui offre tout son confort au secrétariat de la Direction de la Programmation et de la Prospective (DPP), la secrétaire, teint clair, coiffée d’un tissage touffu, s’empresse d’introduire au premier responsable des lieux, Arsène Zocli, les reporters de Educ’Action. Le Directeur de la Programmation et de la Prospective (DPP), vêtu d’une tenue locale, se concentre sur ses visiteurs du moment. Entre divers documents administratifs, l’homme se livre à l’exercice, dressant le point du budget de l’année écoulée (2018) avant de décrypter, chiffres et statistiques à l’appui, le budget de l’Enseignement Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle au titre de l’année 2019. « Pour l’année 2018, les taux d’exécution financière sont de 86,74% base engagement et de 83,93% base ordonnancement. Hors salaire, le budget 2018 du MESTFP est exécuté à 70,41% base engagement et à 62,67% base ordonnancement. En ce qui concerne le Programme d’Investissements Publics (PIP), les dépenses ont été engagées à 30,84% et ordonnancées à 11,73%. Le taux d’exécution physique du Plan de Travail Annuel (PTA 2018) du Ministère est évalué à 65% avec d’importantes réalisations », annonce le DPP comme pour planter le décor. Dans une démarche pédagogique, il s’évertue à clarifier ces concepts clés : Base engagement et Base ordonnancement. « Il y a une opération qui consiste à faire l’engagement, c’est-à-dire l’engagement physique du dossier. C’est quand on commence par toucher la caisse qu’on parle de Base engagement. Si l’argent est réellement ordonnancé, réservé et viré dans un compte ou quelque part, c’est alors qu’on parle de Base ordonnancement », a-t-il spécifié pour faciliter la compréhension. A l’en croire, le taux de réalisations de 2018 n’a pas atteint les 100% pour la simple raison que le SIGFIP a bien des contraintes. « Ainsi, les crédits sont chargés au cas par cas compte tenu des priorités de chaque sous-secteur », a-t-il déclaré. Pour ce qui est du budget 2019, le Directeur de la Programmation et de la Prospective renseigne qu’il a connu une baisse d’environ 2 milliards de Francs CFA. De 77.104.580.000 Francs CFA l’an passé, le budget 2019 du MESTFP est estimé à 75.006.732.000 Francs CFA à cause de la diminution des ressources affectées aux dépenses en capital, cette année. Il martèle, par ailleurs, que l’activité dominante consommatrice du budget est relative aux charges du personnel du ‘’Programme 1’’ avec un montant global de 50.421.077.000 Francs CFA. Il importe de préciser que le ‘’Programme 1’’ est bien le programme de pilotage qui soutient tous les autres programmes et qui implique la DPP, la DAF, l’Inspection, la DIPIQ, les ressources humaines, etc.

Plus d’1 milliard pour réaliser des infrastructures scolaires dans plusieurs localités

Au nombre des priorités de ce département ministériel au titre de 2019, la réalisation des infrastructures scolaires dans le sous-secteur secondaire. Il est un secret de polichinelle que l’Ecole béninoise, dans ses différents sous-secteurs, manque cruellement d’infrastructures : classes, tables, bancs, etc. et autres mobiliers, pour véritablement atteindre les performances éducatives. Et pour tacler le pouvoir public en lien avec cette réalité, le syndicaliste Thierry Dovonou, Secrétaire Général du Syndicat National des Professeurs Permanents et Contractuels du Bénin, s’est empressé, au détour d’une interview avec Educ’Action, de peindre en ces termes : « ... aujourd’hui, nous avons environ 816 collèges au Bénin et 80% de ces collèges ont au minimum 20 classes volantes. » Le souci, nul doute, de pallier la situation a motivé l’Etat béninois, à travers le Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle, a engagé un montant total de 1.278.327.000 Francs CFA aux fins de construire, pour cette année, des salles de classes et réaliser d’autres infrastructures pour le bonheur des apprenants et enseignants du secondaire. Plusieurs localités seront impactées par ce vaste programme de constructions.

Télécharger le Tableau des localités bénéficiaires des infrastructures scolaires et les montants alloués à chaque réalisation

De grands projets en perspective pour booster les Enseignements Secondaire, Technique et la Formation Professionnelle

L’autorité ministérielle, Mahougnon Kakpo, aurait bien l’ambition, de l’avis de ses collaborateurs, de créer un cadre idéal pour l’essor des Enseignements Secondaire, Technique et la Formation Professionnelle. C’est ainsi que sous sa houlette, des projets majeurs d’ordre éducatif seront bientôt exécutés pour contenter les parties prenantes du sous-secteur au titre du budget 2019. Au nombre de ces projets phares, quatre (04) seront intégralement financés sur ressources intérieures à hauteur de 1.854.736.000 Francs CFA. Il s’agit, entre autres, de Fadec-Investissement, un Fonds mis à la disposition du ministère en charge de la décentralisation au profit des mairies pour appuyer le sous-secteur d’un montant de 85.000.000 Francs CFA. A travers cet appui partiellement conséquent, le Ministère entend voler au secours des établissements scolaires dans les communes du Bénin. Les autres projets ont noms : « Projet Généralisation de l’Alphabétisation et Développement de l’Environnement Lettre (PGADEL) » qui s’élève à 129.000.000 Francs CFA ; puis le « Projet de Construction, de Réhabilitation et d’Equipement des Infrastructures Scolaires dans l’ESG (PCREI-ESG) » et le « Projet de Construction, de Réhabilitation et d’Equipement des Infrastructures d’ETFP (PCREI-ETFP) » qui reçoivent respectivement 622.670.000 Francs CFA et 1.018.066.000 Francs CFA. Par ailleurs, quatre (04) autres projets se verront attribuer un montant global de 3.975.000.000 Francs CFA sur financement des ressources extérieures de l’Agence Française pour le Développement (AFD). Il s’agit, en effet, du « Projet de Soutien à l’Enseignement Secondaire (SEnS) » qui reçoit à hauteur de 1.310.442.000 Francs CFA ; le « Projet de Développement de l’Enseignement Technique, de la Formation et de l’Insertion Professionnelle » avec un montant de 840.555.000 Francs CFA ; le « Projet d’Appui à la Formation Professionnelle et à l’Insertion des Jeunes » pour une contribution de 72.121.000 Francs CFA et enfin le « Projet d’Appui à l’Enseignement Secondaire au Bénin » qui bénéficie de 1.751.882.000 Francs CFA.
Parmi ces grands projets à réaliser cette année 2019, il y a bien le Projet de Construction, de Réhabilitation et d’Equipement des Infrastructures d’ETFP (PCREI-ETFP) qui retiendrait, selon les indiscrétions, l’attention particulière du premier responsable du Ministère. Arsène Zocli, le DPP, confirme en ces termes : « ... cette année, la vision du Ministre, c’est qu’au niveau du PCREI-ETFP, nous puissions procéder à l’ouverture du Centre de formation professionnelle de Bopa et du Lycée de Tchaourou dès la rentrée prochaine. »

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Source : Budget classique MESTFP, gestion 2019

Des innovations reconduites, une chaîne de dépenses pour traduire le PAG éducatif

En cours depuis l’an dernier, des innovations introduites dans le sous-secteur Secondaire, Technique et la Formation Professionnelle sont reconduites pour une bonne dose de performances, cette année. « Nous avons maintenu le même niveau de projets puisque nous sommes à une étape d’évaluation. C’est après cela que nous allons voir quels sont les projets qu’il faut intégrer pour corriger les dysfonctionnements que les études auraient révélés. Donc, on a maintenu les mêmes projets de construction. Nous sommes en train de concentrer nos efforts sur les différents diagnostics et ce n’est qu’après cela qu’on pourra créer d’autres projets », a renseigné Educ’Action, Arsène Zocli, Directeur de la Programmation et de la Prospection (DPP) du Ministère des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle. Toutefois, faut-il le préciser, la programmation des dépenses faite par le ministre Mahougnon Kakpo, au titre de la gestion 2019, est arrimée, a-t-on appris, aux directives du Programme d’Actions du Gouvernement (PAG) et prend en compte les axes prioritaires suivants : l’accroissement de la capacité d’accueil des lycées et collèges du sous-secteur pour permettre à tout élève de se faire une place dans l’enseignement ; l’équipement des lycées et collèges en matériels didactiques et pédagogiques pouvant faciliter l’apprentissage des élèves ; la construction de 170 modules de 4 salles de classes et de 340 blocs de latrines à 4 cabines par le projet SEnS pour offrir des cadres d’apprentissage et de vie sains aux apprenants ; le renforcement et la modernisation des infrastructures de 7 établissements de l’EFTP dans le but de les transformer en établissements de référence thématiques par le projet DEFI-Pro ; l’optimisation de la qualité de la formation dans nos établissements ; la mise en œuvre du plan «2D» Déconcentration-Décentralisation ; la mise en œuvre de la stratégie du faire-faire en alphabétisation basée sur l’expérimentation des nouveaux matériels didactiques ; la contribution à la réalisation du projet de Bibliothèques numériques ; l’amélioration des conditions de travail dans l’administration pour un meilleur pilotage ; l’amélioration des actions en faveur des filles et des déscolarisés précoces ; le renforcement en moyens financier et matériel des Inspections Pédagogiques Déconcentrées pour l’encadrement et les contrôles efficaces des enseignants ; et la relance de l’EFTP pour en faire un véritable levier de développement économique du pays.

Une gamme de réformes pour 2019 : Enseignement Secondaire Général

D’importantes réformes sont annoncées et même entreprises pour les sous-branches des Enseignements Secondaire, Technique et la Formation Professionnelle. Ainsi, au niveau de l’Enseignement Secondaire Général (ESG), il est prévu la réforme relative à la mise en œuvre du plan d’urgence de relance des établissements publics de l’ESG. En effet, il s’agit d’un plan devant permettre la mise aux normes des établissements sur les plans infrastructures, personnel enseignant, gestion pédagogique, administrative et financière. Aussi, est-il engagé la mise en place d’un plan de renforcement des capacités des enseignants. Cette mise en place a commencé avec l’évaluation intellectuelle et diagnostic des enseignants organisée au début de l’année 2019 avec quelques couacs et résistances dans le rang des enseignants. Les résultats de cette évaluation devront normalement permettre d’élaborer le plan sus-indiqué. Le guide d’implémentation de la vie scolaire figure également au titre de ces réformes. Il contient les outils pour la mise en œuvre de la vie scolaire. Il permet, par ailleurs, aux gestionnaires d’établissements de voir l’établissement au-delà de la dimension pédagogique à travers les questions de la santé, l’environnement, la démocratie, la gouvernance, la paix. La mise en œuvre de ce guide d’intérêt amène donc chaque responsable d’établissement à élaborer un projet d’établissement (triennal) dont la réalisation constitue une réponse aux problèmes identifiés lors du diagnostic interne et pour finir, l’introduction de l’éducation sexuelle dans les curricula de formation à partir de la classe de 6ème.

Une gamme de réformes pour 2019 : Enseignement Technique et la Formation Professionnelle

A ce niveau, il sera question de réformer le cursus de formation de l’Enseignement Technique et la Formation Professionnelle au Bénin. Dès lors que l’éducation, en l’occurrence l’Enseignement Technique et de la Formation Professionnelle, est vue comme l’un des facteurs déterminants du développement économique et social d’une nation. D’ailleurs, les acteurs de ce sous-secteur estiment que la mise en place d’un bon système de formation technique et professionnelle favorise la disponibilité d’une main-d’œuvre qualifiée et offre assez d’avantages. Rappelons que l’initiative de la refonte de l’ETFP trouve bien sa justification, à en croire les cadres et techniciens, d’une part dans les constats de l’état des lieux et le contexte et d’autre part, dans les conclusions et recommandations issues des réflexions internes et externes, notamment l’inadaptation des profils d’entrée aux compétences techniques et professionnelles à développer ; l’inadéquation entre les profils de sortie et les besoins du marché du travail ; la nécessité d’adopter une définition inclusive et élargie du système de l’Enseignement et la Formation Techniques et Professionnels (ETFP) ; les recommandations du séminaire national de réflexions sur l’élargissement des offres du sous-secteur de l’ETFP de septembre 2009 et du deuxième Forum sur le secteur de l’éducation en 2015. Aussi, est-il envisagé une réforme de professionnalisation de l’ETFP. Il s’agit d’une nouvelle réforme en cours d’élaboration qui vise la restructuration profonde de l’ETFP pour en faire un levier de développement et de création d’emplois. Les actions de mise en œuvre de la stratégie devront être prises en compte au cours de l’actualisation du présent plan stratégique. « Pour l’ETFP, avec l’appui même des PTFs, nous sommes en train de revoir tout ce qu’il faut en termes de personnel, d’équipement, de programmes. On le fera avec les privés pour voir quelles sont les filières qu’il faut mettre en jeu désormais pour que lorsque les enfants vont terminer, ils soient directement employés et ces réformes sont très importantes pour nous. Parlant des étapes pour la réforme, on est en train de rédiger la stratégie qui sera exposée lors d’une table ronde technique. A la suite de la table ronde technique, nous allons passer à la table ronde qui s’occupe du financement et cela se fera à l’extérieur », a précisé, avec détails, le Directeur de la Programmation et de la Prospective, Arsène Zocli.

Un Plan quinquennal pour la décentralisation et la déconcentration du MESTFP

De façon générale, il est envisagé une réforme relative à la décentralisation et à la déconcentration du MESTFP. Le DPP renseigne qu’en 2018, le Plan de Décentralisation et de Déconcentration (Plan 2D) du Ministère a été élaboré et validé. Il s’agit d’un plan quinquennal qui vise à promouvoir la décentralisation et la déconcentration dans le sous-secteur des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle à travers la gestion rapprochée des services en renforçant les responsabilités et les attributions aux niveaux déconcentré et décentralisé.
La politique de manuels scolaires du Ministère est l’autre réforme engagée pour le compte de l’année en cours. Pour assurer l’amélioration continue de la qualité de l’enseignement, le MESTFP se résout à rédiger une politique de manuels scolaires. L’élaboration de ce document permettra de faire des manuels scolaires, des outils incontournables dans la formation des apprenants du secondaire.

Les Directions départementales de l’ESTFP financièrement mieux pourvues

Des efforts qui sautent à l’œil et qui méritent reconnaissances. Il s’agit de l’augmentation sensibles des cagnottes affectées aux Directions départementales des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle pour leur fonctionnement au titre de l’année 2019. Ces allongements budgétaires varient de 40 millions Francs CFA à 200 voire 300 millions Francs CFA, et même plus pour certaines directions à l’instar de la DDESTFP de l’Ouémé qui a vu passer son allocation annuelle de 6.677.666.000 Francs CFA en 2018 à 7.542.078.000 Francs CFA en 2019. Toutefois, il est à relever que la plupart des ressources allouées sont majoritairement dédiées aux dépenses du personnel avec au total une prévision de 48.907.141.000 Francs CFA. Le tableau ci-dessous renseigne largement sur cet état de chose.

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Tableau de répartition des allocations annuelles par Directions départementales des ESTFP

Les centres de métiers : Diverses fortunes !

Tout comme les Lycées techniques, les centres de métiers drainent également leur lot de difficultés. Et pourtant, la tendance aujourd’hui avec la nouvelle politique éducative semble privilégier les Lycées techniques et centres de métiers pour leur capacité à mettre rapidement l’homme dans la dynamique de l’employabilité. Encore des efforts à faire, pourrait-on dire, pour arrimer les gestes et actes au discours du moment.

Examens concours et tests nationaux : Des ressources intactes pour 2019

Les ressources allouées à l’organisation des examens nationaux dans l’Enseignement Secondaire Général et Technique n’ont pas changé en 2019. Par contre, le budget de la DEC secondaire a baissé de 33 millions Francs CFA.

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Tableau des dotations par centres de métiers

Les Lycées techniques financièrement moins lotis pour quelles performances ?

La cartographie des établissements secondaires d’Enseignement Technique et de Formation Professionnelle est constituée de Lycées techniques et de centres de métiers. Selon Arsène Zocli, Directeur de la Programmation et de la Prospective (DPP) du MESTFP, « ...les centres de formation s’occupent de l’apprentissage et délivrent des diplômes comme le CQP et le CQM alors que les Lycées forment pour des diplômes professionnels comme le CAP, DUT. Au Lycée agricole, on ne fait que des filières et les métiers liés à l’agriculture ». La politique de déconcentration des services administratifs de l’éducation place les Lycées techniques et centres de métiers sous la tutelle des DDESTFP. Seulement ici, des points d’ombre persistent sur l’affectation des ressources. De façon disparate et au fil des années, les moyens financiers sont affectés aux uns et pas aux autres. En guise d’illustration et à la lecture du tableau de répartition des ressources, le Lycée technique de Pobè avait reçu une dotation de 18 millions Francs CFA en 2018. Pour cette année 2019, les lignes budgétaires affichent 00 Francs pour ce même Lycée. Et pourtant, il est bien assujetti à des difficultés énormes comme par exemple le délabrement de ses infrastructures, etc. On aurait bien souhaité avoir des clarifications sur cette incongruité, hélas, nos démarches en direction du Directeur des Affaires Financières (DAF) du Ministère n’ont pu prospérer. Beaucoup d’autres Lycées du pays se retrouvent dans les mêmes difficultés de ressources financières. De l’avis du DPP, les vides budgétaires dans le tableau signifient qu’ « à ces niveaux, il n’y a pas de nouvelles mesures pour cette année. Voilà pourquoi des montants n’ont pas été alloués. Le budget est fait par nature ; s’il y a une rubrique qui ne concerne pas un Lycée, vous verrez qu’il n’y aura pas de fond alloué. Quand on prend par exemple la rubrique autres transferts courants qui a 00 Franc, cela veut dire que ce Lycée ne bénéficie pas d’autres transferts courants, mais de l’autre côté, c’est meuble acquisition pour le compte du tiers et là c’est meublé, cela veut dire qu’ils bénéficient. S’il y a un Lycée qui ne mérite pas d’une subvention, on va lui mettre 00 Franc seulement ».
En somme, ces lieux de formations pratiques vont recevoir 356 millions Francs CFA, soit une baisse de 44 millions Francs CFA par rapport à l’année 2018 ; alors que les DDESTFP brasseront 49.643.141.000 Francs CFA, soit plus de 139 fois le budget de ces établissements secondaires spécialisés.

4.154 enseignants sur un besoin total de 17.955 à recruter pour combler le manque dans l’ESTFP

Il n’est plus un secret que le manque d’enseignants dans le sous-secteur de l’ESTFP se fait criard, de jour en jour. Des informations collectées, l’Etat central doit pouvoir recruter pour le compte de cette année 2019, au moins 8.000 enseignants pour remédier au manque observé. Du côté du ministère, on évoque un gap de près de 17.955 enseignants dont 12.117 enseignants pour le premier cycle et 5.838 pour le second cycle. Seulement, pour cette année scolaire en cours, 4.154 enseignants seront recrutés pour le compte du sous-secteur en vue de combler le vide dans les Collèges d’enseignement général et les Lycées publics. De l’avis du DPP, ce recrutement devrait être fait l’an dernier, ce qui n’a pu être le cas. « Cette année, il sera fait », a informé Educ’Action, ce cadre du ministère.

La Rédaction

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