Budget 2019 de l’Enseignement Supérieur : Infrastructures, formation, recrutement : les grandes priorités

Passée la phase des généralités, nous voilà en plein dans le décryptage des budgets de chaque sous-secteur de l’Education, et le Supérieur semble bien donner le ton. Pourvu par le Parlement d’un montant, quoi que minime de 60.974.754.000 Francs CFA par rapport aux ambitions légitimes, le Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS) doit pouvoir surfer sur l’efficacité et l’efficience dans la gestion et le fonctionnement institutionnel dans l’espérance d’atteindre ses priorités qui se résument en ces points vitaux : Infrastructures, formation, et recrutement du personnel enseignant.

Avec Educ’Action, et dans le prolongement de ses dossiers spéciaux sur le ‘’Budget Education 2019’’, offrez-vous la gamme des chiffres et montants qui accompagnent les rêves pour le Supérieur en 2019.

De l’apurement des dettes et le transfert de Sèmè City

Dans notre parution précédente qui plante le décor de ce Spécial ‘‘Budget Education 2019’’, vous avez eu à lire les différents angles et versants des budgets des sous-secteurs de l’éducation. Pour ce focus sur le budget du MESRS, il convient déjà de rappeler que, contrairement au budget de 2018 en hausse qui s’élevait à 85.982.776.000 Francs CFA, celui de 2019 a dégraissé de 29,08%. Et pour bien de raisons ! Des précisions de Rodrigue Honkpehedji, Directeur Administratif et Financier (DAF) du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique, la baisse par rapport à 2018 s’explique d’une part par la démarche du Gouvernement de procéder à l’apurement de plusieurs dettes l’an dernier, puis d’autre part par le souci d’autonomisation budgétaire de la Cité Internationale de l’Innovation et des Savoirs (CIIS, Sèmè city). En clair, le budget de cette nouvelle structure éducative de l’enseignement supérieur a été sorti du budget global du MESRS.

Plaquette de Sm City

Plaquette de Sèmè City


Généralement, confie ce cadre du domaine financier, le budget de fonctionnement du Ministère est resté stable, mais les dépenses en capital ont connu une baisse liée aux raisons évoquées supra, passant de 35.500.000.000 Francs CFA à 8.249.744.000 Francs CFA. Les dépenses directement à la charge du MESRS (dépenses reparties) s’élèvent à 36.940.051.000 Francs CFA pour 2019 contre 34.978.167.000 Francs CFA en 2018. Les dépenses non réparties, composées essentiellement des charges communes, s’élèvent, elles, à 15.319.959.000 Francs, en baisse de 600.000.000 par rapport à 2018. Pour les huit (08) projets inscrits dans son portefeuille d’investissement en capital, Marie-Odile Attanasso avec l’appui de ses collaborateurs doit dépenser au total 8.249.744.000 Francs, soit 13,5% du budget du département ministériel. Les crédits affectés aux dépenses du personnel au titre des prévisions de 2019, s’établissent à 26.527.010.000 Francs CFA, représentant ainsi 43,50% du budget du MESRS et 50,31% des dépenses ordinaires en 2019. Il s’illustre donc que les charges du personnel constituent les principales dépenses du MESRS pour cette année.
Les achats de biens et services d’un montant de 1.567.708.000 Francs CFA en 2018 sont maintenus, à la lecture de la Loi de finances, gestion 2019. En somme, les dépenses de fonctionnement occupent globalement la grosse partie du budget du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS).

Recherche Scientifique et Innovation : Un parent pauvre

Différentes lignes budgétaires et même spécifiques sont attribuées à la Recherche Scientifique, à l’Innovation et à leur valorisation à travers le financement des structures qui en ont la charge. Seulement, cet effort semble bien maigre à la lumière des exigences scientifiques de l’heure et de la contribution des recherches scientifiques et des innovations au développement de tout pays.

Laboratoire

Dans un laboratoir du CBRSI

Le tableau en dessous qui exclut les formations doctorales, est assez symptomatique de la maigreur des ressources affectées à ce volet hautement stratégique. En effet, au total 1.037.243.000 Francs Cfa, soit 1,7% du budget du Ministère et 0,055% du budget national, exercice 2019 sont, hélas, dédiés au secteur des recherches scientifiques et des innovations. 409.243.000 Francs CFA de ces ressources, soit 39,45%, sont dévolus aux dépenses de fonctionnement vu que la destination des dépenses de transfert et les subventions d’exploitation ne sont pas connues. En plus de ces difficultés financières qui domptent ce secteur, il se pose un réel problème de coordination des actions des structures ayant la charge.

 

tab

ABRI, une nouvelle Agence en cours de création pour le salut de la Recherche Scientifique

«Il ne nous revient pas au MESRS d’augmenter le budget d’une structure. Au début de l’année, c’est le Ministère des Finances qui notifie notre budget. Si ce dernier nous notifie un budget qui ne subit pas un accroissement, nous non plus ne pouvons le faire. A défaut d’augmenter, il vaut mieux laisser les choses comme elles sont », a fait savoir le DAF Rodrigue Honkpehedji à Educ’Action pour expliquer la maigreur des ressources allouées à la recherche.
En réponse à ce statut quo, Bénédicta Houétchénou épouse Bodjrènou, Directrice de la Programmation et de la Prospective (DPP) du MESRS, informe qu’une réforme est en cours pour le salut de la Recherche Scientifique et l’Innovation au Bénin. « Nous sommes en train de faire une réforme pour revoir le cadre institutionnel de la recherche. Il s’agit de créer l’Agence Béninoise pour la Recherche et l’Innovation (ABRI). Dès que le Gouvernement définit les priorités, c’est l’agence qui devra conduire tout le processus de recherches jusqu’à la valorisation des résultats », a-t-elle élucidé, martelant que les textes de mise en place de l’Agence sont déjà élaborés et disponibles au niveau du Gouvernement. « Dès que les textes sortent, il sera procédé au recrutement du personnel dont le profil est déjà pris en compte. Nous allons construire l’ABRI avec ses laboratoires comme un grand complexe. L’étude est déjà lancée », a renseigné la DPP.
Quant à l’avenir des autres structures actuellement opérationnelles sur le terrain, le DAF Rodrigue Honkpehedji explique qu’on assistera à leur disparition pure et simple au profit de l’ABRI qui doit, dès lors, conjuguer l’ensemble des efforts dans le domaine de la recherche.

Les Universités Nationales du Bénin à l’aune de la disparité budgétaire

Une disparité saute à l’œil dans l’allocation des ressources aux universités. En effet, une université est composée d’un ensemble d’établissements appelés Facultés, Ecoles ou Instituts selon leurs modes de fonctionnement. L’observance et l’appréciation des documents font remonter des lignes budgétaires pour les universités et pour certains établissements sous-tutelle. En effet, en guise d’illustration, l’Ecole de kinésithérapie et l’Unité de Pharmacie, des établissements de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS), elle-même sous-tutelle de l’Université d’Abomey-Calavi (UAC), sont séparément pourvus, chacun, d’une ligne budgétaire tout comme d’autres Facultés et Ecoles au même titre que les Universités. Alors que la grande majorité des Ecoles et Facultés ne bénéficient pas de ce privilège budgétaire.
Sur la question qui pourrait s’interpréter à de la discrimination, le DAF du MESRS donne des éclaircissements : « Dans le budget, vous aurez constaté qu’il y a certaines entités qui ont des sous-lignes budgétaires et certaines n’en ont pas. C’est malheureusement ce qu’on est venu constater. Nous n’arrivons pas à avoir des explications sur ce qui justifiait cet état de chose. »
Poursuivant ses explications, il détaille : « nous n’avons pas compétence pour envoyer des fonds aux entités. Cela passe par le rectorat. Nous sommes dans la dynamique de mettre tout cela ensemble pour avoir un budget global pour l’université qui s’occupera de la répartition ».
En attendant que les disparités ne se normalisent, les chiffres des Universités sont les suivants :

tab3

Les Universités Nationales du Bénin financièrement mieux loties qu’en 2018

Les ressources accordées aux Universités par le budget national pour le compte de 2019 ont crû de 4.706.308.000 Francs CFA. Ce portefeuille global de 23.036.486.000 Francs constitue 37,78% du budget total du MESRS et 1,23% du budget national. Au total, 77,42% des ressources des universités sont consacrés à l’entretien du personnel. Les statistiques de la plus ancienne (UAC) sous la mandature précédente, édifient mieux. Entre 2015 et 2017 (au 30 novembre), les subventions du budget national concédées sont respectivement de l’ordre de 1.250.250.000 Francs CFA en 2015, 769.230.000 Francs CFA en 2016 et 1.191.000.000 Francs CFA en 2017, selon le rapport bilan de la gestion académique 2012-2017 édité par l’UAC en décembre 2017, à la faveur du passage de témoin entre les deux équipes rectorales entrante et sortante. En 2018, l’Université d’Abomey-Calavi (UAC) est censée recevoir 13.154.676.000 Francs CFA du budget national.

Six (06) projets pour booster la gamme des infrastructures universitaires

Il sonnait environ 17 heures, ce jeudi 7 mars 2019, au Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Le calme est bien perceptible dans la cour de l’institution. Peu d’agents y défilaient. Apparemment, tous sont occupés dans les bureaux administratifs au service de l’Etat. Assis à l’entrée des lieux, les hommes en uniforme commis s’assurent que tout usager ayant franchis le seuil de l’institution, veuille s’inscrire en déclinant les motifs de sa visite. L’équipe de Educ’Action se plie ainsi à la règle avant de rallier le bureau de la Directrice de la Programmation et de la Prospective (DPP). Ici, les cadres se succèdent. Elégants, la directrice et son adjoint, Hyacinthe Hessou, éclairent et renseignent les reporters de Educ’Action sur diverses préoccupations au nombre desquelles la question des infrastructures universitaires.
« Dans les dépenses en capital, nous avons la construction de la FASEG sur l’ancien site de l’usine Tobacco à Ouidah. Les grands travaux ont commencé, donc les projets qui avaient démarré vont évoluer », a lâché, satisfaite, la DPP. En effet, selon les indiscrétions, tous les investissements en capital du Ministère sont des projets de construction d’infrastructures. Selon les prévisions de 2019, c’est un total de six (06) projets qui seront mis en œuvre ou vont continuer d’être exécutés. Premier de la liste, le projet de construction et d’équipement des nouveaux centres universitaires. Avec le soutien de la Banque Arabe pour le Développement Economique (BADEA) et du Fonds Saoudien, c’est au total 2.374.744.000 Francs CFA qui seront investis pour la cause. Ensuite, vient le Programme spécial de couverture des besoins en infrastructures et équipements des Universités Nationales du Bénin (UNB). Selon le DAPP, « C’est ce projet qui va s’occuper de la mise en place des infrastructures sur des chantiers déjà lancés ». Il devrait consommer 2.000.000.000 Francs CFA cette année 2019 sur un total de 314.220.000.000 Francs CFA. Ce dernier est le programme le plus important sur les lignes budgétaires du MESRS. Il est en exécution depuis quelques années déjà et le Ministère semblerait y avoir consacré déjà 2.500.000.000 Francs CFA l’an dernier. Par ailleurs, les prévisions indiquent que jusqu’à présent, ces dépenses sont prélevées uniquement sur le budget national.
Par ailleurs, dans la vaine des efforts faits au profit de l’Enseignement technique et professionnel dans le sous-secteur secondaire, un répondant existe également dans le supérieur à travers le projet de création et d’investissement dans les filières cibles techniques et professionnelles. Doté d’un budget global d’un milliard de Francs CFA, il permettra l’achat de biens et services, des acquisitions, des constructions et de grosses réparations d’infrastructures diverses. Il s’agit là des IUEPs, vient ensuite le projet de construction et d’équipement des infrastructures administratives et pédagogiques au niveau central que décanal dans les universités publiques qui est doté, selon le DAPP, d’une enveloppe de 465.000.000 Francs CFA sur le budget national. Puis, le projet de construction du centre d’excellence en Afrique en Sciences Mathématiques Appliquées. Logé à l’Institut de Mathématiques et de Sciences Physiques (IMSP) de Dangbo, ce projet est cofinancé par le Fonds Mondial. « Nous avons aussi le projet de renforcement des infrastructures sociales qui s’occupe des résidences, aires de jeux et autres, au niveau de toutes les universités », a ajouté le DAPP. Avec le soutien de la BADEA, conclut-il, ce programme recevra une cagnotte de 1.680.000.000 Francs CFA.

Residences universitaires

La construction en vue de nouvelles résidences universitaire pour soulager les étudiants

La main tendue du Gouvernement aux PTF pour relever les défis infrastructurels

Au vu des nombreux défis de l’Ecole, en l’occurrence le sous-secteur supérieur, le Gouvernement laisse la porte ouverte pour tout contributeur, lorgnant et espérant du côté des Partenaires Techniques et Financiers (PTF). « Nous avons d’autres recherches de financement qui sont en cours. Il y a la BADEA qui va nous aider dans les travaux de construction des infrastructures de l’UNA et de l’UNSTIM. Il y a aussi les Chinois qui vont construire les résidences universitaires. Des recherches de financement sont en cours pour aider le Gouvernement à mobiliser les ressources pour la construction des infrastructures dans les universités », a laissé entendre la DPP du MESRS. Au passage, elle a souligné le rôle prépondérant que doit jouer l’Agence de Construction des Infrastructures du Secteur de l’Education (ACISE), dans la réalisation des bâtisses.

IUEP, le rêve prend corps

Il y a le projet de création des Instituts Universitaires d’Enseignement Professionnel (IUEPs) qui est une nouveauté. Sur ce volet, il est prévu des formations d’élaboration des curricula, des bourses, etc. Le visage discret du DAPP laisse échapper quelques étincelles de sourires lorsqu’il en parle. « Après Sèmè City, c’est le deuxième trésor du Gouvernement et il a fallu suer de grosses gouttes pour en être là », informe, à son tour, la DPP avant d’ajouter que la rentrée va commencer cette année, mais quelques difficultés restent à surmonter. « Les sites qui sont prévus doivent être revus, car ce sont des ateliers que nous voulons construire. Des équipements ont été commandés. La procédure de recrutement du personnel est lancée », a-t-elle indiqué, informant que l’heure est actuellement à la construction des infirmeries sur les deux sites de Djougou et de Tchaourou. « Ceux qui ont été envoyés en formation en Israël sont déjà revenus. En plus de cela, nous avons un budget pour la formation des formateurs que nous allons dérouler », a-t-elle appuyé. Quant au Directeur Administratif et Financier, il ajoute : « Nous allons commencer avec deux domaines, le bois à Tchaourou et l’agriculture à Djougou. C’est un montant de un milliard qui est prévu pour le fonctionnement de ces établissements. »
Il faut dire que toutes ces infrastructures s’inscrivent dans la vision du Gouvernement de satisfaire les étudiants et enseignants pour de meilleures conditions de travail et de déroulement des activités académiques et l’épanouissement de toute la communauté universitaire.

Les œuvres sociales : Déjà la privatisation ?

«En 2018, le budget des COUS s’est accru. Par contre pour 2019, le montant a baissé parce que nous sommes en pleine réforme. La restauration, le transport, etc. seront gérés de commun accord avec un partenaire privé », a informé le DAF. Comme le précise supra le tableau des budgets alloués aux entités du supérieur, les deux structures qui ont en charge la gestion des prestations de service au profit des étudiants sont les Centres des Œuvres Universitaires et Sociales (COUS) de Parakou et Abomey-Calavi.
A l’ère de la promotion du Partenariat Public-Privé (PPP) sous la Rupture et à la lumière des réformes dans le secteur, une confusion s’installe à raison dans les esprits : les œuvres sociales désormais privatisées ou pas avec la sollicitation du privé dans le dispositif ? Le DAF du MESRS tente d’expliquer : « L’État aura un regard dans la gestion, car il mettra à dispositions des subventions. Les COUS ne vont pas disparaître, mais ils vont jouer un autre rôle. L’État ne va pas se désengager ».

Prise en charge de la vie estudiantine : Le clair-obscur du budget 2019

L’essentiel des mesures impactant la vie des étudiants serait maintenu dans le budget, y compris l’épineuse question de la gratuité des frais d’inscription, de l’avis du DAF. Seulement, de nombreuses ombres persistent encore sur la compréhension desdites lignes budgétaires.
Les dépenses directes à l’endroit des étudiants, cette année, sont en baisse par rapport à l’année 2018. A ce niveau, de nombreuses réformes sont aussi en cours. De la réforme des allocations universitaires à celle des œuvres sociales dans les COUS, la vie estudiantine est encore sens dessus-dessous avec de nombreux grincements de dents et les bruits de bottes récurrents dans la maison universitaire.

tab4

Gratuité des inscriptions dans les universités pour 2019 : Encore un imbroglio !

Sur cette question importante et récurrente, le DAF, Rodrigue Honkpehedji s’est voulu plus clair : « En 2017, quand nous venions ici, le montant alloué à la gratuité était de 1 milliard de Francs CFA pour les quatre (04) universités ; ce qui n’est jamais à la hauteur des montants réels qu’il faut pour couvrir cette gratuité. Elle est une exception au monde. Sur cette préoccupation qui concentre tout le monde, le Gouvernement a préféré qu’on la diffère afin de mieux y réfléchir ».
Déplorant l’impact de cette mesure sociale sur les universités, il a renseigné sur les actions menées par le Gouvernement en vue de corriger le tir : « ... pour ne pas laisser les universités dans une condition où on déclare la gratuité sans donner les ressources d’accompagnement, le Chef de l’État a donné les instructions idoines ; ce qui fait que la ligne gratuité est passée de 1 milliard à 3 milliards 200 millions Francs CFA en 2018, pour appuyer les universités et mieux couvrir leurs besoins. » Au titre de l’année 2019, le DAF a fait savoir que la mesure est reconduite avec un montant de 3 milliards de francs CFA. Educ’Action poursuit ses investigations sur ce point précis afin d’en avoir une idée claire vu que le montant n’apparaît pas clairement dans les documents compilés pour ce dossier spécial.

Allocations universitaires, le calumet de la paix renvoyé aux calendes grecques

L’argent est le nerf de la guerre, nous enseigne l’adage. Il n’y a pas meilleur endroit pour l’illustrer que dans les Universités Nationales du Bénin. S’il y a une réforme que les étudiants veulent voir purement et simplement enterrée, c’est belle et bien celle des allocations universitaires matérialisée par le décret N°2017-155 du 10 mars 2017 portant critères d’attribution des allocations d’études universitaires. Quotas d’allocation universitaire, disponibilités budgétaires, bourses par cycle, contrat notarié pour bourse d’excellence, bref ! La réforme est apparue avec beaucoup de terminologies méconnues des étudiants. Et c’est pour faire la lumière sur toutes ces incompréhensions que Educ’Action y avait consacré trois parutions. Les ressources allouées aux allocations universitaires sont en légère baisse. Le DAF du MESRS explique, à propos, ceci : « En 2018, nous avons consacré 10 milliards de Francs CFA aux bourses. Plusieurs raisons expliquent cela. La première est qu’il y avait des impayés pour les années antérieures. Ces 10 milliards concernent uniquement les bourses nationales ».
Selon les explications de Rodrigue Honkpehedji, ce sont de nombreuses anomalies qui ont conduit le Gouvernement à cette réforme. On peut citer, entre autres, le chevauchement entre les années académiques qui semblent être élastiques avec son corollaire de retard des évaluations et d’acheminement des résultats des examens à la DBSU.

100 nouveaux enseignants bientôt recrutés dans les universités pour combler le gap

Avant toute chose, des éclaircissements sur le processus de recrutement. « Tout ne dépend pas de nous. Nous avons fait le point et il nous fallait 864 enseignants en complément de ce que nous avons actuellement. Cependant, c’est le Ministère de l’Economie et des Finances qui connaît les disponibilités budgétaires. Quand on a informé le MEF de nos besoins, on ne nous a accordé que 200 enseignants. Nous avons recruté 200 enseignants dont 100 ont déjà pris service et 100 sont encore dans le processus de recrutement ». Ces explications du DAF du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique sont corroborées par celles de son chef service Robert Ayékowoui qui admet que le recrutement des 864 enseignants ne résoudra pas le problème de déficit vu que le nombre des étudiants croit d’année en année. « Ce n’est pas que si nous avons les 864 cela résoudrait le problème, mais nous allons pouvoir repousser le problème de pénurie d’enseignants très loin à l’université ».
Dans ses explications, le chef service des ressources humaines et du dialogue social, a indiqué que cette année, les démarches sont en train d’être menées pour le recrutement de 100 nouveaux enseignants, ce qui portera à 300 le nombre d’enseignants recrutés sous le régime de la Rupture. Sur un besoin estimé donc à 864 enseignants du supérieur, trois cent auront été recrutés, soit 34,72 %. Il n’a pas manqué de soulever la question de gouvernance dans les universités.

Renforcement des capacités des enseignants du supérieur : L’une des priorités pour 2019

La politique de renforcement des capacités des enseignants du supérieur se poursuit dans le budget 2019. Ainsi, de nombreuses sessions de formation sont prévues d’ici là, en dépit du bras de fer actuel entre les deux composantes (ministère et enseignants du supérieur autour de la question de la nomination des doyens, vice-doyens, directeurs et directeurs adjoints des entités du supérieur) pour renforcer les capacités des enseignants et chefs d’établissements.
A ce titre, les ressources financières allouées aux activités enseignantes sont passées en hausse dans le budget 2019. De 649.317.000 Francs CFA en 2018, les ressources atteignent cette année 682.317.000 Francs CFA. 

tab5

Plusieurs milliards pour organiser le BTS et le BAC

Avec l’avènement du régime du Nouveau Départ, tous les secteurs de la vie éducative ont été mis en chantier. Des examens nationaux de Licence et de Master ont été organisés pour réguler le secteur des Etablissements Privés d’Enseignement Supérieur (EPES). Par ailleurs, le basculement dans le LMD a entraîné la mort progressive du BTS qui est à sa dernière édition cette année, selon le DAF. A partir de 2020 donc, il n’y aura plus de BTS au Bénin. Les principales structures qui organisent les examens dans l’enseignement supérieur sont l’Office du Baccalauréat et la Direction des Examens et Concours (DEC). Si les émoluments de la DOB ont baissé, ceux de la DEC ont légèrement connu une croissance. Cependant, les lignes de l’organisation des examens nationaux de Licence et de Master ne sont pas perceptibles dans le budget du MESRS. Cela dit, les montants élevés des autres transferts courants qui s’élèvent à 593 millions de Francs CFA pourraient couvrir cette dépense.

tab6

La Rédaction

Developed in conjunction with Joomla extensions.

Vidéos

Developed in conjunction with Joomla extensions.