Cours à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion de l’UAC : Le calvaire des étudiants de la première année

 

Les années se succèdent et les conditions d’études à l’Université d’Abomey-Calavi ne sont toujours pas reluisantes pour les étudiants. Le journal Educ’Action est allé prendre le pouls du déroulement des cours dispensés dans les amphis aux étudiants de la première année de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG). Reportage !

 

Assis au milieu de ses camarades sur la terrasse de son amphithéâtre, Astrid à ses yeux rivés au ciel comme perdu dans ses pensées. La causerie qui se mène autour de lui semble ne pas trop l’intéressé. Résidant à Porto-Novo, l’étudiant en première année à la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG) n’a pas pu rallier l’université à l’aube, histoire d’avoir une place dans l’amphithéâtre C1000 pour suivre le cours de Mathématiques à 07 heures. Résultat, il n’aura pas droit au cours de Mathématiques, mais aussi au second cours de Statistiques programmés pour 10 heures. Nous sommes le vendredi 06 décembre 2019 devant l’amphithéâtre C1000 de l’Université d’Abomey-Calavi réservé aux étudiants de la première année de la Faculté des Sciences Economiques et de Gestion (FASEG). Il est 10 heures 35 minutes et c’est l’heure de suivre le cours de Statistiques. A l’intérieur, certains étudiants sont assis en rangs serrés sur les bancs tandis que d’autres ont pris siège au sol jusqu’au seuil de la porte, attentifs aux démonstrations de l’enseignant sur le tableau. En sueur et dépassés par la chaleur, certains étudiants viennent marquer une petite pause au dehors avant de retourner dans l’amphithéâtre. « C’est depuis le premier jour que j’ai mis pied ici que j’ai constaté que c’est totalement différent. Il y a trop de monde et il n’y a pas de place pour tout le monde. Nos responsables disent que c’est parce que nous sommes en première année que l’effectif est pléthorique et qu’à partir de la deuxième année, la situation va s’améliorer », confie l’étudiant Modeste Hodégon à Educ’Action avant d’ajouter qu’il n’a jamais trouvé de place pour s’assoir depuis qu’il a commencé les cours. Pour un cours prévu pour démarrer à 13 heures, un étudiant en deuxième année de Sciences Juridiques à la FADESP monte déjà la garde devant l’amphithéâtre B1000 depuis 9 heures 30 minutes. « Pour ne pas rester debout et suivre les cours, je suis obligé de venir à temps. Les camardes qui restent dehors ou debout pour suivre les cours, c’est leur faute. S’ils venaient tôt, ils allaient se donner la chance d’avoir une place. Si vous êtes dans un endroit où on marche avec la tête, il faut faire pareil », confie l’étudiant sous le couvert de l’anonymat.

Foule dtudiants attendent daccder dans lamphithtre

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d’étudiants attendent d’accéder dans l’amphithéâtre

Les démarches des organisations estudiantines pour soulager leurs camarades

Au Bureau d’Union d’Entité (BUE) de la FASEG, la situation préoccupe les membres de l’actuelle mandature. « Pour un amphithéâtre devant contenir 1.000 personnes, nous avons 4.000 étudiants. Pour la FASEG, le décanat a mis seulement deux amphithéâtres à notre disposition. C’est insuffisant, raison pour laquelle nous avons adressé depuis le 24 octobre un courrier au doyen pour demander qu’il soit accordé aux étudiants de la première année les amphis A1000, A750 et B750 au lieu du seul amphi A1000 qui est actuellement en chantier. Mais nous n’avons pas eu de réponse du décanat depuis ce temps », a expliqué Faustin Tonouho, Vice-président chargé des affaires académiques du BUE/FASEG, avant d’inviter les nouveaux étudiants à prendre leur mal en patience pour se mettre au travail malgré les difficultés afin de tirer leur épingle du jeu. Ancien membre du BUE de la FASEG, Armel Vodounon souligne que cette situation d’effectif pléthorique pourrait être maîtrisée si les autorités de l’université avaient une planification à long terme sur la gestion du flux d’étudiants. « C’est depuis 2011 que nous parlons de ce problème d’effectif pléthorique dans les amphithéâtres. Je ne peux pas comprendre que nous avons des enseignants-experts en planification et que ce problème demeure encore. C’est une honte pour l’université que des étudiants continuent de s’assoir à même le sol pour suivre les cours en plein XXIième siècle. Ce qui est dangereux, c’est que la FADESP est en train de devenir une école et on soumet des étudiants au payement des frais de formation. Les frais de 100.000 Francs CFA que perçoit le décanat servent alors à quoi si ce n’est pas pour améliorer les conditions de travail et de vie des étudiants en économie », fustige-t-il.

Edouard KATCHIKPE

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