Inimitié entre enseignants et autorités du sous-secteur Supérieur : Les trois conditions ‘‘fétiches’’ pour espérer le dégel

Le sous-secteur Supérieur actuellement en brouille et en boule par ses acteurs, prospecte périlleusement une porte de sortie.

Et enfin, trois solutions consubstantielles de sauvetage s’offrent à lui. Seulement, le chemin pour y parvenir semble bien étriqué.

Ce matin, curieusement, une seule question maintient prisonnière ma tranquillité. Qui vraiment tente de donner l’estocade au système éducatif béninois, qui difficilement recherche déjà ses repères ? Du constat collectif, à la lecture véridique et approfondie de l’actualité, ce secteur névralgique qui conditionne notre vie et le développement du Bénin, assailli, prend de l’eau de toute part. D’aucuns, peut-être de croyance tangible et ferme ou d’esprit faible, pourraient bien penser à un mauvais sort. Ne leur jetons surtout pas la pierre, il s’agit bien ici d’une réalité cultuelle qui trouve son essence dans notre riche patrimoine culturel immatériel. Et moi qui me refuse d’avoir une croyance malingre, je suis bien incité de rejoindre cette vague de concitoyens pour faire remarquer que les trois sous-secteurs de l’enseignement sont effectivement éprouvés, avec leur cortège de difficultés. Qu’il vous revienne à l’esprit que les deux premiers, le Primaire et le Secondaire, n’ont pas fini de faire leur ‘’deuil’’ avec les évaluations diagnostiques et intellectuelles problématiques des enseignants. La première tentative renseigne que les enseignants du Primaire, dans leur grande majorité, ont fait bloc pour faire échec à l’initiative. Les commentaires, à l’époque, n’ont pas toujours été amicaux et tendres. Puis, une deuxième expérience pas aussi aguichante pour le Secondaire. Certains l’avaient fait entendre d’une manière détournée, sans le dire expressément, qu’il s’agit, loin s’en faut, d’une marche forcée des autorités compétentes. Surtout qu’au niveau du Primaire, la ‘’douche froide’’ était déjà manifeste et consommée avec la renonce d’une bonne frange d’enseignants surchauffés. Souffrez que je ne crève pas l’abcès. Tout ceci pour dire, in fine, que la situation de l’école, ces derniers jours, était déjà bien préoccupante, si je me résume à ces deux expériences douloureuses sans verser dans les autres difficultés qui, à mon avis, se profilent comme de réels défis à relever dans le futur pour espérer atteindre à l’horizon 2030, l’acte 4 des Objectifs du Développement Durable (ODD) qui ramène au centre des débats la question de l’éducation inclusive, de qualité et l’acquisition des compétences tout au long de la vie.

De la ‘‘révolte’’ dans le sous-secteur Supérieur

Le troisième sous-secteur, le Supérieur, ces derniers jours, vacille et est aussi hanté par des esprits qui le privent de sa quiétude. Les enseignants du Supérieur, membres du SNES (Syndicat National de l’Enseignement Supérieur), du SYNARES (Syndicat Autonome de le Recherche et de l’Enseignement Supérieur), du SYNHUB (Syndicat National des Hospitalier-Universitaires du Bénin), du SECUP (Syndicat des Enseignants et Chercheurs de l’Université de Parakou), du SNECC (Syndicat National des Enseignants-Chercheurs et Chercheurs) et du SynEC/UNA (Syndicats des Enseignants-Chercheurs de l’Université Nationale d’Agriculture), tous réunis au sien de l’Intersyndicale des enseignants des Universités Nationales du Bénin, ont organisé, le jeudi 31 janvier 2019, dans la cour de leur ministère de tutelle, un sit-in. Très remontés, et chose bizarre assis à même le sol, pour beaucoup, dans leurs toges tirées sur le rouge, ils tenaient de manifester leur irritation contre le pouvoir central qui a procédé à la nomination des différents responsables à la tête des entités universitaires dans le public en violation, de l’avis des manifestants, des acquis démocratiques au niveau des UNB. Et pour eux, le dégel s’obtiendra à l’aune de la satisfaction des trois points suivants : « Retirer le décret 2018-441 du 20 septembre 2018 ; annuler les nominations faites en Conseil des Ministres le 30 janvier 2019 et faire reprendre les élections des chefs d’établissements dans toutes les UNB dans un délai maximum d’un mois ; prendre des mesures pour que le processus de révision des attributions du CNE (Conseil National de l’Education) soit plus transparent et inclusif en associant en toute sincérité les partenaires sociaux, notamment l’intersyndicale des UNB. » En somme, des points fétiches qui ramèneront la paix dans la maison ‘’Supérieur’’. Seulement, offrez-moi ce privilège d’opposer à cette plateforme revendicative la fermeté des autorités actuelles à la tête du pays. Permettez-moi alors de ne pas croire à cette probabilité, à savoir que le premier d’entre-nous revienne encore en Conseil des Ministres, pour annuler les nominations et faire reprendre les élections des chefs d’établissements dans toutes les UNB. Je veux bien l’imaginer, mais mon incrédulité me le refuse. La marge qu’elle soit infructueuse est bien grande et le chemin pour y parvenir, bien étriqué. Je n’en dis pas plus.

Serge David ZOUEME

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