Le DDESTFP-Littoral, Robert Dossou Gbodjinou, à propos des examens blancs

« Nous voulons identifier les faiblesses des apprenants et les corriger avant les examens nationaux »

Réduire le taux des échecs scolaires aux candidats des examens nationaux à savoir le BEPC et le Baccalauréat en les préparant mieux à tirer leur épingle du jeu. C’est dans cette logique que s’inscrivent les examens blancs nationaux du BEPC et du Baccalauréat organisés par les autorités en charge de l’éducation au Bénin. Robert Dossou Gbodjinou, Directeur Départemental des Enseignements Secondaire, Technique et de la Formation Professionnelle du Littoral (DDESTFP-Littoral), dans cette interview, apporte des précisions sur l’organisation et le déroulement desdits examens. Entretien !

 

Educ’Action : A quelles dates sont fixés ces examens blancs ?

Robert Dossou Gbodjinou : Ces examens blancs auront lieu les 8, 9 et 10 avril 2019. Ainsi, dès lundi, tous les apprenants de la classe de Terminale et ceux de la 3ème vont composer sur toute l’étendue du territoire national. Mais avant cela, je voudrais quand même vous préciser que j’ai fait le constat suivant : toutes les activités préparatoires, toutes les opérations pédagogiques y afférentes sont menées de façon méthodique avec une approche scientifique. Ce qui nous permet d’espérer un bon déroulement du processus. Dans le cadre du PAG, on nous a instrui d’améliorer les résultats scolaires. Il nous revient à nous, les spécialistes de l’éducation, cadres à divers niveaux, de mettre en place des stratégies pour atteindre cet objectif et c’est dans ce cadre que se situe l’organisation de ces examens blancs.

A quel niveau êtes-vous par rapport aux dispositions pratiques ?

Tout est fin prêt ici dans le littoral, dans tous les collèges. Les situations d’évaluations sont multipliées et réparties au niveau des centres de composition. Les points focaux sont identifiés et mis en condition pour lancer l’examen dès le lundi.

Dans quelle approche s’inscrit l’organisation des examens blancs ?

Je voudrais souligner que le Gouvernement met en place progressivement des dispositifs pour que, dorénavant, nous puissions avoir de meilleurs résultats scolaires dans notre pays. Vous savez, tous les enfants naissent intelligents, sauf si la personne est atteinte dès la naissance d’une maladie qui a atteint son cerveau. Ce sont les notions basiques des sciences de l’éducation. D’après les statistiques actuelles, entre 4 et 9 enfants sur 100 ayant démarré la maternelle atteignent la classe de troisième. Il suffira simplement de mettre en place de très bonnes dispositions et un bon système éducatif pour inverser cette tendance, ce à quoi s’attèle le Gouvernement. L’éducation, comme on le dit, c’est la charpente du développement d’un pays, même dans le cadre du débat actuel sur la situation électorale, il faut avoir un minimum de background, d’éducation pour comprendre. Beaucoup d’exemples illustrent les efforts du Gouvernement pour l’amélioration du système éducatif ; on peut citer, entre autres, la mise en place du Conseil National de l’Education (CNE), la construction de multiples infrastructures scolaires au cours de cette année, la formation des équipes de direction actuellement en cours dans les départements de l’Atacora, de l’Alibori, du Borgou et du Plateau. Il y a également la définition du socle commun de compétence que je trouve très important pour le système éducatif béninois. Ce socle commun permettra d’avoir à chaque étape, des réceptacles pour les enfants qui ont du mal à suivre le processus scolaire. Je pense que si on continue comme cela, le Bénin sera d’ici peu de temps dans le concert des nations qui ont bâti leur développement sur l’éducation.

Quels sont, pour le compte de votre département, les centres qui sont retenus pour les examens ?

Il y a au total 23 points focaux. Tous les collèges publics sont des centres de composition. On ajoute à ces collèges, le cours de soutien Notre-Dame, le Collègue Père Aupiais, le Collège Saint Augustin, le collège Bethesda et le collège Saint Pascal le combattant. Voilà les centres de composition qui sont retenus dans le Littoral.

La participation est-elle payante pour les candidats ?

C’est un forfait qu’on a retenu pour faire ce travail, mais qui ne pèse pas sur les apprenants.

Quel est le résultat que vous attendez après ces examens blancs ?

Les examens blancs, c’est comme une répétition. Son objectif est d’identifier les points de faiblesses des apprenants et d’y apporter des remédiations avant les examens proprement dits. Vous n’êtes pas sans savoir que l’évaluation fait partie intégrante de l’apprentissage et que les remédiations devraient être planifiées. Donc, ces examens blancs nationaux s’inscrivent dans cette dynamique. L’objectif majeur de tous les Directeurs départementaux est d’améliorer les résultats de l’année passée et comme ceci ne peut pas se faire ex nihilo, il faut le préparer. L’évaluation qu’on subit en classe de 3ème, ce n’est pas seulement pour évaluer les capacités, les habilités acquises en 3ème, mais plutôt depuis la maternelle. Alors comme je l’ai dit tantôt, l’Etat met progressivement en place des dispositions pour que très prochainement, les résultats soient meilleurs.

Selon vos projections, quel est le taux que vous envisagez au terme de ces examens ?

De ma position, mon souhait, c’est d’avoir le meilleur taux possible. Je ne saurais vous le dire pour ne pas paraître égoïste. Cependant, je crois quand même qu’on aura le meilleur taux. Ceci étant, je puis vous dire qu’à la date actuelle, les programmes sont exécutés à plus de 90% dans les classes d’examen. Dans les classes intermédiaires, on est dans la fourchette de 80% à 90% et c’est déjà bon signe.

Qu’est-ce qui a pu amener l’autorité à prendre la décision d’organiser des examens blancs nationaux ?

L’enjeu est l’harmonisation de l’exécution des programmes et des pratiques pédagogiques. En parlant d’examen blanc national, tous les Directeurs départementaux sont contraints de faire en sorte que les programmes soient exécutés jusqu’à un niveau donné. Donc, c’est l’une des raisons pour lesquelles nous sommes passés à des examens blancs nationaux.

Avez-vous le sentiment que ces examens nationaux permettront d’accroître le taux de réussite aux examens de 2019 ?

C’est normal. Je disais tantôt que tout se fait de façon méthodique avec une approche scientifique et j’ai dit qu’après ces examens, on va identifier les points de faiblesses et ensuite passer aux mesures correctives. C’est pour le bonheur des apprenants. Si le processus est suivi jusqu’au bout, il n’y a pas de raison pour que cela n’impacte pas positivement les prochains résultats.

A quand peut-on espérer les résultats de ces examens blancs ?

Après les congés de Pâques. Il est prévu une correction collective qui va durer trois jours et la semaine suivante, nous proclamerons les résultats.

Quel appel avez-vous à lancer aux uns et aux autres dans le cadre du bon déroulement de ces examens blancs ?

J’exhorte chaque acteur impliqué dans l’organisation des examens blancs à jouer sa partition pour le bon déroulement de l’activité. Aux apprenants, je voudrais les rassurer que toutes les dispositions sont prises pour que le processus aille à son terme. Ces examens blancs leur permettront de mieux préparer les examens de fin d’année. Aux parents d’élèves, je voudrais leur dire que le Gouvernement travaille méthodiquement pour inscrire le Bénin dans le concert des Nations qui ont bâti leur développement à partir de leur éducation.

Propos recueillis par Estelle DJIGRI

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