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Mécontents de la nomination des chefs d’établissements dans les UNB : Les enseignants remontés, donnent un moratoire d’un mois pour forcer la main au gouvernement

La nomination en Conseil des Ministres, le 30 janvier 2019, des chefs d’établissements dans les Universités Nationales du Bénin a entrainé moult remous dans l’enseignement supérieur.

Plus concernés par la situation, ces enseignants du Supérieur réunis au sein de l’Intersyndicale des enseignants des Universités Nationales du Bénin, ont manifesté leur désapprobation face à cette décision gouvernementale, assiégeant des heures durant, la cour du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique (MESRS). C’était le jeudi 31 janvier 2019. Au terme d’une Assemblée Générale tenue plus tard à la FSS, ils donnent un moratoire d’un mois au gouvernement pour revenir sur sa décision.

Le thermomètre signale 24 degré à l’ombre, ce jeudi 31 janvier 2019, devant le bâtiment R+1 qui abrite les locaux du cabinet du Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche Scientifique. Les uns vêtus de leurs toges et les autres drapés dans leurs tenues ordinaires, les enseignants des Universités Nationales du Bénin se sont assis à même le sol, sous un soleil de plomb. Mis à part la banderole qui montre clairement leur mécontentement, l’on se croirait à une procession digne d’une marche vers le savoir pour participer à un colloque scientifique. Mais très vite, la solennité de la toge académique, symbole de l’éminence grise, a tôt fait de se fondre à une atmosphère délétère et revendicative. Les manifestants du Supérieur sont visiblement fâchés, remontés et en colère après que le Gouvernement ait procédé à la nomination des chefs d’établissements de formation et de recherche dans les universités publiques du pays. Pour exprimer leur indignation face à cette décision, ils ont donc décidé de faire un sit-in dans les locaux du ministère de tutelle. Partis de la Faculté des Sciences de la Santé (FSS), ils se sont dirigés vers le cabinet de l’autorité ministérielle. Objectif, montrer à Marie-Odile Attanasso qu’ils n’approuvent pas cette décision qui remet en cause, à en croire leurs dires, les acquis démocratiques dans les UNB. Devant la baie vitrée du cabinet, les discussions sont tendues. Cameras et micros des médias braqués sur les manifestants, le Professeur Esaïe Gandonou, Secrétaire général du Syndicat National des Enseignants du Supérieur (SNES) annonce dans le mégaphone 11 heures comme deadline horaire pour rencontrer madame la ministre et lui présenter leurs doléances. Une demi-heure après, un pick-up de couleur noire contenant des bouteilles d’eau pour les manifestants s’immobilise dans le périmètre. Une dizaine de minutes après, l’un des leaders du mouvement s’adresse à la foule : « On veut vous donner de l’eau ! ». A l’unanimité, les enseignants répondent : « Non, nous ne voulons pas d’eau ! » ; « Mais vous voulez quoi ? », relance le leader des manifestants. Réponse des concernés : « Nous voulons des élections ! ». Quelques minutes après le deadline horaire fixé par les manifestants, l’autorité ministérielle Marie-Odile Attanasso fait son apparition accompagnée de tout son cabinet. Comme le veut le protocole en de pareille circonstance, c’est le professeur Lawani Mansourou qui porte la voix de ses collègues et donne la lecture de la motion de revendication des enseignants des Universités nationales du Bénin. Il a fait savoir à l’opinion que les enseignants du supérieur exigent du gouvernement : 1) le retrait du décret 2018-441 du 20 septembre 2018 ; 2) l’annulation des nominations faites en Conseil des Ministres le 30 janvier 2018 et l’organisation des élections des chefs d’établissements dans toutes les UNB dans un délai maximum d’un mois ; 3) la prise de mesures pour que le processus de révision des attributions du Conseil National de l’Education soit plus transparent et inclusif en associant les partenaires sociaux, notamment l’intersyndicale. Sous des applaudissements nourris, le représentant de l’Intersyndicale a passé la parole au ministre. En moins d’une minute chrono, l’autorité ministérielle a été brève et directe. « Bonjour chers collègues, j’ai écouté le contenu de votre motion. Nous allons déposer le document au Gouvernement qui prendra acte de vos revendications et nous allons y réfléchir. Nous sommes ensemble pour bâtir ce pays et pour assurer une formation de qualité à la jeune génération. C’est cela le plus important. Je pense qu’ensemble, nous allons construire ce pays. Je vous remercie ! » Puis après, ils se retirent à la Faculté des Sciences de la Santé (FSS) pour la tenue d’une assemblée générale en vue de statuer sur le comportement à tenir.

Le Ministre Marie Odile Atanassou face aux enseignants manifestants

... devant l’autorité ministérielle...

Des conclusions de l’assemblée générale des manifestants

« Au cours de l’assemblée générale, nous avons fait le point du sit-in tenu au ministère. Durant les prochains jours, les enseignants du supérieur vont intensifier la sensibilisation et une lettre ouverte sera adressée au Président de la République. L’assemblée générale a décidé qu’au bout d’un mois, nous devons pouvoir amener le gouvernement au dialogue afin qu’il annule les nominations qui ont été faites en Conseil des Ministres », a déclaré à Educ’Action Esaïe Gandonou, secrétaire général du SNES, renseignant sur les conclusions de leur Ag. Réunis à huis clos dans le grand amphithéâtre de la FSS, les enseignants et les cinq (05) secrétaires généraux de l’Intersyndicale des enseignants des UNB ont défini leur stratégie d’actions avec une priorité au dialogue avec les autorités. Défendant la position des syndicats, le Sg du SNES soutient : « ces nominations seront inefficaces, car c’est une question de légitimité de ceux qui dirigent les structures académiques. C’est délicat et il y a des normes universelles pour cela. Je suis sûr qu’ils sont conscients que la décision sera inopérante. Nous abordons toujours deux volets sur cette question de légitimité. Pour accéder aux différents postes dans nos universités, il faut avoir des grades en passant d’Assistant à Professeur Titulaire. Deuxième chose, vous devez avoir un parcours social. Tout ce que nous faisons ici maintenant, démontre le parcours social des gens. Le service à la communauté, la promotion de la collégialité, etc. »

Adjéi KPONON & Edouard KATCHIKPE

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