Interdiction d’élection des Recteurs et autres responsables académiques dans les UNB : Le décret n°2018-441 du 20 septembre 2018 fâche les enseignants du Supérieur

Les enseignants du Supérieur ne décolèrent pas depuis l’annonce de la décision du Conseil des ministres portant suspension provisoire du processus démocratique en cours dans les universités nationales depuis 2006.

 Au cours de la rentrée solennelle le mercredi 14 septembre 2018 à l’Amphi Idriss Deby, les enseignants du Supérieur n’ont pas caché leur mécontentement face à la mesure portant interdiction provisoire de l’élection des Recteurs et des responsables académiques dans les Universités Nationales du Bénin (UNB). Par la voix du Dr Ariane Djossou, portant à l’occasion, la parole de l’intersyndicale,ils ont déploré le silence du gouvernement face aux plusieurs mois de grève qui ont ébranlé les universités nationales sans qu’aucune solution ne soit trouvée à l’une ou l’autre des revendications à l’origine de la longue paralysie observée dans ce sous-secteur d’enseignement. Pour Dr Ariane Djossou, la présente année qui s’ouvre n’augure également d’aucune accalmie comme la précédente. Et pour cause : « Au niveau des enseignants, cette grève a été déclenchée pour empêcher la suppression des libertés par le gouvernement en particulier la suppression du droit de grève. Malheureusement, nous constatons avec un grand regret que l’année qui commence n’annonce pas de bonnes perspectives encore sur cette même question des libertés. Pour nous, au niveau de l’intersyndicale, le décret n°2018-441 du 20 septembre 2018 n’est rien d’autre qu’une opération forcée de remise en cause de la démocratisation au sein des UNB. Nous savons cependant tous que le principe des élections des recteurs et responsables académiques dans les UNB auquel les enseignants du Supérieur du Bénin restent très attachés.
« Nous tenons à ce que nos établissements et nos universités continuent d’être dirigés par des autorités légitimes », a martelé Dr Ariane Djossou, invitant l’équipe rectorale à travailler en symbiose avec les autres forces sociales de l’université pour que très bientôt le processus électoral dans les UNB reprenne son cours normal.« Les élections des responsables des institutions universitaires sont perçues comme le signe de la vitalité démocratique et ne plus élire les responsables serait perçu comme un recul. Je crois sincèrement que notre ministre de tutelle, membre à part entière de la communauté universitaire nationale et du corps enseignant de l’UAC n’a pas fait l’option du recul de nos acquis », répondra Maxime da Cruz, Recteur de l’Université d’Abomey-Calavi pour apaiser toute la communauté universitaire, notamment les enseignants. A l’occasion, Gérard Agossa, porte-parole du Personnel Administratif Technique et de Services, a pris l’engagement au nom des siens à œuvrer aux côtés de l’équipe rectorale et du personnel enseignant pour la réussite de la présente année académique qui s’est ouverte par la conférence inaugurale du Dr Obarè Bagodo avec comme thème « Préhistoire de l’Humanité : histoire antérieure, histoire révolue ? Sens et portée actuelle de 3,3 millions d’années d’héritages techniques et culturels ».

R. D. L

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